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Le secteur de la traduction en mal de compétences

22 juillet 2008, 20:00

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?How is my English?? Pas terrible, à en croire les compagnies spécialisées dans la traduction. En pleine éclosion, le secteur éprouve les pires difficultés à trouver des gens aptes à traduire. Pourtant, le potentiel est là... et il semble énorme.

Atteinte de la même maladie qui ronge le secteur du Business Process Outsourcing, soit un manque aigu de compétences, la croissance des entreprises est freinée. «Bien sûr qu?il y a un potentiel», répond tout de go Belinda Dedans, assistante de direction chez Dinus Traductions, mais le grand souci demeure le recrutement.»

Si Maurice se présente comme étant bilingue, elle éprouve quand même quelques problèmes au niveau de la technicalité et de la précision du français et de l?anglais. «Ce n?est pas parce qu?on est bilingue qu?on est forcément calé au niveau de l?orthographe, de la syntaxe et des tournures de phrases», dit Belinda Dedans.

«Nous essayons de nous agrandir depuis deux ans, mais vu la qualité des candidats, ce n?est pas si simple que ça. On essaye de recruter par tous les moyens. Cela dit, la porte reste ouverte à ceux qui sont interessés», ajoute-t-elle.

Même ceux qui débarquent de l?université n?ont pas souvent la maîtrise nécessaire pour pouvoir faire carrière dans le métier. «Une petite nuance mal comprise dans un texte peut changer beaucoup de choses et peut nous faire perdre un client», précise Padma Gosh, directrice d?ADD Value Consults, entreprise spécialisée dans la traducion financière et économique.

Dans ce monde, c?est sûr qu?il n?y a pas de place pour l?à-peu- près. Si la qualité de la traduction laisse à désirer, cela aura irréversiblement un impact négatif sur l?entreprise traductrice.

N?empêche que de plus en plus de compagnies étrangères souhaitent externaliser leurs services à Maurice et que le secteur s?agrandit avec de nouvelles venues. Depuis le début de l?année, au moins trois grosses boîtes de traduction ont déposé leurs valises sous le soleil mauricien.

Au Board of Investment (BOI), on confirme d?ailleurs la tendance. «Il y a beaucoup de demandes. Ceux qui sont déjà là sont parfois submergés par le travail. Le manque de ressources est, en effet, la contrainte principale au développement de ce secteur. C?est donc un créneau qui peut être très bien exploité», affirme une responsable au BOI.

A plein temps, c?est mieux</B>

Pour pallier le manque de compétences, certaines entreprises ont mis des sauvegardes et introduisent plusieurs paliers de contrôle. La flexibilité offerte aux traducteurs est une autre caractéristique. Plusieurs compagnies permettent, en effet, du travail à temps partiel.

Comptable le jour et traducteur le soir ? C?est maintenant une possibilité. Mais être traducteur à plein temps, c?est mieux. A titre indicatif, un détenteur d?un diplôme avec trois ans d?expérience peut aspirer à un salaire de Rs 25 000 dans certaines entreprises de la place.

Pour Padma Gosh, le salut est dans la formation. «C?est de plus en plus l?affaire de spécialistes. L?idéal aurait été de dire à quelqu?un qui est, par exemple, en fin d?études de comptabilité, qu?être traducteur, c?est également une option, même s?il faut parfaire la connaissance en étant exposé à la langue et la culture qui vont avec.»

Plusieurs pays, dont le Canada, ont très bien compris le potentiel qu?on peut tirer de la traduction. Dans son ensemble, l?industrie de la langue au Canada y représentait un apport économique de plus de Rs 75,8 milliards en 2004 dont Rs 33,8 milliards rien que pour la traduction.

Le secteur de la traduction était responsable de 25 200 emplois à travers le Canada dont la grande majorité dans les services commerciaux.

Quant à l?activité économique générée par les écoles de langues, qui attirent d?ailleurs un très grand nombre d?étrangers, elle se serait élevée à Rs 12 milliards en 2004.

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