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Le sursaut des profs et étudiants
La tension reste palpable à l?université de Maurice (UoM). Malgré une réunion de plus d?une heure avec la direction, la Students? Union maintient son «sit-in» lundi matin sur le campus. La direction de l?université n?a en effet pas lâché de lest lors de cette rencontre. Seul changement au tableau : les étudiants ayant entamé leur dernière année de licence pourront présenter leur dissertation de fin de cycle en individuel cette année. La University of Mauritius Academic Staff Union (Umasu), qui a servi une mise en demeure hier à l?UoM, maintient aussi la ligne dure.
Toutefois, malgré la pression des élèves et de certains enseignants, l?université, qui a réuni la presse hier matin sur le campus, compte aller de l?avant car ces décisions «n?entachent en rien la qualité de l?enseignement».
L?état-major de l?UoM a voulu mettre les choses au clair à travers le point de presse. Si le vice-chancelier, Indur Fagoonee, admet que l?université se trouve en difficulté financière et espérait davantage lors de l?allocation de budget par la Tertiary Education Commission (Tec) en juillet dernier, il tient à «rassurer tout le monde que la qualité va être maintenue».
D?ailleurs, interrogé par l?express, le ministre de l?Education, Dharam Gokhool, a clairement fait ressortir que c?est à la Tec que revient la responsabilité d?augmenter le budget de l?université (voir hors texte).
«Ce n?est qu?à la mi-juillet que nous avons été informés du budget alloué pour cette année universitaire et nous avons dû prendre des décisions en peu de temps», admet le vice-chancelier.
300 étudiants de plus d?une année sur l?autre, ce n?est pas énorme. Mais vu les contraintes budgétaires auxquelles l?université avait déjà à faire face depuis quelque temps, il semblerait que cela ait été la goutte d?eau.
De même, le président du conseil d?administration de l?UoM, le professeur Soodursun Jugessur, a concédé que l?université «a fait face à quelques problèmes pendant cette période d?admission. Mais nous tentons de les résoudre du mieux possible». C?est ainsi que la direction a été forcée d?apporter «quelques ajustements mais nous n?avons pas sacrifié la qualité de l?éducation pour autant». Au contraire, le professeur Jugessur a fait un véritable plaidoyer pour le travail en groupe en tentant de justifier la décision d?une dissertation à trois.
Regroupement
«Cette année, nous avons convenu que les étudiants de 3e année ayant déjà commencé à travailler selon un certain type de système ne pouvaient présenter leur projet en groupe», a-t-il expliqué. Mais dès l?an prochain, le travail en équipe sera une réalité pour tous. «Maurice a trop tendance à rester individuelle alors que l?idée de travail en groupe s?avèrera beaucoup plus compétitive sur le marché du travail», dit-il.
Indur Fagoonee ajoute : «Nous voulons appliquer la politique du gouvernement qui est d?augmenter l?accès à l?éducation. Cela demande des aménagements mais les changements restent minimes.» Six modules sont concernés par le regroupement d?étudiants pour le moment. Et malgré l?opposition féroce des étudiants et des enseignants à ces cours, l?université compte bien aller de l?avant.
«Nos étudiants doivent devenir plus autonomes et responsables. Il est vrai que les étudiants seront beaucoup plus nombreux dans certains modules mais ils auront toute l?infrastructure voulue pour maintenir la qualité de l?éducation», rassure le professeur Jugessur.
Manque d?infrastructure
Etudiants et enseignants ne l?entendent pas de cette oreille. Aartee Beekarry de la Students? Union met l?accent sur le manque d?infrastructures. «Nous avions écrit une lettre au vice-président pour lui demander comment il comptait faire face aux contraintes d?un enseignement avec un nombre aussi élevé d?élèves mais la réponse est loin d?être satisfaisante», s?insurge-t-elle.
De même, le président de l?Umasu, Dinesh Hureeram, menace de recourir à la justice si l?UoM ne revient pas sur certaines décisions. «Nous verrons lundi la marche à suivre avec nos hommes de loi. Il semble que l?UoM n?a accédé à aucune de nos demandes de revoir certaines décisions concernant l?augmentation du nombre d ?élèves dans certains modules et le travail de groupe jusqu?ici.»
Pour ce qui est du déplacement de certains cours dans des établissements des environs, le vice-chancelier fait ressortir que ce n?est qu?une mesure de dernier ressort au cas où toutes les décisions prises ne suffisent pas à faire de la place à tous les étudiants. «Ce recours ne sera peut-être pas nécessaire cette année mais nous préférons prévoir pour les années à venir afin de ne pas se retrouver coincés au dernier moment», fait-il ressortir.
La direction espère ne pas avoir à annuler certains cours par manque d?effectif ? elle assure qu?elle sera flexible quant au seuil critique ? mais ne peut encore rien promettre.
DHARAM GOKHOOL : «UN NOUVEAU MODELE POUR L?UNIVERSITE»
Interrogé par «l?express» au sujet de la controverse à l?université, le ministre Dharam Gokhool déclare qu?il n?y a «pas lieu d?arriver à des extrêmes tels que le sit-in». S?il estime normal qu?il y ait de la résistance quand on fait face à des changements, il précise que ces derniers sont nécessaires. Pour lui, il fallait absolument «optimiser les ressources disponibles» : il n?est plus possible «d?enseigner à des groupes de 30 ou 40 élèves dans des ?lecture theatres? qui peuvent accomoder 200 personnes». De même, s?il y a des espaces disponibles aux alentours, pourquoi ne pas les utiliser pour les étudiants à temps partiel ? se demande-t-il.
Le ministre précise aussi que le problème n?est «pas seulement un problème de budget. Il y a certaines circonstances où le budget doit être utilisé de manière optimale». Et d?ajouter : «S?il y a un gros problème de budget, la Tec est là pour le régler. Si l?UoM justifie un besoin de financement additionnel, la Tec verra ce qu?elle peut faire.»
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