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Le retour d?Hervé-Masson en sa patrie
Il avait des convictions. Hervé-Masson a eu le mérite de les garder jusqu?au bout. Jusqu?au point de non-retour. Son moteur : la provocation. Autodidacte et passionné, le peintre a trouvé un style propre, une modernité avant-gardiste au travers du prisme des ?métaformes?, d?une plastique figurative et sensuelle. Le quinzième anniversaire de sa mort ? Hervé-Masson décède le 13 mai 1990 ? est l?occasion de lui consacrer une rétrospective. 70 tableaux, principalement des huiles, accrochées au Mahatma Gandhi Institute (MGI) jusqu?au 2 juillet.
Procédant à l?inauguration, le Premier ministre (PM), Paul Bérenger, s?est remémoré les visites qu?il a rendues au peintre dans son atelier de la rue des Amandiers à Paris. Il y a surpris l?artiste à l??uvre, qualifié d?un des plus grands qu?ait connus le pays. Il y a aussi rencontré un ami.
Se souvenant également de l?acteur et observateur critique de l?Histoire, le Premier ministre a annoncé que la promenade du Trou-aux-Cerfs, à Curepipe, porterait dorénavant le nom de promenade Hervé-Masson. Hervé-Masson fut en effet une figure marquante de la vie intellectuelle de la ville-lumière. En 1948, son engagement politique le pousse d?abord du côté des Rouges. Après l?indépendance, le gouvernement travailliste lui crée un poste sur mesure de conseiller artistique. Mais il est impossible d?empêcher Hervé-Masson de s?exprimer.
?Année de braise?
Ame d?opposant ? Sans doute. Toujours est-il que, fonctionnaire attaché au ministère de l?Education, Hervé-Masson devient l?éditorialiste anonyme du Militant. Cette époque, où les vendeurs de journaux déchiraient en deux les pages de ce journal pour les vendre séparément, le Premier ministre la retrace, surnommant 1971 ?année de braise?.
Cette année-là, Hervé-Masson est délégué du MMM, prend la parole dans les meetings. Passé rédacteur en chef de l?organe de presse du parti, il est incarcéré, avec Dev Virahsawmy, Paul Bérenger et Fareed Muttur. Un moment de tourmente où, relate le PM, le commissaire de police, un ancien camarade de classe de Hervé-Masson, cherche à récupérer ses dessins réalisés en prison, pour prétendre que ?les détenus n?étaient pas si mal lotis?!
Aujourd?hui, la rétrospective mise en place par la fille de l?artiste, Brigitte, son biographe, Bernard Lehembre et le commissaire de l?exposition, Barbara Luc, restitue l?authentique valeur de cette ?uvre intemporelle.
Brigitte Masson a rappelé le long cheminement de ce projet qui a germé dans les années 90 et qui a pris sa forme actuelle en 2000, s?élevant au-dessus des clivages politiques. ?Ma démarche n?a pas été faite en tant que fille de l?artiste, mais comme citoyenne soucieuse de transmettre une partie du patrimoine aux nouvelles générations.? Le véritable déclic survient en 2002, quand l?Etat décide de l?achat d??uvres d?artistes contemporains. Un tableau signé Hervé-Masson ira alors orner les murs du bureau du PM. Prémices de la place de choix qu?est appelée à occuper son ?uvre, dans le musée d?art national annoncé, et que le PM dit vouloir concrétiser bientôt ?
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