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Le prince Albert successeur de facto au trône
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Le prince Albert successeur de facto au trône
Le prince Albert, fils du prince Rainier et de la princesse Grace, succède automatiquement à son père sur le trône de Monaco. Selon l?article 10 de la Constitution du 17 décembre 1962, la succession est ?ouverte par suite de décès ou d?abdication, à la descendance directe et légitime du prince régnant, par ordre de primogéniture, avec priorité des descendants mâles au même degré de parenté?. Monarchie héréditaire et constitutionnelle, Monaco donne donc priorité aux héritiers mâles pour régner sur la petite principauté de 2 km2 où résident 32 000 personnes.
La Constitution monégasque réserve au prince de grands pouvoirs: celui de dissoudre le Parlement, de promulguer des lois, d?accorder la nationalité monégasque ou encore de nommer les hauts responsables de l?administration. Bien que très médiatisé depuis sa naissance, le 14 mars 1958, le prince Albert, marquis des Baux, reste relativement méconnu du grand public. Toujours célibataire, il a été moins exposé que ses deux soeurs Caroline (48 ans) et Stéphanie (40 ans), à la une des tabloïds.
Après être longtemps resté dans l?ombre de son père, il a souvent représenté Rainier ces dernières années lors des cérémonies officielles, le souverain multipliant les problèmes de santé. Le prince Albert a ainsi conduit la délégation monégasque en octobre dernier à Strasbourg pour l?admission de Monaco au Conseil de l?Europe. La principauté avait déjà obtenu son admission à l?Onu le 5 octobre 2004.
<B>PORTRAIT DU NOUVEAU PRINCE
Albert Grimaldi, 47 ans, devra à la fois assumer l?héritage d?un prince ?bâtisseur? omniprésent et imprimer sa marque. Moins exposé que ses soeurs Caroline et Stéphanie à la une des tabloïds, le fils de la princesse Grace reste relativement méconnu et sait jouer d?une personnalité ambivalente: réservé mais bosseur, gentil mais combatif, simple mais tenant son rang.
Il pourrait toutefois surprendre en orientant la politique de la principauté, devenue sous Rainier III place forte du business et des congrès, vers l?humanitaire et l?environnement.
Dans l?ombre tutélaire d?un père ombrageux, qui a su faire de son ingrat Rocher une entreprise prospère, Albert a longtemps paru en retrait, confiant au fil des interviews son manque d?appétit pour le pouvoir et soulignant sa passion du sport (natation, football, voile, tennis, bobsleigh). Il s?est cependant affirmé au fil des ans, allant jusqu?à résister aux pressions de Rainier déclarant dans la presse qu?il n?abdiquerait pas tant que son fils n?aurait pas convolé en justes noces pour assurer la pérennité de la lignée.
Toujours célibataire, ce prince bilingue qui perd son léger bégaiement lorsqu?il s?exprime en anglais, s?est patiemment préparé à endosser à la fois le costume de PDG indissociable des activités de la principauté, et de diplomate.
Apprécié des Monégasques ? qui l?appellent «le gentil Albert pour ses manières simples et directes ? le prince est resté fidèle à ses amis de lycée et fréquente les autres héritiers des grandes maisons royales d?Europe sans excès.
Il affirme avoir appris ce qu?était une fiche de paie aux Etat-Unis, où il a travaillé en poursuivant ses études supérieures, et s?être formé à la gestion lors de stages dans une banque de renom. Membre du CIO, il a accepté en 2000 de rédiger une chronique sur les Jeux olympiques de Sydney pour une agence de presse.
?Il se faisait plaisir en toute simplicité et rendait sa copie avec l?application d?un journaliste?, se souvient l?un de ses ?confrères?.
Son père connaissant de plus en plus de problèmes de santé, Albert a commencé à représenter Rainier lors des cérémonies officielles puis à mettre ses pas dans ceux du ?prince diplomate?.
En voulant mettre au garde-à-vous ce minuscule partenaire, le général de Gaulle avait pu apprécier, à ses dépens, les capacités manoeuvrières de Rainier, qui a obtenu dans la convention franco-monégasque de 1963 le ?compte-partage de la TVA?, pilier de la prospérité du Rocher.
Le souverain monégasque a également pu se réjouir en septembre 1993 de l?entrée de Monaco à l?Onu. C?est à son fils qu?est revenu l?honneur de prononcer le discours officiel. Le prince Albert a également conduit la délégation monégasque en octobre dernier lors de l?admission de Monaco au Conseil de l?Europe, autre succès diplomatique du Rocher.
Pour accueillir le micro-Etat, le Conseil a en effet exigé une révision de la convention avec la France, une «modernisation des institutions» qui rend la principauté moins tributaire de Paris. La Constitution monégasque donne au prince de grands pouvoirs: celui de dissoudre le Parlement, de promulguer des lois, d?accorder la nationalité monégasque ou encore de nommer les hauts responsables de l?administration. Pour s?imposer comme le nouvel homme fort du Rocher, Albert devra vaincre les réticences des conservateurs à l?égard des réformes qu?il compte mener.
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