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Le privé peine à payer la compensation

3 mai 2006, 00:00

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La Mauritius Employers’ Federation (MEF) estime que les principaux piliers de l’économie, le sucre, la zone franche et le tourisme n’ont pas les moyens de faire face à une hausse des salaires à travers la compensation salariale annuelle.

C’est ce qui ressort d’un mémoire que l’association patronale a soumis hier avant le démarrage jeudi des négociations tripartites entre le gouvernement, les syndicats et le secteur privé pour déterminer le taux de compensation annuelle.

Examinant la situation économique, la MEF estime que les principaux indicateurs sont dans le rouge. La croissance est faible, le niveau des investissements bas, l’épargne très faible, les déficits budgétaires et de la balance commerciale “colossaux” et l’emploi en déclin.

Cette situation “appelle des actions urgentes, des politiques appropriées et une plus grande interaction entre les parties prenantes pour prévenir une détérioration de la situation et des effets négatifs sur la population”, soutient la MEF.

Pour démontrer l’inadéquation d’un système de compensation basée uniquement sur l’inflation, la fédération patronale fait ressortir que les salaires ont augmenté de 8,4 % en moyenne annuellement depuis 1995 tandis que l’inflation a augmenté de 5,6 %. De plus, la productivité de la main-d’œuvre a augmenté de 3,6 % seulement.

La MEF fait aussi ressortir que la zone franche et surtout le textile ont été durement touchés par l’abolition des quotas qui a causé une contraction de 13 %. L’emploi a aussi drastiquement baissé et la possibilité d’autres fermetures cette année n’est pas à écarter.

Arrêter l’hémorragie</B>

“Dans la conjoncture actuelle, la priorité est de mettre fin à l’hémorragie et de soutenir l’emploi à son niveau actuel. Nous pensons fermement que la priorité doit être de conserver le nombre d’emplois dans la zone franche au niveau actuel de salaires”, soutient la MEF.

Au niveau de l’industrie sucrière, l’association patronale met en avant la baisse de 36 % du prix du sucre sur quatre ans qui a déjà commencé et l’effort financier conséquent que doit faire l’industrie pour se restructurer afin de survivre.

“À la lumière d’un contexte aussi critique, nous pensons que la compensation salariale annuelle doit être revue car Maurice a évolué d’un environnement protégé à un environnement plus libéralisé. La politique salariale doit être plus flexible et être liée à la performance la productivité et les résultats financiers des opérateurs”, estime la MEF.

Pour ce qui est du tourisme, la fédération patronale fait ressortir qu’après des débuts prometteurs cette année, le chikungunya a joué les trouble-fête. L’industrie touristique encourra un manque à gagner de Rs 1 milliard pour la période de mars à juin. Certains opérateurs songent à réduire leur main-d’œuvre, met en garde la MEF.

Les salaires qui représentent 25 % des coûts d’opération ont augmenté de 27,2 % en trois ans. “L’Association des hôteliers et restaurateurs de l’île Maurice recommande le statu quo au niveau des salaires”, fait ressortir la MEF dans son mémoire.

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