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Le renouveau du maloya
Il avait fait un duo avec Ayo lors de la dernière édition du festival Sakifo, à la Réunion, il sera chez nous le 20 octobre, au Conservatoire François Mitterrand, Quatre-Bornes, pour un concert intimiste avec son maloya «kabosé» qui donne du blues à l?âme. Voix d?un maloya nouveau, Davy Sicard, un Ker Maron qui procure à la musique réunionnaise des allures de blues.
Il est, dit-on, «adepte d?un maloya moderne et envoûtant.» Davy Sicard incarne le renouveau d?une musicalité traditionnelle d?une île. Auteur, compositeur, interprète, il est considéré actuellement comme l?une des plus belles voix de son île.
Revendiquant un maloya «kabosé», Davy Sicard donne à sa musique un autre sens, partageant ainsi la «même sagesse et la même vision que Ben Harper ou feu Ali Farka Touré.» Mélangeant ou alternant entre le blues-maloya, le reggae, le rock et le funk, le monde de Davy Sicard est une explosion musicale constante.
Ce Réunionnais, né à Colombes en banlieue parisienne, d?un père malgache et d?une mère réunionnaise, semble être spécialiste du hasard. Sa musique est métissée comme la Réunion, qui est le reflet d?une longue recherche, d?un besoin de retrouver ses racines africaines, malgaches mais aussi européennes. Mélangent les cultures, il livre un maloya moderne sans pour autant oublier la sonorité traditionnelle. C?est au travers de son dernier album Ker Maron, à 33 ans, qu?il se dévoile au monde.
<B>Lassitude</B>
Auparavant, soit en 2003, il sort un album, Ker Volkan, tiré à 1000 exemplaires. Mais la lassitude se fait sentir. Il songe à arrêter la musique. L?année suivante, retournement de situation : un manager le repère et tout s?enchaîne. Il signe chez Warner et livre Ker Maron.
Ce disque révèle un artiste éclectique qui raconte son rêve, ses souffrances et son histoire, en français ou en créole avec des mots justes, le ton mesuré et le c?ur sincère. Avec Ker Marron, c?est le côté profond et non cliché de l'Afrique qu?il met en avant. Un disque qui se veut «un parcours initiatique? sa propre quête identitaire.» Il propose ici une immersion totale et des réflexions intenses d'un autre point de vue.
Le vécu de Davy Sicard s'exprime dans ces textes avec une écriture proche d'Alpha Blondy, dont il a déjà fait la première partie. Provoquant des émois, des frissons lorsque les ch?urs reprennent les paroles de l'interprète, une sorte d'ambiance puissante intrigante s'en dégage offrant un rêve rempli de visions colorées. L?interprète délivre un flot d'émotions aisément perceptibles au travers d'intonations puissantes et de quelques effets sonores donnant une atmosphère encore un peu plus proche du continent noir tel que l'on peut se le représenter dans la conscience collective.
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