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?Le séga n?a pas encore atteint le statut d?hymne?
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?Le séga n?a pas encore atteint le statut d?hymne?
Les artistes ont été très sollicités durant les Jeux des îles. Quel regard jetez-vous, a posteriori, sur l?événement ?
? Une fois encore, la musique a prouvé qu?elle peut mobiliser les gens, qu?elle est un support idéal pour le patriotisme. Mais où cela nous mène-t-il ? Après l?événement, les artistes feront-ils l?objet de la même attention, auront-ils les mêmes facilités ? D?ici les prochains Jeux des îles, dans quatre ans, est-ce que tout sera à recommencer ? A mon avis, pour suivre la logique de l?événement, il faudrait une mise en commun des ressources, pourquoi pas à travers une fondation artistique et sportive. Prenez l?exemple des hymnes des Jeux. Après l?ouverture, cet hymne a été éclipsé. A quoi cela sert-il ?
Justement que pensez-vous des deux chansons officielles des Jeux ?
? Franchement, je ne connais pas la chanson officielle, (NdlR : I wanna run). Elle n?était pas dans les c?urs, alors que le séga des Jeux a vraiment accroché. Pourquoi ne pas avoir choisi le séga des Jeux comme chanson officielle. A la place, on a préféré un mélange d?anglais, de français et de créole. Cela prouve qu?on est toujours complexé par rapport à la langue. Est-ce que le séga ne convient pas aux cérémonies ? Qu?il n?a pas encore atteint le statut d?hymne ou que l?on refuse de lui donner ce statut à cause des préjugés qui y sont encore attachés ? On parle souvent de la distinction entre la culture et l?art, or c?est de la culture que l?on tire l?art. Tout cela nous ramène à une question fondamentale : qu?est-ce que la culture mauricienne ?
Votre réponse ?
? Les Mauriciens ont répondu à cette question pendant les Jeux.
Comment se porte l?industrie musicale ?
? Depuis ces trois dernières années, on sent un intérêt grandissant pour ce secteur et son potentiel économique. On y investit de plus en plus. Rien que pour le mois d?août, j?ai assisté au lancement de deux nouvelles compagnies : XoneMedia, une société de production et Sun Master, une maison de pressage de disque.
Pour vous le changement remonte à trois ans. Quel en a été le déclic ?
? (Rires) A votre avis ? Le changement de gouvernement, une nouvelle manière de faire.
Quels sont vos rapports avec le ministère de la Culture ?
? Tout se passe dans le partage, les séances de réflexion. Des interlocuteurs à qui je vend mes idées. Ce n?est pas au président du conseil d?administration de la MASA que l?on fait appel, mais à l?artiste.
Et l?actualité de la MASA ? Le début de l?année a été rythmée par la médiatisation des ?incompétences? de l?ancienne direction ? Où en êtes-vous ? Quelle est l?attitude des auteurs face à leur société protectrice ?
? Contrairement à ce que l?on pense, il n?y a pas de polémique, mais un sentiment de pas fer travay, une méfiance vis-à-vis de la MASA. C?est ce qui explique que les auteurs méconnaissent leurs droits. C?est en train de changer. Comme tout le monde, je m?interroge sur les fameux Rs 28 millions qui sont sur le compte bancaire de la MASA. D?où vient une telle somme ? Pourquoi ne pas l?avoir distribuée à ceux qui y ont droit ? Ce dossier a été remis au Management Audit Bureau et nous attendons toujours ses recommandations. Elles tomberont en principe d?ici le mois prochain. Entre-temps, nous avons créé le poste de Membership and Repertoire Officer, pour la gestion des fichiers des membres. Savez-vous combien de membres compte la MASA ? Quinze cent. De ce chiffre, il y a que cinq cent auteurs-compositeurs.
Qui sont les autres ?
? On ne sait pas comment les noms de danseurs ou de groupes se sont retrouvés dans nos fichiers. Si un musicien a joué une partition, il n?est pas membre de la MASA parce qu?il n?a pas créé quelque chose. Il est un ouvrier qui a eu son salaire. L?auteur lui, n?a pas de salaire et c?est à la MASA de s?en charger. C?est ce type de réflexe que nous voulons faire passer.
Qu?en est-il de la coopérative des artistes ?
? L?élection d?un comité temporaire a eu lieu mardi dernier. J?ai été élu à la présidence et Marjorie Sewraz en est la secrétaire. La prochaine étape sera de déposer une demande auprès du bureau du Premier ministre pour avoir le droit d?utiliser le terme ?Mauritian?. S?il nous en donne la permission, nous consulterons les autres artistes pour constituer la Mauritian Artists Multi-Purpose Cooperative Society (MAMCOS.) Au cas contraire, nous serons l?AMCOS.
Vous l?avez dit, vous êtes avant tout un artiste. Après le recueil de contes de Fanfan, que préparez-vous ?
? Il est encore tôt pour tout dévoiler. Je peux seulement dire que je travaille sur un recueil de poèmes. C?est quelque chose que je construis dans ma tête depuis cinq ans et que j?espère livrer l?an prochain.
Votre inspiration ?
? Le quotidien. Il n?y a pas à sortir de là. Comme le jardin de la Compagnie par exemple. J?observe les gens qui font semblant de ne rien voir mais qui reluquent quand même ?la marchandise?.
?Pourquoi ne pas avoir choisile séga des Jeux comme chanson officielle. A la place, on a préféré un mélange d?anglais,de français et de créole. Cela prouve qu?on est toujours complexé par rapport à la langue.
Propos recueillis par Aline GROËME
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