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Le recours à un seul médecin pour une famille envisagé
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Le recours à un seul médecin pour une famille envisagé
Le manque de médecins reste la plaie des hôpitaux, disent les représentants de ces professionnels de la santé. Mais Satish Faugoo, ministre de la Santé, soutient que tel n?est pas le cas. Même pour les spécialités, les autorités prennent des mesures, dit-il. Un concept refait surface : celui du médecin de famille.
Pour le Dr Baboo Servansing, secrétaire de l?association représentant des spécialistes, la situation est catastrophique pour certaines spécialités : «Il y a un manque aigu de cardiologues, d?anesthésistes, d?ophtalmologues, de chirurgiens et de spécialistes en médecine interne. Dans certains départements, comme la chirurgie, il faut faire appel à ceux qui partent à la retraite.»
En revanche, pour Nizam Mohit, représentant des médecins généralistes, «le rapport du PRB (NdlR : Pay Research Bureau), de même que le ministère de la Santé, affirment que le nombre de médecins généralistes est suffisant. Je ne conteste pas cela. Mais pour corriger les problèmes de congestion dans les hôpitaux, il faudrait que des médecins ne fassent pas de l?administration. Ce qui nous prive de ressources. Une réorganisation est nécessaire».
«Assurer une meilleure prise en charge»
Longtemps promis, le principe d?un médecin de famille ressurgit. Ce projet à long terme visera surtout à mettre fin aux congestions quotidiennes que l?on constate dans les hôpitaux. Le ministre de la Santé tentera, par le biais de cette initiative, d?y remédier.
Toutefois, compte tenu de la complexité du projet, sa mise en ?uvre prendra du temps. «Nous étudions sérieusement les implications de ce projet. Les premiers contours du concept font l?objet de discussions. Nous souhaitons que chaque famille dans sa région soit rattachée à un médecin généraliste figurant sur un registre. Pour des soins plus spécialisés, c?est là que les hôpitaux interviendront. Je suis convaincu que cela va assurer une meilleure prise en charge», dit le ministre. Maurice compte s?inspirer de l?expérience britannique pour définir les modalités du projet.
Dans ce contexte, le ministère de la Santé aura recours à la collaboration de médecins privés. Mais Satish Faugoo est bien conscient que ce principe exige un changement d?attitude : «Il faudra que les gens comprennent que l?hôpital ne devra pas être le recours pour toutes les maladies. Tant que nous ne gagnerons pas cette bataille au niveau des mentalités, il sera plus difficile d?entreprendre cette réforme aussi majeure.»
Honoraires moins élevés promis
Les médecins privés, ayant quelque peu anticipé cette idée des autorités, ont également proposé une collaboration privé-Etat. Pour le président de la Private Medical Practitioners Association (PMPA), le Dr Isshack Jowahir, «l?Etat peut économiser énormément d?argent s?il opte pour la proposition que nous avons faite. Et cet argent économisé pourra être utilisé pour faire avancer le projet».
Il est en fait question de contract out la prise en charge des patients souffrant de diabète et d?hypertension. Ceux-là sont de cette catégorie de malades qui inondent chaque jour les hôpitaux.
Le Dr Jowahir explique : «Nous savons que les complications des diabétiques et des hypertendus sont souvent une charge financière supplémentaire pour le gouvernement. Ces patients sont appelés à avoir des rendez-vous dans un délai de trois mois à l?hôpital. Et c?est souvent pour renouveler leurs médicaments, sans même qu?ils aient besoin de voir le médecin. Nous proposons des rendez-vous plus réguliers.»
Les médecins privés promettent de pratiquer des honoraires moins élevés, un des objectifs étant de réduire les files d?attente dans les hôpitaux. Cette mesure devra être une situation à avantages réciproques pour l?Etat et pour le privé, dit le président de la PMPA.
Cependant, dans certains milieux à la Santé, cette démarche des médecins privés n?est pas vue d?un bon ?il. «L?émergence de plusieurs projets privés à faible coût est une concurrence qui les fragilisent. Ils essayent d?assurer leurs arrières», soutient une source. Ces propositions soulèvent des interrogations : «Quand on traite un patient, le système assure un accountability (NdlR : responsabilité). Qui sera redevable envers qui dans ce contexte ?»
Pour sa part, Satish Faugoo dit étudier les propositions qui s?alignent sur le concept de médecin de famille. Cependant, note-t-il, le nombre de médecins généralistes dans les hôpitaux est gérable, sauf pour certaines spécialités. Même si les médecins des hôpitaux ne partagent toujours pas cet avis.
Les hôpitaux du pays emploient actuellement 479 médecins généralistes et une centaine de spécialistes. Le ministère de la Santé indique qu?il n?y a que 11 vacances pour des médecins généralistes.
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