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?Le sport de haut niveau doitentrer dès la Form I?

21 avril 2005, 20:00

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● <B>Comment se porte le Trust Fund for Excellence in Sports ? </B>

? Je dirais qu?il est en très bonne santé. Plusieurs boursiers suivent déjà des stages. Ils seront bientôt appelés à signer la convention qui les liera à la fondation. Au départ, il y a certainement eu quelques tâtonnements. Ce qui était inévitable. Nous avions, dans un premier temps, étendu notre aide à quelques fédérations seulement. Certaines d?entre elles n?avaient pas beaucoup réagi. Il a fallu qu?on descende sur le terrain. Maintenant que c?est bien parti, nous allons contacter les autres fédérations pour leur prouver à quel point la fondation est indispensable et étroitement liée au développement du sport de haut niveau à Maurice. Toutefois, nous allons donner priorité aux fédérations des disciplines olympiques. Mais si un athlète est champion du monde dans une discipline non olympique à l?instar de Fabrice Bauluck, la fondation sera bien sûr disposée à l?aider. Je tiens à préciser que la fondation s?occupe des athlètes de tous les niveaux intellectuels, de la formation de maçon aux études tertiaires et du plus jeune au plus ancien.

● <B> La fondation compte-t-elle un grand nombre de bénéficiaires ? </B>

? Pas suffisamment à mon gré. Je trouve dommage que certains jeunes ne se soient pas fait connaître auprès de la fondation. Nos bureaux sont ouverts tous les jours. Il ne faut pas attendre qu?un président de fédération fasse le premier pas. Un athlète ou encore ses parents peut toujours venir vers nous. Mais, bien sûr, nous référerons tous les cas aux fédérations respectives.

● <B> Quels sont les critères à respecter pour qu?un athlète puisse profiter de l?aide accordée par la fondation ? </B>

? Il faut absolument que ce soit un athlète de haut niveau avec un gros potentiel, apte à représenter son pays dans des compétitions internationales. Il peut être très jeune. Je pense ici à la triathlète Jennifer Henrisson, championne d?Afrique, ou encore au pongiste Brian Chan Yuk Fo, qui s?est très bien défendu dans une compétition à la Réunion. Notre message c?est de faire entrer dans la tête des parents que le sport de haut niveau peut être pratiqué à Maurice et que de l?aide attend les athlètes ; aide qui pourra soulager financièrement les parents et les rassurer quant à l?éducation de leurs enfants.

De plus, avec la nouvelle fondation de la State Commercial Bank, nous disposons de moyens beaucoup plus importants.

● <B>Justement, c?est quoi le SBM Sports Fund ? </B>

? C?est une nouvelle fondation créée par la State Commercial Bank pour venir en aide aux athlètes de haut niveau. Elle dispose de gros moyens financiers, soit Rs 25 millions, et elle est totalement indépendante de la nôtre. J?ai été nommé président de cette fondation étant donné que nous avons le même objectif. Je tiens à remercier le Premier ministre Paul Bérenger et Mr Reddy de la State Bank qui ont, énormément, aidé à la mise sur pied de cette nouvelle fondation. L?objectif est d?aller encore plus loin.

Je constate malheureusement que le sport de haut niveau se dégrade : pour exemple, Eddy Clarisse, à 33 ans, est toujours le numéro un du badminton local ! Si nous ne prenons pas le taureau par les cornes nous allons le regretter amèrement, et le payer très cher.

● <B>Quelle est la solution ? </B>

? Pour qu?il y ait de nouveaux Buckland, Chimier, Milazar ou Casquette, il nous faut, en effet, aller beaucoup plus loin et la route est toute tracée. Mais les politiques doivent prendre des décisions importantes. Je m?explique : tout le monde reconnaît que l?un des problèmes auxquels doivent faire face les sportifs de haut niveau, c?est d?arriver à concilier sport et études. Je fais ici référence aux nombreuses interviews de presse dans lesquelles les jeunes parlent justement de difficultés rencontrées pour concilier les deux. La solution, elle est toute simple, c?est d?arriver à faire cohabiter sports et études.

