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Le pretre fidele de dieu

8 août 2006, 20:00

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?Je vous donnerai des pasteurs selon mon c?ur?, dit le Christ. Chaque ordination est un événement qui dépasse les contingences de la vie pour s?inscrire dans un souffle mystique profond où le croyant chrétien redécouvre qu?il n?est pas seul sur le chemin. C?est ce vent de dévotion, de dévouement à l?Autre, de don de soi que les catholiques mauriciens ont vécu avec la récente ordination du père Michel Moura. ?Le prêtre n?est pas celui qui doit résoudre tous ces problèmes (NdlR : sida, échec au CPE, logement). Mais il est appelé à réveiller la communauté à sa responsabilité par rapport à ces défis et à l?accompagner sur ce chemin du service, en l?aidant à vivre ce service comme une manière de suivre le Christ?, rappelait l?Evêque de Port-Louis, Mgr Piat, à l?occasion de l?ordination de Michel Moura.

Derrière les intentions, il y a la réalité des faits. Toujours plus complexes. Continuellement polysémiques. Parce qu?il y a des vérités qui se conjuguent au pluriel même lorsqu?elles sont singulières. Aujourd?hui, le diocèse de Port-Louis accueille un nouveau prêtre. Un individu qui a répondu à un appel. Un homme qui s?est réinventé dans un élan fusionnel avec le Christ. Mais on arrive à cette découverte de soi à travers un apprentissage particulier, à travers le dépouillement. ?La formation n?est pas purement académique mais intègre une dimension intégrale. Il est question de pouvoir mobiliser, instruire et contribuer à la vie de la communauté chrétienne. Comprendre le mécanisme de la vie sociale. C?est un contenu pratique orienté vers l?acquisition des connaissances anthropologiques et sociales?, explique le père Alain Romaine.

?Nous insistons sur la maturité humaine du candidat?, précise le père Maurice Labour. C?est peut-être ce qu?il y a de plus difficile dans l?expérience humaine mais en même temps, ce n?est qu?à la condition de prendre de la hauteur tout en étant au milieu de ses semblables qu?on parvient à mieux les comprendre, à mieux les accompagner. Il faut aussi avoir vécu les crises stéréotypées de la société moderne. ?Aujourd?hui, le prêtre est un homme de relation qui a les pieds sur terre tout en parlant de Dieu. Il est enraciné dans une époque et fait l?effort de comprendre ce monde si compliqué?, enchaîne le père Maurice Labour.

Parallèlement, il y a une réelle crise de vocation. Les deux prêtres évoquent le monde matérialiste, la société de consommation, un sentiment que le temps des permanences est révolu??Dans toutes les sphères de sa vie, le principe d?un engagement à vie est devenu une difficulté. C?est un nouveau rapport au temps?, assure le père Romaine.

La vocation en crise

Un nouveau rapport au temps, un exercice que l?église a également entrepris à un autre niveau. Elle a choisi d?affronter la mutation du rôle même du prêtre en son sein. ?Il y a une prise de responsabilité des laïcs baptisés (NdlR : des non-clercs) à l?intérieur de l?église. Le prêtre n?est plus le seul détenteur du savoir et du pouvoir. Cette manière d?être prêtre se rapproche de ce que le Christ a été, c?est-à-dire un accompagnateur qui laisse prendre des décisions?, fait remarquer le père Labour.

C?est une transformation qui se fait lentement avec évidemment autant de progressistes que de conservateurs. Un mouvement qui a débuté dans le courant des années 60 au siècle dernier. Se situant du côté des progressistes, le père Labour prône une appartenance religieuse exigeante à l?image de l?itinéraire du Christ. Soit être prêt à porter la souffrance du monde et non vivre la religion comme un refuge comme le font des jeunes prêtres en Europe, explique le père Labour, qui s?attachent surtout aux formes extérieures de la religion.

Au sein même des institutions religieuses, il peut y avoir une tentation de céder aux sirènes des idéologies de substitution. Le plaidoyer de Maurice Labour et d?Alain Romaine répond à une urgence universelle : trouver du sens dans la quête spirituelle.

Dans un monde qui a consacré l?individualisme démocratique, les croyances à la carte nous servent des recettes comme le progrès et la réussite. C?est dans ce monde que sont appelés à servir les hommes de Dieu. C?est aussi un des défis de Michel Moura et de tous les individus qui répondent à l?appel de Dieu au sein d?une structure religieuse.

Sept ans et trois cycles

■ Il faut une formation de sept à huit ans avant de devenir prêtre. La formation est divisée en trois cycles. Le premier se passe à Maurice sur une durée de deux ans et pendant laquelle l?effort est consacré à une maîtrise de la personne. Les deux autres cycles se tiennent à Nantes en France. Au fur et à mesure de sa formation, le futur prêtre est envoyé en situation pastorale afin d?équilibrer la dimension intellectuelle de l?initiation.

Des champs à l?Eglise...

■ Orphelin à l?âge de 12 ans, Michel Moura est issu d?un famille de neuf enfants. Après des études secondaires réussies, il sera coupeur de cannes pendants trois ans avant de trouver un emploi à la Poste. Le questionnement est profond en lui. Il décide de travailler à Agaléga où, en l?absence d?un prêtre permanent, il aide la dame qui anime la prière du dimanche. De retour à Maurice, il intègre le Groupe 40 et s?inscrit à l?université. Mais l?appel est toujours là. Cette fois, il décide de partir pour Rodrigues où Dieu l?interpelle.

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