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Le troisième round
On peut se demander ce que les formations politiques sortiront désormais de leur chapeau. Elles devront utiliser de nouvelles cartouches à partir d?aujourd?hui avec le démarrage du troisième round de la campagne. L?alliance MSM-MMM tient le premier meeting préélectoral à Rose-Belle cet après-midi. L'Alliance sociale tirera ses premières salves lundi à Triolet.
Le premier round avait pris fin avec les rassemblements du 1er mai. Le deuxième s?est achevé avec la finalisation des listes des candidats. Au bout du troisième, on sera fixé sur les promesses des partis. Il est bien entendu qu?il n?y a pas beaucoup d?électeurs qui croient aux manifestes mais ces documents sont révélateurs des positionnements des différents partis.
L?élaboration des listes se termine laborieusement, mais on n?a aucune raison de se plaindre du tumulte qui s?en est suivi, dans les deux camps. Les secousses internes n?ont pas atteint l?ampleur de convulsions. Cela démontre que les structures des grands partis sont assez démocratiques pour permettre aux mécontents de se manifester et éventuellement d?obtenir gain de cause.
En revanche, on ne peut se flatter des conditions dans lesquelles Leela Devi Allear est appelée à se substituer à Dev Hurnam. Ce ne sont ni des dirigeants garants d?une certaine éthique en politique ni des activistes de la base qui ont provoqué ce changement. C?est une cour de justice qui a forcé la décision.
Globalement les listes n?ont inspiré aucun enthousiasme. La meilleure opération a été réalisée par le leader du MSM, Pravind Jugnauth. Il a renouvelé son parti, a offert à plusieurs de ses députés une retraite anticipée, et a négocié adroitement pour placer ses candidats dans des circonscriptions stratégiques. On peut dire qu?il termine la consolidation de son parti. De plus, depuis la défection des Bachoo et Choonee, on constate qu?il traverse les épreuves avec sang-froid. S?il reste aussi ?cool?, c?est probablement parce qu?il sait que si les choses tournent mal pour lui il n?aura qu?à ronger ses freins en attendant 2010.
Pour Paul Bérenger et Navin Ramgoolam, qui ont pratiquement le même âge, l?enjeu de 2005 revêt une importance plus grande. Durant la série de meetings qui est inaugurée aujourd?hui, ils vont s?investir à fond et livrer des enseignements sur leurs sensibilités. Il ne serait pas étonnant si le leader du MMM décide de miser sur le travail accompli et celui du PTr choisisse de jouer la carte des mesures populaires.
Paul Bérenger placera son bilan au c?ur de la campagne. Mais le politicien expérimenté qu?il est sait que le critère déterminant d?un vote n?est jamais les actions passées. Il est plus facile de rassembler un électorat autour d?un rêve et d?une vision que de le séduire en alignant des succès anciens.
Quant au Parti travailliste, il sait qu?au-delà de la liste de reproches qu?il adressera au pouvoir il doit présenter un programme d?alternance. Le thème favori de son argumentaire habituel sur ?le gros capital? étant usé ? et risqué à l?approche des élections qu?il peut gagner ? le PTr en parle de moins en moins. En ce qui concerne ses mesures gadgets comme les tickets d?autobus gratis, les revenus de Rs 25 000 non taxables et les ?Atlas? donnés en cadeau, elles suscitent la curiosité. Comment fait-on pour dépenser plus avec des revenus en baisse? Des illusionnistes qui ont la recette en main sortiront un lapin de leur chapeau...
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