● <B> Selon vous, comment pourrait-on arriver à concilier sport et études sans que l?un des deux souffre ? </B>

? Il faut que le sport de haut niveau entre à l?école dès la Form 1. Aujourd?hui nous avons la chance d?avoir des écoles mauriciennes dotées à la fois du système vocationnel et du système classique. Au niveau de la fondation nous proposons que les jeunes ayant le potentiel de briller dans une discipline quelconque soient regroupés dans une seule école à partir de la Form 1, ceci ne représenterait que 10 à 12 élèves par niveau. On proposerait, alors, à ces enfants un emploi du temps souple qui leur permettrait, à la fois, d?étudier et de pratiquer la discipline de leur choix dans un même lieu. Ils s?entraîneraient deux ou trois fois par semaine après les heures de classe dans l?enceinte de l?école. Cela leur permettrait de rentrer chez eux plus tôt, soit vers 17 heures. Les fédérations s?occuperaient, bien sûr, de la partie technique tandis que la fondation s?assurerait que le jeune athlète ait un repas équilibré à midi et que deux jours par semaine, il y ait un suivi pédagogique, exclusivement sous notre responsabilité. Cela se ferait bien sûr de concert avec le ministère de l?Éducation et de la direction de l?école. Des professionnels guideraient les enfants dans leurs études et interviendraient là où il y aurait des difficultés. À la fin de la Form III, il faudrait regrouper tous ces sportifs dans un même centre d?entraînement et d?éducation de haut niveau.

● <B> Vous voulez dire dans une institution spécialisée, type l?INSEP en France ? </B>

? Cela pourrait être du type INSEP, qui offrirait toutes les filières que l?on trouve à Maurice menant au baccalauréat, au O/A Level, au SC/HSC. Il faudrait un emploi du temps assez souple, car les athlètes doivent avoir la possibilité de se déplacer pour suivre des stages ou participer à des compétitions à l?étranger. À notre niveau on veillerait à ce que les élèves ne soient pas lésés dans leurs études à leur retour. Avec la technologie actuelle, dont l?internet, l?athlète peut très bien suivre ses cours tout en étant absent du pays. C?est ce qui se fait en France et ailleurs. Nous allons également étudier les possibilités d?un système de partenariat avec l?INSEP ou les écoles privées de France réservées aux sportifs de haut niveau. Et enfin les parents pourraient être tranquilles. Ce système permettrait indubitablement à notre pays d?encourager la pratique du haut niveau.

● <B>C?est un projet intéressant mais qui exigera certainement un gros investissement?</B>

? Par rapport aux milliards du ministère investis annuellement dans l?éducation, le projet ne représenterait qu?une goutte d?eau mais ô combien bénéfique ! Et puis, ce Centre éducatif ne regrouperait qu?une centaine d?athlètes. Ce serait un partenariat entre la Fondation, le ministère de la Jeunesse et des Sports et celui de l?Éducation.

● <B>Avez-vous déjà présenté le projet aux autorités concernées ? </B>

? J?ai déjà abordé le sujet avec le ministre de l?Éducation, Steven Obeegadoo. Il a été très enthousiaste. Il m?avait même proposé de démarrer à Rose-Hill en janvier 2005. Mais nous ne voulions pas précipiter les choses car nous voulions que ce soit fait de manière professionnelle. Nous espérons, donc, démarrer en janvier 2006.

● <B> Vous mettez beaucoup d?accent sur le haut niveau et pourtant, la High Level Sports Unit n?exige qu?un minimum de 16 jours de présence par mois aux athlètes?</B>

? Je trouve cela aberrant. On est en train de fonctionnariser le rôle de l?athlète. C?est un très mauvais message. Qui contrôle quoi ? Connaissant ce qui se passe à Maurice, le Sports Officer ne peut pas aller sur le lieu d?entraînement tous les jours. Donc, il prend pour argent comptant ce qu?on lui donne, c?est-à-dire les formulaires signés. Et quelle est la qualité de l?entraînement ? Nous, au niveau de la Fondation, nous avons une convention à laquelle est liée l?athlète. Nous exigeons qu?il soit performant tant sur le plan éducatif que sportif. Je ne blâme personne, c?est le système qui est mauvais. Ce système n?encourage nullement les athlètes puisque c?est de l?argent facilement gagné sans aucun objectif de résultats.

● <B> En tant qu?ancien ministre des Sports, quel est votre sentiment sur la régionalisation ? </B>

? Je pense que, quelque part, les gens devraient relire la loi Glover de 1984 et cela faciliterait beaucoup de choses. Cette loi était simple et limpide. Si j?avais un souhait à émettre ? je ne sais pas qui sera le prochain ministre des Sports ? quand on parle de la régionalisation, il faudrait aller vers le concret. Il faudrait qu?il y ait un bureau régional de sport dans chaque région de l?île. Les facilités existent puisqu?il y a des centres de jeunesse partout. Il faudrait détacher certains fonctionnaires, ainsi que des sports coaches dans les bureaux régionaux afin qu?ils aident à la mise sur pied des comités régionaux. Ce n?est qu?à ces conditions qu?on pourra parler de régionalisation. Ce n?est pas en restant dans un bureau à Port-Louis qu?on arrivera à mettre en place la régionalisation.

● <B>Dernière question, serez-vous candidat aux prochaines élections ? </B>

? Je ne vous cache pas que je suis très sollicité, mais je réfléchis encore?

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