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Le pays encore à l?abri du chik, mais?

5 décembre 2006, 00:00

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lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Avec la menace du chikungunya toujours présente, la vigilance reste le mot d?ordre des autorités. Il est vrai que depuis l?arrivée de l?été, aucun cas confirmé n?a été enregistré. Certains médecins privés ont bien référé des cas suspects au ministère de la Santé, mais aucun de ceux-là ne s?est avéré. Mais on ne doit pas baisser la garde. L?année dernière, quelque 10 000 cas avaient été recensés, avec une période de pointe en février.

Ambicadutt Bheecarry, entomologiste en chef au ministère de la Santé, dirige une équipe dédiée à ce problème. Il constate : ?La différence est actuellement très visible sur le terrain. Les régions qui sont bien nettoyées, comme à Ebène, la population de moustiques est bien moins importante. Tel n?est pas le cas à Telfair, à Belle-Rose et dans d?autres régions avoisinantes.? Il en est de même pour les terrains laissés à l?abandon. Les négligents risquent une amende de Rs1000, conformément aux nouvelles dispositions approuvées par l?Assemblée nationale, la semaine dernière.

Pour l?entomologiste, on doit comprendre que comme le vecteur est très présent et que le ?virus sévit en Inde, au Paskistan, et maintenant au Sri Lanka, il y a l?éventualité que le virus soit importé. Il vaut mieux agir au niveau du vecteur et anéantir les conditions permettant au moustique de se propager.? Mais Ambicadutt Bheecarry reconnaît que ?la population commence peu à peu à être sensibilisée. L?épandage de larvicides se poursuit .?

L??uf du vecteur du chikungunya, le moustique aedes albopictus, peut rester sans eau pendant six mois et éclore après cette période. Ce qui n?est pas le cas pour les ?ufs d?autres moustiques. Ce spécialiste des insectes précise que la pluie de ces derniers jours suffit à la prolifération de ce type de moustique qui n?a pas besoin de beaucoup d?eau pour pondre. Mais comme le virus n?est pas présent, le vecteur est actuellement inoffensif.

Actuellement, dès qu?un cas suspect du chikungunya est connu des autorités, toute la région entourant la résidence de cette personne est sous surveillance constante. Ce type de moustique vole dans un rayon maximal de 100 mètres. La pulvérisation (fogging) d?insecticides permet de démoustiquer la région. Une action porte-à-porte est aussi engagée pour vérifier si d?autres personnes présentent les mêmes symptômes et, si besoin est, d?accentuer l?épandage de larvicides.

?Nous ne pouvons pas prendre le risque d?attendre les résultats des tests avant d?agir?, dit une source au ministère de la Santé. Toute personne présentant de fortes fièvres accompagnées de douleurs aux articulations subit des tests.

Paul Reiter, de l?institut Pasteur en France, visiting professor à Harvard et consultant auprès du gouvernement mauricien, estime, lui, qu?il n?y aurait pas de flambée de la maladie. Il considère qu?une partie de la population est déjà immunisée et qu?ainsi, la transmission se fera plus difficilement.

A la Réunion, le même sentiment prévaut. Il est estimé que 40% de la population est immunisée. En novembre, seuls trois ou quatre cas ont été recensés.

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