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Le PTr : place aux femmes !
Devant une salle bondée de femmes, Navin Ramgoolam s?érige comme le défenseur de la gent féminine. Il présente son parti comme la seule formation politique qui a à coeur l?intérêt des femmes, d?où sa décision d?amender la constitution du Parti travailliste (PTr), afin qu?au moins une femme par circonscription soit présente au sein du comité exécutif du parti.
« Les femmes représentent plus de 51 % de la population. Il faut qu?elles puissent participer pleinement dans la politique. On ne doit plus considérer les femmes comme de simples agents politiques », a exhorté hier Navin Ramgoolam à l?auditorium Octave Wiehé, lors du congrès féminin, organisé en marge de la Journée internationale de la Femme.
Le leader travailliste estime que ce sont les femmes qui l?aideront à reconquérir le pouvoir : « Mo conné zotte pou marche avec nous parce qui c?est nous qui pou amène pli beaucoup madames dans Parlement. »
Il a rappelé que le PTr avait présenté, lors des dernières législatives, huit candidates, alors que le MSM-MMM n?en avait présenté que cinq. « Malgré cela, nos candidates n?ont pas été élues. Les mentalités doivent changer. Le gouvernement ne peut se résumer à une affaire d?hommes. »
A terme, il faudrait que l?hémicycle contienne au moins 30 % de députées. « C?est une honte. Avec 5,7 % de femmes, nous occupons la dernière place du classement des pays de la SADC. »
Selon le leader du PTr, il faudrait un changement dans la loi afin de corriger cette injustice : « La responsabilité est entre les mains des partis politiques. Idéalement, les partis auraient dû changer d?eux-mêmes, en faisant davantage de place aux femmes. »
La présidente de la Womens? League des rouges, Sheila Bappoo, avait auparavant lancé un appel à Navin Ramgoolam : « Rôle femmes, c?est pas ziste faire agents pou partis politiques. Pas capave chaque fois, nous dire bisin vote missié. Mais quand nou pou dire vote madame ? »
Elle a expliqué sa position sur la réforme électorale : « Je ne suis pas contre un quota de femmes députées, si cela constitue le seul moyen de faire entrer les femmes au Parlement. Pour moi, la sous-représentation de femmes ne peut plus durer.»
Les autres orateurs ont mis l?accent sur les hausses de prix des produits ménagers et sur la réforme de l?éducation qui est un « véritable fiasco ». Toutes les femmes présentes ont bruyamment voté une résolution : « Le ministre Steve Obeegadoo doit démissionner. »
En réunissant environ un millier de femmes, venues des différentes circonscriptions de l?île, et en jouant à fond la carte féministe, le PTr a frappé un grand coup. Il marque une longueur d?avance sur l?alliance MSM-MMM qui célèbre l?occasion la semaine prochaine.
Mais à l?intérieur du PTr, il y a quelques problèmes. Navin Ramgoolam a demandé à ses partisans de rester solidaires et mobilisés. Puis il a dit : « Il ne faudrait pas créer de division entre nous. Pas de jalousie, pas de mesquinerie. Au contraire, il faut consolider le parti. J?espère que vous comprenez... »
Arvin Boolell a bien voulu décoder ce message pour nous : « En fait, il y a une pression terrible actuellement pour accéder au comité exécutif du parti. Il y a comme une compétition. Mais c?est un bon signe. Cela prouve que la popularité du PTr est grandissante... »
Au gouvernement maintenant de prouver sa côte de popularité auprès des femmes. Il tient son congrès féminin dimanche prochain au Plaza. Entre-temps, les discours louangeurs sur les femmes vont continuer. Les politiciens ne les oublient pas : elles constituent le plus gros réservoir de votes du pays, bien plus que les groupuscules qui s?agitent ces derniers temps...
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