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Le secteur sucre à un tournant décisif
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Le secteur sucre à un tournant décisif
Ça passe ou ça casse ! Le président sortant du Syndicat des sucres, Cyril Mayer, a ainsi résumé, lundi dernier lors de l?assemblée générale annuelle, la situation locale qui «vit des moments décisifs de son avenir». Les développements avec le nouveau régime sucrier de l?Union européenne (UE) confirment ses «appréhensions sur les menaces» d?une «crise imminente» dans le secteur sucrier.
Cependant, il prêche l?optimisme. «Nous avons l?avantage de savoir exactement ce qu?il faut faire pour réussir. Faisons en sorte que nous réussissions.» Devant la fin des volumes et prix garantis du Protocole sucre aux fournisseurs traditionnels comme Maurice, et la concurrence entre les exportateurs des pays d?Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (ACP), Maurice a conclu un accord avec le groupe allemand Sudzucker pour l?achat de sucre raffiné (blanc), qui sera vendu à un prix plus rémunérateur que le sucre roux.
Cyril Mayer a aussi souligné la concurrence du Zimbabwe, qui est de la même région que Maurice pour l?exportation du sucre vers l?UE. Car les volumes d?exportation seront alloués à partir d?octobre 2009 sur une base régionale. «Avec l?abolition du quota fixe sous le Protocole sucre, nous devrons nous assurer que les nouveaux arrangements sous les Accords de partenariat économique (APE) avec l?UE permettent au Syndicat des sucres de respecter cet accord avec Sudzucker.» Pour devenir et rester un exportateur du sucre raffiné vers l?UE à un prix compétitif et profiter de l?accord avec Sudzucker, la réforme de l?industrie sucrière doit se poursuivre dans son intégralité avec la production de sucre, d?électricité et d?éthanol sous le même toit.
Maurice «n?a désormais aucune marge de man?uvre», explique le président sortant, surtout avec la «crise» qui se dessine avec la baisse du prix du sucre par Rs 2 000 (48 euros) la tonne à partir de demain et Rs 4 700 (113 euros) à partir d?octobre 2009 ? Rs 6 700 la tonne en un an. Sans compter les problèmes qui affectent les planteurs, comme la hausse des prix des produits pétroliers, des fertilisants et produits chimiques, ainsi que du fret qui gonflent les coûts de production.
Devant cette situation, Cyril Mayer demande d?éliminer «immédiatement» les subsides sur la vente du sucre sur le marché local et de réduire le cess ? prélèvement à la source sur les revenus des planteurs. Le cess se chiffre à Rs 635 millions pour la coupe 2008, soit Rs 1 500 par tonne de sucre, qu?il estime « totalement disproportionné » avec la baisse des revenus sucriers. «Il y a convergence sur les mesures à appliquer pour réduire le cess. Nous nous demandons pourquoi la décision n?a pas encore été prise.»
Conditions non respectées
Pour des raisons familiales le ministre de l?Agro-industrie, Satish Faugoo, n?était pas présent. Son discours a été lu par l?Acting Senior Chief Executive, Nirmala Boodhoo.
Le ministre estime que la réforme sucrière est bien engagée mais qu?il est «préoccupé» par la situation de la fermeture de Mon Loisir. Six mois se sont écoulés depuis que son prédécesseur a signé l?autorisation pour sa fermeture, mais «les conditions n?ont pas été respectées». «C?est un très mauvais signal, qui peut retarder la réforme et le déboursement des fonds prévus pour les mesures d?accompagnement», estime le ministre qui a fait un appel aux parties concernées pour que le litige soit réglé dans les meilleurs délais.
■ Avec l?élection lundi du nouveau président du Syndicat des sucres, Hansraj Ruhee succède à Cyril Mayer. Il a déjà assumé la présidence en 1992-93 et 2004-2005. Il siège au comité du Syndicat des sucres depuis 1989 comme représentant de la «Cane Growers? Association», dont il est le président depuis 1992. Il a été président de la Chambre d?agriculture en 1990.
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