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Le retour des champions
<B>Ils battaient Buckland...</B>
Nos athlètes auraient été plus nombreux à Athènes si… Mais c’est vrai qu’avec des si on reconstruirait le monde. Ils sont nombreux ceux qui auraient pu être à la finale du 200 mètres aux côtés de Stéphane Buckland jeudi soir.
Il n’y pas longtemps, Didier Rose était la bête noire de notre star. À plusieurs reprises, Stéphane Buckland se faisait damer le pion par ce sprinter du 100, 200 et 400 m.
Puis un beau jour, Didier Rose choisit de raccrocher ses crampons. Il devait choisir entre le sport et les études. Les études l’ont emporté, les leçons passant avant l’entraînement.
« J’ai des regrets. C’est vrai qu’en ayant fait des études, il y a quand même des choses qu’on ne pourra avoir : la gloire que le sport peut procurer », confie Didier Rose, aujourd’hui diplômé en gestion.
Nicolas Pilot était aussi de ces sprinters qui avaient un avenir fort prometteur. « A l’époque, il n’y avait pas de rencontres de haut niveau, mis à part les Réunionnais qui venaient se frotter à nous. » Il a donc fait une croix sur sa carrière sportive.
Daniel André, premier athlète mauricien à participer aux Jeux olympiques en 1984 et également entraîneur rodriguais qui a découvert Eric Milazar, estime, pour sa part, qu’un sportif peut être bon sur le terrain mais ne vaut rien « s’il n’a pas la motivation nécessaire ». « La différence entre eux et Stéphane, c’est que lui a accepté de faire des sacrifices », souligne-t-il.
Anand Sukraj abonde dans le même sens. Pour ce chef de la délégation d’athlétisme à Athènes et professeur d’éducation physique au collège de Lorette de Mahébourg, un athlète doit être fort mentalement et suffisamment motivé pour aller jusqu’au bout de ses ambitions.
Ce lecturer auprès de l’International Association of Athletics Federation a d’ailleurs été le moniteur d’éducation physique de Désiré Periatambee quand ce dernier étudiait au Curepipe College. Le footballeur international avait des dispositions pour le sprint et, en se donnant à fond dans le sport, a obtenu le succès fulgurant qu’on lui connaît.
<B>Cinq raisons pour pratiquer un sport</B>
Anand Sukraj explique que nos jeunes ont cinq raisons qui les poussent à pratiquer un sport : pour suivre les traces d’un proche, pour des raisons de santé, pour imiter les amis ou grâce aux infrastructures à leur disposition. Dans le dernier cas, ils veulent être célèbres et aspirent à devenir des pointures comme Stéphane Buckland, Jonathan Chimier ou Eric Milazar.
Mais à un âge donné, ces mêmes jeunes mettent un frein à leur passion pour des raisons diverses : blessures, études, démotivation. Car, Anand Sukraj et les anciens athlètes cités le déplorent, le système éducatif « n’encourage pas l’émergence des talents… ». Un établissement scolaire mêlant sport et études serait le bienvenu.
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