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Le projet «Pentasoft» renaît de ses cendres

23 avril 2005, 00:00

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Remise timide sur les rails d?un ambitieux projet qui avait retenu l?attention début 2001. La multinationale indienne Pentasoft comptait investir Rs 700 millions sur plus de dix arpents à Rose-Belle pour développer ses cyber-activités à Maurice. Après des négociations très avancées avec le gouvernement, les choses en étaient restées là. Plus aucune nouvelle.

Mais, depuis mi-avril, il y a du développement dans l?air. Avec le rachat de Pentasoft par une autre compagnie indienne, Silicon Valley Infotech (SVI), le projet mauricien revient dans l?actualité.

«Le gouvernement mauricien avait réservé dix arpents pour Pentasoft pour des développements dans le domaine informatique. Notre compagnie reprend ce projet pour mettre sur pied ce IT (Information Technologies) Park», a déclaré Santosh Kumar Jain, directeur général de SVI à des journalistes indiens la semaine dernière.

Au niveau mauricien, ces propos sont pris très au sérieux et des démarches sont initiées pour tirer les choses au clair. Business Parks of Mauritius Ltd (BPML), gérante de la cybercité et du parc informatique de Rose-Belle, qui avait pratiquement finalisé le bail pour les terres devant servir au projet de Pentasoft, ne compte pas rester les bras croisés. «Nous allons re-contacter les nouveaux actionnaires de la compagnie pour voir s?ils sont sérieux sur ce qu?ils ont dit», confie Chand Bhadain, président de BPML.

Si la direction de SVI affirme vouloir redémarrer le projet, son format est encore inconnu. «Le conseil d?administration n?a pas encore décidé du quantum de l?investissement nécessaire», indique Santosh Kumar Jain.

Toucher le monde francophone

Pentasoft était arrivée très loin avec son projet avant de l?abandonner. L?entreprise comptait employer 500 personnes, assembler du matériel informatique et développer des logiciels à Maurice. Pour trouver du personnel, elle avait notamment l?intention de dispenser des cours de différents niveaux en informatique avec l?université de Maurice.

Elle avait adressé une demande à la Banque de Maurice pour des opérations de e-banking, des services bancaires sur Internet. Et Pentasoft ne comptait pas s?arrêter en si bon chemin. Elle allait lancer une télévision sur l?internet, en plusieurs langues, en collaboration avec une compagnie de télécommunications. L?adresse www.num-tv.com, pour New Millennium TV, avait d?ailleurs déjà été réservée.

À l?époque, Pentasoft était numéro trois mondial des entreprises de création multimédia. Le marché anglophone étant saturé, la compagnie voulait utiliser Maurice pour toucher le monde francophone. La cyberville que comptait bâtir Pentasoft à Maurice allait être responsable de toutes ses activités en Afrique.

«Du jour au lendemain, nous n?avons plus rien entendu. Ils avaient totalement disparu de notre paysage», affirme-t-on à l?Hôtel du gouvernement. Le crash de la bulle Internet au début de ce nouveau siècle avait eu des conséquences fâcheuses pour la compagnie. Sans doute est-ce la raison pour laquelle Pentasoft a fait marche arrière pour son projet mauricien. Espérons que le nouveau propriétaire de l?entreprise pourra, lui, aller de l?avant.

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