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Le pouvoir des mots
Rien à dire ? Pourtant, souvent les mots se bousculent dans notre tête. Il y a plein de choses qu?on a envie de dire. À son partenaire, à son patron, à ce mal élevé dans la rue? Mais les mots se bloquent au niveau de la pensée. On a peur d?être trop spontané et de regretter ensuite. Car on sait combien les mots peuvent être destructeurs ou combien ils peuvent déclencher des drames. Mais parler, c?est aussi se libérer et libérer l?autre. Les mots peuvent être bienfaisants, meilleurs que des médicaments. Des mots gentils de quelqu?un dans notre entourage et nous voilà gonflés à bloc pour toute la journée. Des mots bombes atomiques et nous voilà anéantis. Les mots ont certes une charge émotive. Se dire « je suis triste » et se dire « allez, je me bouge » peut faire une différence, car en disant « je suis triste » cela crée plus de tristesse dans son subconscient. Et en se disant « je me bouge », cela nous fait passer à l?action. On trouve des soulagements quand on a parlé. On est moins frustré quand on arrive à dire le fond de sa pensée. Les « battles » de rap qu?on voit ailleurs ont justement pour objectif de laisser crier sa rage, de rapper sa haine, bref de canaliser ses émotions à travers des mots. Le « slam » permet dans le cadre de la poésie orale de « claquer » avec les mots, les images, pour secouer, ou émouvoir? Si on pouvait trouver des mots pour exorciser nos maux, cela éviterait sans doute bien des bobos.
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