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Le secret est dans la modération

8 septembre 2008, 00:00

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Louable mais trop long. Le concours de chant en hindi de la chaîne télé nationale a plu à un large public. Devenant un rendez-vous télévisé sur plusieurs semaines. Mais, si la durée de la finale était proportionnelle à son succès, alors celui-ci aurait été sans égal.

Le ?Sitara?, samedi dernier débute à 15h30. Après une partie protocolaire, obligatoire, les concurrents lancent véritablement le show vers 16h30. Les neuf prétendants au titre du meilleur chanteur/meilleure chanteuse (ne froissons personne), se termine autour de 19 heures.

On le sait bien, le format habituel d?un concours veut que la compétition laisse, quelque temps, place au spectacle. Avec les performances anticipées de Rahul Saxena et de Niladri, on se doute bien qu?en tant que public on aura droit à un spectacle qui, entre autres, laisse le temps au jury de délibérer. Mais on ne pensait pas que l?annonce des résultats ne commencerait qu?aux alentours de 23 heures, avec, ne l?oublions pas, une autre partie protocolaire.

Certains diront que, «the show must go on». Il doit aussi savoir quand s?arrêter. Par respect pour un public qui, malgré sa bonne volonté est fatigué (et dont plusieurs comptent sur le transport en commun). Mais aussi pour des artistes qui méritent une audience avec une des capacités optimales d?attention. Des heures et des heures de spectacle ne sont pas appropriées pour un concours de chant.

Sans doute est-ce là une nuance qui a échappé aux organisateurs. Un concours n?est pas un concert. Et ce, même si les numéros des artistes, musiciens, demi-finalistes, finalistes, humoristes, sans mentionner celui de la présentatrice, devenue danseuse le temps d?un numéro, ont été dans l?ensemble d?un bon niveau. Or, comment trouver l?enthousiasme d?applaudir chaudement, lorsqu?on est assis dans la salle du «Mahatma Gandhi Institute» depuis 15h30 ? C?est-à-dire pendant sept heures.

Si le petit groupe fidèle au rendez-vous qui se faisait beaucoup entendre au fond de la salle, a été filmé en long et en large, ainsi que les membres de l?assistance qui ont gracieusement répondu à l?appel de Niladri et qui sont venus danser devant la scène, les poches vides dans la salle, ne l?ont pas été. Ni d?ailleurs la centaine de chaises en plastique rouges, placées devant la porte d?entrée et dans le vestibule.

De plus, une petite leçon de savoir-faire semble s?imposer. Lorsque l??uvre est réussie, ce n?est certainement pas au peintre de venir se flatter. Les phrases de clôture telles que, « le mot qui revient est ?MBC?, et malgré toutes les critiques que nous essuyons, voilà ce que nous pouvons faire! » sont superflues. Laissons au public le soin de tirer ses propres conclusions. De dire, sans qu?on lui montre ce qu?il doit penser, si le service était à la hauteur.

Et, de grâce, ce n?est pas non plus la peine de glorifier la personne qui a coordonné l?organisation du concours. Si l?on est efficace dans son rôle, c?est en petit comité interne que l?on est récompensé. Le show doit primer sur les remerciements surfaits à celui qui, en tant qu?organisateur est par définition, un homme de l?ombre. Sans lui faire ? de l?ombre ? voici une suggestion : la technologie permet maintenant, grâce à un casque et un micro, de relier les caméramans. Il n?est donc plus nécessaire pour le responsable de se mettre sur le coté de la salle et de faire des gestes vigoureux et de s?animer au vu et au su de tout le public. Les choses ont évolué et il faut suivre, surtout quand on est dans le show-business.

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