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Le policier Jheelan : ?Nou ti al mem lekol?

5 mai 2007, 00:00

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«Il y a eu un complot contre moi. Je suis innocent. Lorsque je me présenterai en cour le 9 septembre prochain, je ferai des révélations au magistrat. Je suis persuadé qu?après ça, je sortirai blanchi de cette histoire.» C?est ce qu?a déclaré le policier Tikaram Jheelan, hier à l?express.

La police le soupçonne d?avoir tenté, avec deux complices, d?enlever le fils d?un homme d?affaires le 19 mars dernier. Hier, il a été libéré contre une caution de Rs 20 000 et un engagement de Rs 100 000 après sa comparution en cour de Mapou.

Dans sa déposition, il affirme connaître l?épouse de l?homme d?affaires depuis de nombreuses années. Il a aussi précisé qu?ils habitaient, tous deux, le même district. «Avan li marie, nou ti res dan mem landrwa. Nou ti al mem lekol», a-t-il affirmé aux hommes du surintendant de police Bala Kamatchi. Répondant à l?express sur ses rapports avec l?épouse de l?homme d?affaires, le policier Jheelan, après quelques secondes de réflexion, a dit : «Je ne dirai rien à la presse. Mo prefer atann case la pas lakour?»

Lors de son interrogatoire en présence de son avocat, Me Viren Ramchurn, il a confié qu?il connaissait les deux enfants de l?homme d?affaires. S?il a élaboré un plan pour lui extorquer de l?argent, c?est parce qu?il le savait très riche. Cette déclaration aux limiers de la Criminal Investigation Division (CID) de Terre-Rouge devait lever le voile sur le mystère concernant le cerveau présumé dans cette tentative d?enlèvement. Au moment de son arrestation, Tikaram Jheelan avait affirmé qu?il avait agi comme intermédiaire. Il avait alors déclaré que Deven Parsuramen, un poissonnier, avait orchestré ce complot.

<B>Rançon de rs 500 000</B>

Son rôle, avait-il déclaré, était de procurer des uniformes de police à deux hommes, Dany Fortuno et Steeve Elahee, tous deux habitants Cité-Briqueterie. Il devait aussi suivre la voiture de l?homme d?affaires et faire des appels de phare aux faux policiers pour leur indiquer le véhicule dans lequel voyageaient les deux enfants.

Ses deux acolytes devaient à leur tour stopper la voiture sous le prétexte d?un contrôle de police. C?est alors qu?ils devaient prendre un des enfants en otage et demander au chauffeur d?aller demander une rançon de Rs 500 000 à son employeur. Mais ce plan ne devait pas aboutir car l?épouse de l?homme d?affaires était à bord du véhicule. Elle avait accompagné le chauffeur pour récupérer les enfants à l?école. «Zot pa resamble bann lapolis. Nou al stasion pou gete si vre mem sa?», aurait-elle lancé aux faux policiers. Pris de peur, Steeve Elahee et Dany Fortuno ont préféré les laisser partir.

Ces deux derniers suspects, ainsi que le policier Jheelan, ont participé, jeudi, à une reconstitution des faits sur l?autoroute, non loin du rond point qui mène à Goodlands. Tikaram Jheelan a indiqué au surintendant de police Bala Kamatchi et au sergent Vijay Beekoo, le lieu où l?enlèvement devait avoir lieu.

<B>Le directeur d?Auto World raconte son calvaire</B>

Imteaz et Yasmin Badulla, directeurs de la compagnie Auto World Ltd, n?en reviennent pas. Ils n?auraient jamais pensé que leurs deux fils jumeaux auraient pu être victimes d?une tentative de kidnapping. L?affaire remonte au lundi 19 mars mais a connu un rebondissement avec l?arrestation de deux habitants de Ste.-Croix le jeudi 19 avril. Les images de la caméra du téléphone portable de ces suspects les ont trahis.

Yasmin Badulla, encore sous le choc, laisse le soin à son époux Imteaz (photo) de nous faire le récit de l?enlèvement raté. Ce jour-là, vers 7 h 30, Yasmin Badulla est à bord d?une Toyota Corolla grise appartenant à la compagnie. Le véhicule est conduit par un chauffeur. Elle est assise à l?arrière, avec ses deux fils. La voiture roule sur l?autoroute du Nord. Soudain Yasmin Badulla lance à son chauffeur : «Get sa de lapolis la mo krwar zot pou aret nou.» Effectivement, deux policiers lui font signe de s?arrêter. Il obéit et est prié de quitter le volant pour une vérification de son permis de conduire. Les deux policiers déclarent alors que cette voiture a été impliquée dans un accident avec délit de fuite («hit and run»).

Yasmin Badulla s?impatiente, descend du véhicule et dit aux policiers : «Mo pou telefonn lapolis.» Elle les observe minutieusement. Ils sont mal habillés, portent des t-shirts colorés sous leurs uniformes et sont mal rasés. Elle appelle son époux, lui raconte l?incident et lui dit : «Mo krwar fos lapolis sa.» Imteaz Badulla réagit : «Pran loto al kit zanfan lekol apre al stasyon Piton», dit-il. Yasmin Badulla, née Joomun, est originaire de Rivière-du-Rempart. Imteaz Badulla précise que le policier Tikaram Jheelan est connu de ses beaux- parents. Ce policier habite l?Amitié. La famille Joomun cultive du tabac et un des oncles du policier en plante également. Imteaz Badulla confirme que Tikaram Jheelan et son épouse se connaissent pour avoir fréquenté le collège Universal de Rivière-du-Rempart. En 2004, le policier Jheelan avait acheté une Toyota Corolla au showroom d?Auto World Ltd. Pour l?entretien du véhicule, il se rendait toujours au garage de la compagnie à Vallée-des-Prêtres.

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