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Le tour du monde en dix ans

4 juin 2008, 00:00

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Le tour du monde en dix ans

Le Gwenn-Ha-Du (noir et blanc en breton), voilier battant pavillon français, a mouillé à Port-Mathurin au bout d?un voyage autour du globe qui a duré dix ans. Le voilier devait ensuite mettre le cap sur Maurice.

«Nous sommes de vieux loups de mer. L?année prochaine, nous allons compléter ce tour du monde en Méditerranée. Depuis dix ans, je me balade en mer huit mois par an», confie le capitaine Claude Chevance, un sexagénaire d?origine bretonne débordant d?enthousiasme.

Flanquée de son équipière, Fabienne (qui ne veut pas révéler son nom de famille) et du matelot Maurice Garde Le Breton (qui n?habite pas la Bretagne), tous deux également sexagénaires, ils ont vogué sur des mers démontées comme sur des surfaces lisses de l?océan. « Si on a peur, on reste à la maison et on ne prend pas la mer », lâche le navigateur.

Escale aux Chagos

Le voilier est passé par l?archipel des Chagos. «Nous avons pu visiter les îles Peros Banos et Salomon où nous avons vu les traces d?habitations datant de 150 ans, les ruines d?un cimetière et des puits», indique-t-il.

Le capitaine Claude Chevance a déjà visité Port-Louis il y a ? 47 ans. Il revient donc à Maurice 30 ans après sa dernière visite. «Nous allons y séjourner pour une dizaine de jours».

De Malaisie à la Thaïlande et aux îles Andaman, les globe-trotters ont pu également suivre la trajectoire du cyclone dévastateur Nargis qui a fait 100 000 morts en Birmanie. « J?étais aux Maldives pendant le cyclone. Heureusement pour moi : je suis passé en Birmanie un mois avant».

Le Gwenn-Ha-Du a été construit depuis 22 ans. Même si le voilier bat pavillon français, le capitaine fait également flotter un pavillon breton blanc et noir, pour montrer son attachement à la Bretagne.

Avant son périple, le capitaine Claude Chevance a exercé le métier de pilote de port pendant 20 ans. Il a aussi passé deux ans en Australie et visité le Vietnam et la Chine.

L?équipage se nourrit grâce à la pêche à la traîne. «Nous avons un congélateur pouvant conserver le produit de notre pêche pendant trois semaines. Nous avons déjà pêché un « tazar » de 15 kilos. Quand nous avons de quoi manger, nous ne pêchons pas».

A son arrivée à Rodrigues, l?équipage a commencé l?exploration de l?île. «Nous avons parcouru l?île à pied pendant deux jours», raconte Maurice Garde Le Breton.

«Rodrigues est restée authentique. Un peu comme les îles du Cap Vert, le Vanuatu et la Papouasie-Nouvelle-Guinée qui sont presque hors des circuits touristiques. Les gens sont aussi restés nature», confie le capitaine.

Claude Chevance compare même les Rodriguais aux Bretons d?Astérix. «Après 150 ans d?occupation anglaise, on n?y a pas oublié le français», fait-il remarquer.

L?équipage propose l?aménagement des chemins balisés à Caverne-Patate, lieu de prédilection des touristes. «Nous comptons revenir à Rodrigues, mais à condition que l?île ne se développe pas trop et ne perde pas son authenticité », promet le capitaine du voilier.

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