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Le prix des carburants à l?épreuve de la flambée des cours mondiaux

30 septembre 2007, 20:00

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Les produits pétroliers seront sous les feux des projecteurs aujourd?hui avec la réunion de l?Automatic Pricing Mechanism (APM) de la State Trading Corporation (STC). L?APM doit prendre une décision sur le prix de l?essence, du diesel et de l?huile lourde alors que les cours mondiaux du pétrole sont à des niveaux records, soit au-delà des $ 80.

Lors du dernier exercice de l?APM le lundi 2 juillet, le litre d?essence était passé de Rs 32,50 à Rs 39. Le litre du diesel était fixé à Rs 29,70, soit Re 1,35 plus cher. L?huile lourde avait enregistré une hausse de 20 %, passant de Rs 11,51 à Rs 13,38.

Les arguments mis en avant pour expliquer ces hausses (prix élevé des produits pétroliers bruts et raffinés sur le plan international, coût du fret en hausse?) sont toujours d?actualité. Mais d?autres sources d?instabilité telle la saison cyclonique dans le golfe du Mexique ont empiré la situation.

Le cours du brut a fluctué entre $ 70 et $ 81 durant le dernier trimestre. Les produits pétroliers raffinés tels l?essence, le diesel, le fioul lourd et le kérosène suivent la tendance. La structure du prix des produits pétroliers raffinés comprend deux principaux composants à savoir le cours de base (Platts) et les primes qui incluent le fret, l?assurance et les marges du fournisseur.

Maurice importe la totalité de son pétrole de la Mangalore Refinery and Petrochemicals Ltd (MRPL) de l?Inde. Le pays s?approvisionnera auprès de ce fournisseur d?ici 2010, selon un accord entre celui-ci et la STC. ?Les prix des produits pétroliers ont flambé sur le marché international et cela devrait être répercuté à la prochaine révision de prix. Toutefois, on ne peut prédire l?envergure de l?impact. Il y a encore trop d?opacité autour de l?accord entre la STC et la MRPL?, avance un observateur du marché pétrolier. ?L?Organisation des pays exportateurs de pétrole ne compte pas augmenter la production pour soulager le cours du brut. Et les problèmes de capacité de raffinage persistent.?

En effet, les raffineries font face à de sérieuses contraintes en termes de capacité de raffinage. Le déficit de produits raffinés met de la pression sur les prix. Les foyers de tension politique au Moyen- Orient et au Nigeria n?offrent aucun répit aux cours du brut. Il faut ajouter à cela l?appétit grandissant des économies émergentes telles la Chine et l?Inde. Mais il y a aussi des facteurs qui pourraient aider à absorber la hausse du coût des carburants.

Le dollar, devise avec laquelle Maurice paye sa facture pétrolière, s?est déprécié face à la roupie durant le dernier trimestre. L?évolution du taux des changes devrait alléger la note d?importation en termes de roupies.

L?accord entre la STC et MRPL permet une certaine stabilité pendant la durée du contrat. Les primes (qui incluent le fret, l?assurance et les marges du fournisseur) sont fixées à l?avance. Ainsi même si le coût du transport ou l?assurance augmente d?ici trois ans, cela ne se répercutera pas sur le prix à la pompe. Seuls les cours Platts sont pertinents à l?exercice de l?APM d?aujourd?hui si les conditions de l?accord avec la MRPL sont appliquées.

?Le calcul de l?APM doit aussi tenir compte des gains exceptionnels réalisés par les compagnies pétrolières lors de la dernière augmentation des prix. Elles devront rembourser ces gains cette fois-ci?, affirme Mosadeq Sahebdin, porte-parole de l?Institut pour la protection des consommateurs. ?Certes, le prix du baril brut évolue au-delà des $ 80. Mais le cours a été à un niveau inférieur durant la majeure partie du trimestre?, fait-il ressortir.

Il demande aux autorités de faire preuve de vigilance face aux stations-service qui pourraient limiter la vente des carburants aujourd?hui afin de pouvoir réaliser des gains exceptionnels sur leurs stocks en cas d?augmentation du prix.

Sa demande de vigilance s?applique également aux compagnies pétrolières. ?Certaines compagnies ont trouvé une astuce pour limiter la fourniture à la veille d?une hausse de prix. Leurs camions-citernes quittent leurs dépôts mais n?alimentent pas les stations-service ce jour-là. Il faut que la Consumers? Protection Unit sévisse contre ces pratiques.?

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