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le secret ?

24 février 2008, 00:00

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Voici un mot qui évoque bien des ombres et aiguise les curiosités. C?est toujours le « caché » que notre esprit cherche à percer, à décrypter. Pourquoi le secret, comment découvrir ce qu?il recèle ? Un secret est toujours censé recouvrir des merveilles ou des horreurs? Si l?on a écrit une masse d?ouvrages sur les grands secrets historiques : l?Homme au masque de fer, Mayerling, Louis XVII, (rien que sur les Templiers, il en paraît une dizaine chaque année !) au quotidien, la notion de secret est naturellement plus banale.

Est secret tout ce qui n?est pas dit ou montré. On voit qu?une foule de faits et gestes répond à cette définition, chez l?individu comme au sein des familles, pour des raisons d?ordre privé. Il n?y a guère à épiloguer sur ce thème.

En revanche, sur le secret organisé, au sens où on l?entend, par exemple, dans les « Services secrets », les sociétés initiatiques, les « fraternités », et les conjurations de tous ordres, telles que les Cathares ou le Ku-Klux-Klan, beaucoup a été dit, écrit, romancé? La plupart des humains ont toujours aimé se grouper en des cercles plus ou moins fermés, soit pour constituer une force d?opposition ? la Résistance à l?occupant allemand au cours de la dernière guerre en Europe ; les Carbonari en 1812 pour l?indépendance italienne, etc. - soit pour propager une doctrine parareligieuse, ou une ?uvre d?entraide : les Anabaptistes,les Mormons, les Témoins de Jéhovah, etc. Dans cette multitude d?organisations, il convient de distinguer les pacifiques et les dangereuses, les anciennes et les modernes, les laïques et les mystiques?

Parmi les très anciennes, qui se qualifiaient de « Mystères », régnaient en Mésopotamie, en Egypte puis en Grèce, ceux des Constellations, d?Isis et d?Osiris, de Cronos et des Titans, où se pratiquaient des cultes d?initiation réservés aux adeptes. A l?aube de l?humanité prévaut cette idée qu?il n?est pas souhaitable de tout dire à tout le monde. Car le savoir vaut surtout par celui qui le reçoit. Il faut donc en être digne. Ce qui instaure la procédure de « cooptation », où titres et statut social restent secondaires. Est primordiale la qualité humaine du contacté que l?on reçoit au sein de la confrérie.

Le modèle parfait de ce système, on le trouve à l?origine en Occident dans la fraternité des « Chevaliers de la Table Ronde ». Une table « ronde », car il n?y a pas de préséance : du plus noble au plus humble, tous sont égaux. « Chevaliers », car ils ont été jugés dignes par un « collège » de pairs chevronnés de cette distinction. Le « Temple » était un ordre de chevalerie : des moines-soldats (beaucoup plus soldats que moines, d?ailleurs). Il faut rappeler que la Chevalerie ne fut pas une « classe » de nobles, mais un ordre militaire, dans lequel un guerrier brave et loyal, et qui s?était distingué en prouesses face à l?ennemi, pouvait être « adoubé » chevalier. Une élite donc, qui brillait par le courage et le service des autres, dans la fidélité à la parole donnée.

En réalité, le secret circule partout. Ce qu?il détient ne circule qu?à travers une chaîne d?hommes et d?institutions qui le « gardent ». Le révéler peut conduire à la mort. « Celui qui sait se tait. » Tel le Sphinx. Voilà des décennies que des escouades d?archéologues et de savants fouillent et refouillent sur le site de Gizeh, la plus intrigante des pyramides, et sous le Sphinx justement, avec l?obsession qu?enfin le mystère s?éclaircisse? A la science, se mêlent des intérêts politiques évidents.

Mais, pour en revenir à des propos plus quotidiens, quel est le rôle du secret dans notre vie ? Policiers et détectives en savent long sur ce chapitre. Si l?on considère le nombre d?expressions du langage introduisant le mot dans le discours habituel, on s?aperçoit que nous vivons en compagnie du secret. Depuis le secret bancaire, jusqu?au secret de l?instruction dans les affaires judiciaires, nous sommes familiers du secret, Secret professionnel, médical, scientifique, religieux, politique? Secret d?Etat, stratégique, code atomique, secret militaire? Mettre un coupable au secret, être dans le secret, serrures, meubles à secret qu?utilisaient beaucoup l?entourage du monarque. Vote à bulletins secrets. Secret d?un coffre-fort à combinaison numérique, etc.

C?est que depuis toujours, dans les informations confidentielles, diplomatiques, la nécessité d?échanges secrets implique un langage codé, auquel n?a accès que le responsable, utilisateur de codes qui varient constamment. Entrent en scène ici les agents, espions et contre-espions, chargés de « casser » les codes, travail de patience et d?expérience?

On comprend pourquoi les « sociétés secrètes » conservent et défendent, à l?usage de certains initiés, des révélations destinées à un grand Projet ? quel qu?il soit.

Parmi tous ces secrets, n?oublions pas celui que chacun connaît : le secret de Polichinelle?

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