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Le rire, un remède Particulier

11 mai 2008, 00:00

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Un de ces jours, on pourrait se rendre à la pharmacie avec en main une prescription sur laquelle serait noté « CD à mourir de rire ». Dit comme ça, ça a l?air d?une blague de mauvais goût. Mais non, si l?on en croit l?ampleur que prend la thérapie du rire. En fait, le rire amène notre cerveau à produire les médicaments dont nous avons besoin. Et sans effets secondaires, en plus. Comprenez bien qu?on ne parle pas ici de remède miracle, qu?on ne prétend pas qu?il ne faille plus aller chez le médecin. On veut dire que la rirothérapie, et c?est prouvé, a un effet positif sur la santé. Pourquoi est-ce qu?on en reparle maintenant ? Parce que dimanche dernier était célébrée la Journée internationale du rire. Et qu?hier, Maurice d?Arifat, l?initiateur des clubs de rire à Maurice, a marqué l?événement au couvent de Belle-Rose. Faut-il décréter une journée pour rire, pour une chose naturelle ? C?est une question qu?on a envie de se poser. C?est triste, mais visiblement, il le faut, car nous ne rions plus.

Allez, faites vos comptes ! Combien de fois riez-vous par jour ? De bon c?ur.

À gorge déployée. Juste pour le plaisir. Selon certaines recherches, un adulte rirait en moyenne 20 fois par jour contre 40 fois pour les enfants. Mais on commence à douter du sérieux de ces chiffres puisque de plus en plus, nous perdons notre capacité à rire. Notre travail nous incitant à devenir sérieux. Et pourtant, le rire présente de multiples bienfaits. Il permet d?oxygéner l?orga-nisme, de réduire les tensions musculaires et artérielles. Il augmente la capa-cité respiratoire, la tolérance à la douleur, car lorsque nous rions, notre cerveau fabrique des endorphines qui sont des hormones analgésiques. Il renforce le système immunitaire en augmentant les immunoglobulines. Il agit comme un anti-stress, produit de la sérotonine et de l?endorphine, des hormones du bien-être. Le rire stimulerait le lobe droit du cerveau qui est lié au parasympathique du système nerveux, le système de la relaxation.

« Nous ne rions pas parce que nous sommes heureux. Nous sommes heureux parce que nous rions. »

Maurice D'ARIFAT

Au fait, la rirothérapie est faite d?exercices de yoga accompagnés de rire qui ont le pouvoir de faire apprécier la vie à sa juste valeur, de rassembler les gens, d?apporter la fraternité. Le rire du c?ur, par exemple, amène les gens à se serrer et à rire ensemble. Le rire de la colère consiste à menacer l?autre avec le doigt tout en riant. On tape des mains pendant le rire pour que les méridiens des doigts se touchent et apportent du soulagement. À travers ses séances, le coach aide les gens à libérer leurs émotions, à adopter des valeurs, à aimer la vie et à la respecter. Il les encourage à téléphoner à quelqu?un à qui ils n?ont pas parlé pendant des années, à aller voir quelqu?un qu?ils ont perdu de vue et même à aller vers ceux qui leur ont fait du mal.

Finalement, la mission de la rirothérapie, c?est d?amener la paix en soi et en dehors de soi. « Quand nous sommes en guerre avec nous-mêmes, nous sommes en guerre avec le monde. Quand nous sommes en paix avec nous, nous sommes en paix avec le monde. » C?est la philosophie de Maurice d?Arifat. Puisqu?on ne peut pas éliminer la guerre, la violence, les émotions négatives, on peut changer d?attitudes. Transformer les pensées négatives en pensées positives. Nous pouvons trouver la joie à volonté au fond de soi.

Les problèmes prennent moins l?allure de catastrophe, on relativise. Avec en prime de refléter notre bien-être autour de nous, puisque ce genre de thérapie élargit notre champ électromagnétique et répand notre aura.

Et le rire, c?est aussi notre empreinte. Il en dit long sur notre personnalité. C?est vrai, notre éducation sociale nous a appris à réprimer nos émotions, à ne pas les laisser sortir. Mais le rire est une forme de communication avec les autres. Il traduit notre ouverture d?esprit, notre sociabilité ou nos inhibitions. On note, par exemple, chez les gens qui ont un grand sens de l?humour, qu?ils sont moins affectés par les expériences stressantes, ils prennent les épreuves comme un défi, ont en général une grande estime de soi et c?est ce qui fait qu?ils sont séduisants.

Avez-vous vu Docteur Patch ? C?est l?histoire vraie d?un homme au bord du suicide qui découvre qu?il a le don de réconforter les gens. Il devient alors étudiant en médecine et défie la profession en prônant les vertus thérapeutiques du rire. Bien sûr, ce n?est pas toujours du goût de la profession. Mais ce n?est pas étonnant que cela soit plus facile de soigner un enfant qui est heureux. Et le jeu et la présence de clowns donnent aux patients la possibilité de rire, de rêver et d?oublier la maladie, ne serait-ce qu?un instant.

Alors, le rire mérite peut-être qu?on le prenne plus au sérieux ! Si vous êtes à la recherche d?un antidote contre le stress et la déprime, optez pour le rire. Avec la rirothérapie, pas besoin de prescriptions ni d?argent. Il y a le rire passif, celui qui nous gagne devant un Mr Bean. Il y a le rire actif, le rire intérieur qui nous apporte un bien-être en profondeur. Faites votre choix. « Nous ne rions pas parce que nous sommes heureux. Nous sommes heureux parce que nous rions. » C?est le mot de la fin de Maurice d?Arifat. Quoi ajouter à cela ?

PARENTHESE

Pleurer, ça fait du bien aussi !

Pleurer, c?est humain. C?est une manière de mettre des mots sur les émotions et cela peut panser bien des maux. C?est en tout cas l?avis du psychologue, Vijay Ramanjooloo. « Mais dans une société qui bouge vite, on a l?impression qu?on n?a pas le droit de montrer sa fragilité, on a besoin de paraître toujours en bonne santé. Et pour les hommes, ne pas verser de larmes, c?est comme un héritage patriarcal », explique-t-il. Certes, les pleurs ont toujours été considérés comme une marque de faiblesse et pour les garçons, surtout, comme un manque de virilité.

Mais les larmes font du bien pourtant. Elles sont révélatrices de nos émotions, de nos joies ou de nos peines. Elles nous libèrent des tensions, nous soulagent, nous vident d?un poids. Certes, nos problèmes ne sont pas pour autant résolus une fois qu?on a pleuré. Mais en faisant une pause, on est plus serein et on réfléchit mieux, car les larmes permettent une meilleure élimination des molécules responsables du stress ou de toxines apparues sous l?effet du stress. Qui plus est, pleurer avec quelqu?un, c?est aussi communiquer, partager quelque chose de soi. Et se laisser aller à ses émotions de temps en temps, c?est mieux que de se renfermer et d?être agressif ensuite.

« Ce qui est grave, c?est le fait de ne pas pleurer. On met sur pied des mécanismes défensifs intérieurs, on empêche ses émotions de monter et quand l?émotion est bloquée, elle ressort de manière déguisée et cause des problèmes plus graves », explique le psychologue. Une étude a démontré que pleurer diminue la tristesse ou la colère d?environ 40 %. D?ailleurs, on se sent toujours plus léger quand on a pleuré. Petite parenthèse : on dit que les femmes, de leur puberté à leur ménopause, pleurent en moyenne quatre fois plus que les hommes?

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