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Le public ne croit pas que la corruption diminuera <i>(1)</i>
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Le public ne croit pas que la corruption diminuera <i>(1)</i>
SI LA perception reflétait exactement la réalité, on aurait de sérieuses raisons de s?inquiéter ! Les résultats du National Perception Survey of Corruption in Mauritius, commandé par l?Independent Commission against Corruption (Icac) ont été rendus publics, hier. Si, en général, les conclusions n?étonnent pas, elles comportent néanmoins quelques petites surprises.
Le plus important, selon Amédée Darga, le consultant de StraConsult, qui a réalisé l?enquête, c?est que les Mauriciens ne voient pas un possible recul de la corruption. 67,7 % des personnes interrogées pensent qu?il n?y aura aucun changement ou, pire encore, s?attendent que la situation empire.
Les politiques arrivent en tête du hit-parade de ceux perçus comme engagés dans des pratiques corrompues ? les ministres à 50,3 %, suivis de près des députés à 42,8 %. Par ailleurs, au niveau des institutions perçues comme les plus corrompues dans le collimateur des Mauriciens, la douane se retrouve en tête. (Voir tableaux).
Même si la police arrive en deuxième position dans cette catégorie, elle reste avec l?Icac une des institutions préférées pour dénoncer les cas de corruption. Elle talonne de près cette dernière qui est en tête du tableau avec 34,4 % de préférences. Le troisième recours reste les radios privées, toutes catégories confondues. La presse (4,1 %), les députés (1,2 %), l?Ombudsman (1,7%) arrivent assez loin derrière.
Les citadins préfèrent l?Icac
Fait intéressant : les sondés des régions rurales préfèrent la police (40 %) à l?Icac (34,3 %). Alors que les citadins s?adresseront à l?Icac (34,6 %) plutôt qu?à la police (24,7 %), ceux qui ont fait des études (secondaires et tertiaires) préfèrent de loin l?Icac à la police alors que la tendance est nettement inversée pour ceux qui ont reçu une instruction élémentaire.
Contrairement à ce qu?on aurait pu croire, la volonté de dénoncer existe. Plus de 58,6 % de ceux interrogés souhaiteraient dénoncer. Même s?ils sont assez partagés dans le service civil, plus de 50 % des fonctionnaires disent leur volonté de rapporter un cas de corruption. Mais c?est dans les institutions parapubliques que la détermination est la plus grande. 71,6 % des sondés n?hésiteraient pas de le faire.
La volonté ne suffit pas. Une grande majorité ? 69,8 % ? des interviewés ne connaît pas les étapes à suivre pour une dénonciation. StraConsult note ainsi que, malgré une campagne agressive depuis un an et les 184 séminaires de l?Icac, un gros travail reste à faire. Les raisons qui peuvent toutefois refroidir les dénonciateurs restent les problèmes à venir après avoir dénoncé. La peur des représailles est le deuxième facteur qui met un frein à la dénonciation.
L?Icac est bien perçue dans l?opinion publique pour sa volonté de combattre la corruption. 86 % estiment que cette institution est ?positivement engagée? et 2,3 % qu?elle est ?très peu engagée?. Les journalistes sont aussi très crédibles sur leur volonté de combattre la corruption. 74 % des sondés font confiance aux journalistes alors que 16 % pensent qu?ils sont peu engagés dans ce combat. Les hommes des médias sont suivis du judiciaire et des enseignants.
Les politiciens de l?opposition ont une légère avance sur ceux du gouvernement sur la question. 60, 4 % les croient ?positivement engagés? contre 58,7 % pour ceux de la majorité. Le gouvernement est crédité de 36 % pour son ?peu d?engagement? alors que l?opposition recueille 33 % des faveurs des sondés.
2 100 personnes sondées
Mais l?Icac ne jouit pas des mêmes faveurs sur la question d?indépendance. Seuls 11,4 % des interviewés la perçoivent comme totalement indépendante dans ses enquêtes. La perception est que 34,6 % estiment que la commission jouit ?d?une assez grande indépendance? alors que 24,3 % optent pour ?pas trop d?indépendance? et 22 % pour ?beaucoup d?indépendance?. La prochaine cible de l?Icac, selon cette étude, devrait être les douanes, la police et le département de l?impôt. Face à une douzaine de préoccupations que StraConsult propose aux interviewés, la corruption reste en tête des trois problèmes les plus sérieux à Maurice avec 20,1 %. Les deux autres sont le chômage et la drogue.
Cette étude a été réalisée en octobre 2003 et a touché 2 100 personnes, dont 300 à Rodrigues. Lors de son intervention à la présentation, le commissaire de l?Icac, Navin Beekarry, a assuré ?qu?utiliser des études pour combattre la corruption est une pratique commune. Plusieurs organisations internationales dont la Banque mondiale, l?Icac de Hong Kong, Transparency International ont utilisé cette méthode pour élaborer des stratégies?. Cette étude a été financée par le Programme de développement des Nations unies (PNUD).
Cette étude, selon StraConsult, indique la ?perception cynique des Mauriciens qui croient essentiellement que le niveau de la corruption se dégradera, ou au mieux, restera au même niveau?. La firme de consultants estime donc que la bataille la plus importante de l?Icac sera sa capacité de renverser cette attitude pessimiste.
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