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Le PTr peut-il se passer de Ramgoolam ?

20 juin 2007, 20:00

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Le PTr peut-il se passer de Ramgoolam ?

L?on sait que l?espoir socialiste en France, suscité par la performance remarquée de Ségolène Royal (elle fait mieux que Lionnel Jospin), affaibli par un 1er tour législatif catastrophique, revigoré par un 2nd tour inespéré, place ses ultimes espoirs dans d?imminentes élections municipales. Les militants roses s?endorment au son de la nouvelle berceuse : ?On n?a pas eu l?Elysée mais nous conserverons nos mairies !?

On ne peut prétendre que notre Parti travailliste, écrasé par les bulldozers du 11 juin 1982 et des 200 000 participants au meeting de la réconciliation nationale (voir l?express d?hier) espère, au lendemain de sa cuisante défaite, d?il y a 25 ans, remonter la pente à la faveur d?élections municipales également imminentes (elles auront lieu en octobre 1982). Advance, défunt journal ramgoolamien, annonce en tout cas, le 19 juin 1982, que le PTr participera aux élections municipales et mêmes villageoises (une première). Il trouve, à cet effet, des accents aussi convaincants que ceux de François Hollande, autrement dit Mr Ex.

En cette mi-juin 1982, l?heure n?est pourtant pas à une éventuelle participation rouge aux municipales annoncées, en dépit de la nomination d?une quarantaine de nouveaux commissaires administratifs pour gérer bien temporairement les municipalités et les districts jusqu?à l?élection de nouveaux conseillers. Au lendemain d?une mémorable défaite, le PTr essaye de se poser la question du ?quel avenir pour le PTr sans Ramgoolam ?? Les réponses à cette question pourtant cruciale, sinon crucifiante, sont pour le moins confuses, à l?image d?un PTr qui marche bien mais sans toujours savoir dans quelle direction.

Confusion d?abord au niveau du leader, l?octogénaire Chacha Ramgoolam. Il vient pourtant d?acquérir l?habitude de la démission puisque, le 15 juin 1982, il remet celle de son Cabinet à son homme au Réduit, Sir Dayendranath Burrenchobay. Ce dernier ne peut que l?accepter. Il refait, le 24 juin, ce geste en direction cette fois de l?exécutif du PTr. Dans une pieuse unanimité, ce dernier refuse la démission de son leader. Il est vrai que ce conseil de direction dispose d?un champ de man?uvre plus vaste que celui du gouverneur général. SSR a alors la faiblesse d?accepter le refus de son exécutif. Il demeure à la fois la carte maîtresse et le boulet de son parti. Qu?il reste ou qu?il s?en aille, son ombre paralysera pendant encore longtemps son successeur à la tête du parti. Bref, on prend les mêmes pour le changement attendu.

Il confie à la presse indépendante ses états d?âme. Il estime son PTr victime de l?incompréhension des Mauriciens. Il confesse, comme Jagatsingh, que la défaite travailliste est désastreuse. Il consultera son inner circle si jamais le MMM-PSM réitère sa proposition voilée qu?il devienne le premier président de notre République (proposition annulée après le scandale des faux documents libyens). Il accueille favorablement les amendements constitutionnels du MMM-PSM de tenir obligatoirement des élections générales tous les cinq ans. ?Le nouveau gouvernement fera bien?, assure-t-il. Il rappelle qu?en 1979 (pendant les grèves générales d?août ?) il a voulu démissionner comme leader du PTr. L?exécutif a refusé. Cette fois-ci, il est bien décidé à se retirer que l?exécutif l?accepte ou non (l?on sait ce qu?il advient de sa détermination).

Sophia lui reproche d?être mal entouré. De vrais loups rôdent autour de lui, mêlés à quelques collaborateurs sincères. Grâce à sa présence historique, il nous a peut-être sauvés du pire, estime-t-elle. Elle est de ceux qui proclament : Il ne faut pas qu?il s?en aille. Il a été battu. C?est arrivé à d?autres et non des moindres. Ses vainqueurs partagent d?ailleurs les rêves de sa jeunesse socialiste, idéaliste. Ils le respectent davantage que les parasites qui pullulent autour de lui.

Tous ne partagent pas ces propos si apaisants. Heeralal Bhugaloo, le 15 juin, parle déjà d?un PTr assommé par ?manque de leadership?. Et il s?y connaît en matière de leadership, lui qui a quitté le MMM, en raison d?un leadership trop autoritaire et inacceptable à son avis. Il cite, à cet effet, son article intitulé : ?Les dix péchés capitaux (et non capitalistes) du PTr?, paru dans The Hindu. Il a accepté d?être candidat de SSR mais le c?ur (mauve ?) n?y était pas. On l?a mis avec Doongoor au No 6. SSR fine mette homard ek ourite dans même casier ! Sajadah est taxé de candidat de dernière heure, parachuté par Jagatsingh.

L?heure est de nouveau à la contestation au sein du PTr : pourquoi l?alliance avec le RPL et le groupe François ? Pourquoi les consultants amerloques ? Cinq tendances se chamaillent même au sein du PTr. Il y a les vieux de la vieille (à ne pas confondre avec la vieille ferraille), eux-mêmes divisés en quatre clans, il y a les jeunes qui veulent réorganiser le vieux PTr à la sauce militante, il y a ceux qui promeuvent un combat syndical ou journalistique (merci Advance !) Bref une énième querelle d?anciens et de modernes.

L?avenir du PTr pourrait résider dans quelqu?un faisant partie du clan ramgoolamien mais qui n?aura rien à voir avec les facteurs ayants causé la désastreuse défaite travailliste du 11 juin 1982. Quelqu?un pouvant se défaire du boulet tout en conservant la carte maîtresse. Et si cet oiseau rare ne se trouve pas à Maurice, les bonnes fées, qui se penchent sur ce parti, iront le chercher au besoin au bord de la Tamise. Mais sait-il seulement ce qui s?est passé à Maurice le 11 juin 1982 ?

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