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Le Plaza de Decotter ou 50 ans de théâtre

8 septembre 2008, 20:00

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En septembre 1983, la municipalité de Beau-Bassin/Rose-Hill, dirigée alors intelligemment par Finlay Salesse, célèbre fastueusement un double événement : la totale rénovation (mais pour quels résultats ?) du Plaza et la présentation officielle d?un livre, riche en souvenirs et pas seulement iconographiques, que Georges André Decotter, ancien secrétaire émérite des villes s?urs et notre André Malraux local, consacre à un demi-siècle de théâtre, dans cette salle de spectacles.

Un quart de siècle après, que reste-t-il de cette complète rénovation, financée en grande partie par la France, toujours généreuse et compatissante quand il s?agit de culture et de présence littéraire ? Pas grand-chose apparemment car tout est à refaire, nous dit-on. Cette impuissance municipale est d?autant plus crucifiante, que la poignée d?ouvriers municipaux des années 1930 étaient capables, à eux seuls, mais sous la conduite éclairée d?un secrétaire constructeur aussi talentueux et performant que Georges Randabel, de construire des bâtiments en pierres de taille aussi vastes que l?hôtel de ville de BB-RH cum théâtre, salle des fêtes et aile administrative. S?ils n?ont pas totalement érigé cet hôtel de ville, ils peuvent en tout cas se glorifier de l?érection des abattoirs de Stanley, transformés aujourd?hui en gymnase (Quorum).

Non seulement nos employés municipaux, comptant pourtant dans leurs rangs des ingénieurs, des architectes, des experts-comptables qualifiés, doivent depuis recourir à des contracteurs étrangers pour ériger n?importe quel bâtiment trop vaste et trop ample pour leurs compétences locales mais encore ils font preuve d?une impuissance déconcertante quand il s?agit simplement d?entretenir des bâtiments construits par d?autres et qui sont seulement confiés à leurs bons soins. Comment, dans ce cas, donner tort à ceux qui pensent tout bas ou tout haut que vouloir rénover de nouveau et seulement 25 ans après le même hôtel de ville de BB-RH (on peut en dire autant du théâtre de Port Louis) c?est investir à fonds perdus dans un panier troué.

Dans les années 1980, une complète rénovation de l?hôtel de ville de BBRH s?impose car un demi-siècle s?est écoulé depuis sa construction et son inauguration (le 27 mai 1933). Entre-temps, Maurice subit les restrictions de la Seconde Guerre mondiale et les ravages des trois cyclones de 1945 et des cyclones Alix, Carol, Jenny, Gervaise et Claudette. L?entretien n?est pas en cause, en 1983. Un Georges André Decotter, un Serge Constantin et leurs hommes, dont le dévouement pour leur théâtre est sans bornes ne permettent pas la moindre négligence ou imprudence. La rénovation s?impose logiquement au bout d?un demi-siècle car le colmatage et les réparations de fortune ne suffisent plus. Il convient de prendre par les cornes le taureau d?une rénovation de fond en comble et de cour à jardin. Un quart de siècle n?est toutefois pas un demi-siècle.

BB-RH doit, cette année-ci, célébrer les 75 ans du bâtiment de son hôtel de ville. Le fera-t-il ? Le pourra-t-il ? Bien malin qui le dira. Et ce n?est pas le ministère des Administrations régionales qui se plaindra si ces trois quarts de siècles ne sont pas dignement célébrés.

BB-RH a-t-il seulement commandité, auprès d?un de nos historiens, ne serait-ce que la suite du livre de Georges André Decotter ? Là encore on ne peut que poser la question, sans espérer même y obtenir une réponse digne de ce nom. Retenons seulement qu?en 1983, un Georges André Decotter pouvait prendre sa plume et rédiger Le Plaza, un demi-siècle de vie théâtrale. Un quart de siècle après, on cherche désespérément qui peut raconter le théâtre rosehillien, de cette date à nos jours. Soyons bons princes et demandons seulement à BBRH de rééditer cette ?uvre historique, aujourd?hui introuvable même dans nos meilleures librairies, fermant leurs portes les unes après les autres.

Cette simple réédition nous permettra seulement de nous rappeler de l?existence et du dévouement théâtral de Mauriciens (de naissance ou de c?ur) aussi éminents que Georges André Decotter et Serge Constantin pour commencer mais aussi Frederick Lonsdale, Matthews Brickdale, Amédée Poupard, Max Moutia, Yves Forget, Michel Cervello, Georgie Espitalier-Noël, Daniel Koenig, Paulo Eynaud, Philippe Houbert, père et fils, Guy d?Arifat, Joseph Le Roy, Guy Lagesse, Evelyne Eynaud, René Antelme, Val Cheung Chak, Gérard Sullivan, le couple Nankishore, Ram Gopal, Amjad Ali Khan, Jacques Brel, Georges Thil, Claude Piéplu, Charles Trenet, Georges Moustaki, Stéphane Grapelli, Robert Soetens, Kalyamini Roy (cithare), Margot Fonteyn, Janine Charrat, Mary et Jane David, Serge Kimmoun, Denis Julien, Roger Le Coultre. Sans eux, le Plaza ne serait pas ce qu?il est et ce qu?il doit rester et pas seulement dans notre c?ur.

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