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Le sida, hantise des détenus
«Je n?ai pas constaté de changements majeurs dans la prison depuis la mise en place de la Task Force présidée par l?assistant commissaire de police, Dass Joganah. Une même seringue est utilisée par plusieurs personnes pour se shooter. Le manque d?hygiène me fait aussi craindre une prolifération du virus de l?hépatite C. Les personnes en détention provisoire, les sidéens et les personnes atteintes d?hépatite C sont tous incarcérés dans un même bloc. Dans quel état serai-je lorsque je vais quitter la prison ? »
C?est le cri du c?ur lancé par un détenu qui purge toujours sa peine. Il demande aux autorités de mettre en place un système pour suivre les détenus séropositifs après leur sortie.
Un ex-détenu qui vient de terminer sa peine fait un constat non moins inquiétant de la situation en prison.
« J?ai quitté la prison il y a près d?un mois. L?utilisation d?une seule seringue par différentes personnes s?explique par le fait que celui qui possède une seringue la loue. En une journée, elle peut être utilisée 10 à 15 fois. Dans une cellule pour trois personnes, on dispose de deux pots de chambre pour uriner et pour déféquer et on doit supporter l?odeur nauséabonde pendant toute la nuit. On ne dispose pas de savon pour nous laver les mains après nos besoins. »
Le droit de recevoir des soins
Le commissaire des prisons, Ramakrishna Brojmohun rassure : « Chaque détenu séropositif est examiné dès sa rentrée à la prison. Les mesures préventives ont été mises en place pour réduire les risques de contamination au sida en prison. Quant aux recommandations de l?assistant commissaire de police, elles sont en train d?être mises à exécution. L?esprit d?équipe règne parmi les membres de la direction, le personnel et la Task Force. » En juillet, Dass Joganah a été nommé à la tête d?une Task Force dont le principal objectif consistait à entamer une réforme complète de la prison.
Du côté du ministère de l?Intérieur, on indique que trois prisonniers seulement ont développé le virus du sida. C?est la réponse faite par Sir Anerood Jugnauth à une interpellation du député James Burty David, le mardi 8 juillet.
De janvier 2000 à ce jour, a ajouté le Premier ministre, 47 détenus ont été testés positifs. En juillet, ils n?étaient que 31. En 1998, l?Organisation mondiale de la santé (OMS) a déjà donné des directives sur le droit des détenus séropositifs à recevoir des soins appropriés. C?était à Dakar, au Sénégal, lors d?une conférence internationale organisée conjointement par l?Observatoire international des prisons et par l?Organisation des Nations unies sur le Sida.
Une des directives soutient que les détenus séropositifs ont le « droit de recevoir, y compris à titre préventif, des soins semblables à ceux qui sont mis à la disposition de la communauté ».
L?OMS a également recommandé que chaque pays définisse des « politiques spécifiques pour la prévention du VIH/Sida dans les prisons, et pour la prise en charge des détenus contaminés. »
Trois ans après, dans le cadre de la déclaration de consensus sur la promotion de la santé chez les jeunes en détention, à Édimbourg, l?OMS a réitéré se recommandation. C?était lors de lors de la septième conférence annuelle sur le projet « Santé en prison ».
À Maurice, les détenus séropositifs sont suivis par un officier de l?unité chargée de traiter les personnes séropositives de l?hôpital Jeetoo. Ces détenus sont alors placés dans des cellules séparées. Cette précision a été fournie par le Premier ministre lors de la séance des questions parlementaires du 8 juillet.
De plus, l?État propose d?introduire un projet de loi pour protéger les droits des séropositifs et des sidéens.
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