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Le prix de la démagogie

6 août 2007, 00:00

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Le prix de la démagogie

<B>Par Raj MEETARBHAN</B>

Les électeurs qui avaient imaginé en 2005 qu?un gouvernement pouvait changer leur vie en baissant les coûts de leurs achats doivent déjà avoir tiré la leçon de leurs erreurs. Ils savent désormais que les dirigeants politiques ne sont pas capables de peser sur les fluctuations des prix. Gouvernement et consommateurs constatent aujourd?hui, avec impuissance, les flambées persistantes des prix.

Ce week-end, les consommateurs ont reçu un coup de massue supplémentaire avec l?annonce de la hausse de l?électricité. Mais, une fois de plus, c?est une hausse qui est provoquée par des facteurs exogènes. La volonté politique n?y est pour rien. Cette augmentation, pour douloureuse qu?elle soit, intervient de manière presque mécanique. Le gouvernement aurait mis le CEB dans une situation dangereuse et ruineuse s?il s?était opposé à cette hausse.

Le fuel que nous importons pour la génération d?énergie électrique contribue à 56 % à la production nationale d?électricité. Le charbon, également importé, participe à hauteur de 21 %. La bagasse et l?hydroélectricité ne comptent que pour 23 %. Avec l?envolée des cours mondiaux des produits pétroliers, le prix de l?électricité ne pouvait qu?augmenter.

L?incompréhension des consommateurs face à ces réajustements de prix résulte notamment de la démagogie des partis politiques, quels qu?ils soient, de faire accroire que c?est le gouvernement du jour qui détermine les prix. Souvent, il se trouve des ministres qui ajoutent à la confusion en renforçant la perception qu?il est possible d?administrer les prix. Quel signal donne la ministre Indranee Seebun quand elle convoque à son bureau les importateurs de grains secs et de lait en poudre ? Veut-elle donner l?impression qu?elle est en mesure de donner des conseils au secteur privé sur la stratégie de commercialisation de tel ou tel produit ?

L?intervention de la ministre est inopportune. Contrairement à Rajesh Jeetah, qui s?est assagi après ses péripéties avec Amul et Desbro, Indranee Seebun pense encore qu?elle peut arrêter les prix de prendre l?ascenseur. En menant cette opération, elle a cru démontrer qu?elle assume son rôle de protectrice des consommateurs. C?est une politique à courte vue. Sa démarche joue en faveur de l?opposition qui cherche à associer les hausses à l?incompétence du gouvernement.

Seebun ou pas, le lait en poudre a encore manqué ce week-end sur les rayons des supermarchés. Les prix des grains secs disponibles ont atteint des sommets inimaginables. Ce sont, bien entendu, des perturbations sur le marché international et les changements climatiques qui expliquent ces difficultés d?approvisionnement. La politique de l?Etat n?est pas en cause.

Parlant de la hausse du coût de la vie, alors qu?il était dans l?opposition, Rajesh Jeetah se plaignait du fait que la pauvreté forçait des Mauriciens à consommer le thé sans lait. Dans le même registre de la démagogie, on peut lui répliquer que, maintenant, les constructions se font sans fer.

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