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Le plan Sucre, une affaire de sous

29 mai 2005, 00:00

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lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Le nouveau plan s?étale sur dix ans, après quoi l?industrie sucrière devrait se résumer à tout au plus six usines sucrières assorties de centrales thermiques, 65 000 hectares sous cannes - contre environ 72 000 actuellement - et une dizaine de milliers d?employés, soit une réduction d?au moins 4 000 salariés.

Cependant, les contraintes entravant l?application des mesures envisagées deux ans plus tôt se posent encore aujourd?hui, la principale relevant du financement de cette réforme. Fermer des usines, permettre à ses salariés de partir en retraite, développer des raffineries d?éthanol et créer des centrales thermiques à forte capacité - cela requiert des investissements massifs, hors de portée d?une industrie déjà lourdement endettée.

A titre d?exemple, faire partir, il y a deux ans, un peu moins de 8 000 salariés avait coûté quelque Rs 2,5 milliards. A l?époque, l?Etat avait garanti les emprunts des sucriers sur le marché et les avait autorisés à investir dans le foncier pour lever l?argent nécessaire au remboursement. Le moratoire de deux ans s?étant écoulé, la première tranche de remboursement est due en juillet alors qu?ils sont nombreux à attendre encore de pouvoir monnayer leur terre.

Un plan de financement similaire s?applique à la fermeture d?usines sucrières. Lors de son introduction en 1996, fermer une usine coûtait en moyenne Rs 150 millions. En neuf ans, ce chiffre a bien plus que doublé. Et la difficulté à monnayer la terre a empiré.

L?accélérateur du plan pas vraiment nouveau proposé par la Mauritius Sugar Authority sera donc le mode de financement. L?Etat et l?industrie sucrière fondent tout leur espoir sur le programme d?accompagnement personnalisé préconisé par la Commission européenne (CE) pour amortir l?impact des réformes de l?agriculture européenne. Une délégation de la CE sera au pays le 7 juin pour des discussions quant aux modalités de l?aide.

Maurice subit les séquelles des réformes européennes sur deux fronts : le prix dégringole et la compétition s?installe. Il n?y a plus d?accès préférentiel, le marché communautaire s?ouvrant aux pays les moins avancés. La prochaine réduction drastique (entre 37% et 42%) du prix de vente du sucre roux en Europe promet de rendre le marché nettement moins rémunérateur. L?industrie mauricienne, en tout cas, devra presque opérer à perte - à moins de se restructurer.

Les décideurs sont très conscients de ces réalités. Et même s?ils continuent à se battre sur la scène politique et diplomatique pour essayer de minimiser la chute du prix, ils se sont déjà faits à l?idée que plus rien ne sera comme avant. Leur principale attente de leur partenaire européen c?est un soutien financier adéquat. Le 7 juin, c?est ce plan de réforme accéléré qu?ils « vendront » à la CE.

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