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Le sitar? passionnément

19 janvier 2008, 00:00

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Le sitar? passionnément

? La musique classique indienne date de 5000 ans. Elle trouve ses origines dans le Veda et grâce à la fusion de la musique du Nord de l?Inde et de celle des Mughals, pas des Monghols, elle a fait son chemin. Lors du règne du roi Akbar, l?art et la musique se développèrent. Des instruments de musique tels que le sitar, le tabla prirent naissance. Comme Ravi Shankar le disait, le sitar est le roi des instruments à cordes,» explique avec passion Satyawan Peerthy.

Cet homme de 59 ans connaît son art sur le bout des doigts. Pour avoir étudié la musique classique indienne, particulièrement le sitar et pour en avoir joué depuis 25 ans. Hier soir, au Indira Gandhi Centre for Indian Culture, le virtuose a donné un récital de 30 minutes aux passionnés de cette mélodie.

Une musique qui le transporte dans un autre monde «de bohneur, de paix? » Une paix d?esprit qu?il «pense toujours à partager aux autres». Détenteur d?un Honours degree dans la musique indienne avec comme spécialisation le sitar, Satyawan Peerthy est un inconditionnel de cette musique. «C?est un véritable don que je pense avoir hérité d?une autre vie.»

<B>Doigts meurtris</B>

L?homme est un érudit. Ses rencontres avec des maîtres de cet art lui ont insufflé passion et persévérance. La découverte d?un monde de splendeur s?est alors faite petit à petit. Ces gurus : feu pandit Nikhil Baherjee, le pandit Debu Chaudharry, Mandan Shankar Mistra, Uma Shankar Mistra. Ils l?ont tous, chacun à leur façon, guidé pour qu?il «explore ce monde de beauté inégalée». Sans ces mentors, l?apprentissage n?est jamais complet. Le sitar est inextricablement lié à la spiritualité mais comme il l?explique «à chacun ses croyances.» L?important est de se laisser transporter par la musique et de la communiquer aux autres.

Jouer du sitar lui procure un bonheur infini même si cela demande un travail continu et soutenu. Ses doigts meurtris par les fils du sitar fait de bronze, de cuivre, d?acier de plusieurs dimensions en témoignent.

«Quand les doigts sont blessés, il faut attendre avant de reprendre,» explique Satyawan Peerthy en les regardant. Le temps qu?une nouvelle peau recouvre les marques laissées par les fils du sitar.

L?autre difficulté demeure la posture dans laquelle il faut jouer de cet instrument. «Il y a deux façons de s?asseoir pour jouer du sitar : le gents? style et le ladies? style. Le ladies? style consiste à plier les deux jambes du côté gauche et de poser la caisse de résonance du sitar à même le sol appuyée contre le flan droit, cela se révèle difficile pour jouer. On est plus à l?aise avec le gents? style. On croise les pieds sous soi. On pose le talon du pied gauche au-dessus du pied droit. Ce qui fait qu?on peut placer la caisse de résonance du sitar dans le creux que forme le talon.»

Depuis peu, Satyawan Peerthy a réduit sa pratique du sitar de quatre à cinq heures par semaine. Auparavant, quotidiennement, il en jouait pendant deux heures. Ce temps gagné, il le consacre à sa famille mais la passion reste intacte.

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