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Le Parlement européen plaide la cause des ACP
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Le Parlement européen plaide la cause des ACP
Les missions de lobbying en Europe rapportent leurs fruits. Les Etats d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (ACP), dont Maurice est le porte-parole, ont désormais un allié de taille dans leur combat pour une baisse raisonnable du prix garanti du sucre, le Parlement européen. Les eurodéputés ont soumis, ce mois-ci, deux rapports très favorables en faveur des ACP.
Jusqu’ici, assurés d’un prix de 523,70 euros la tonne de sucre, les ACP subiront une baisse de 39 % étalée sur quatre années financières. En 2006-2007, selon le plan de réforme de la commissaire à l’Agriculture, Mariann Fischer Boel, le montant chutera de 5,1 %, représentant la subvention du raffinage. En guise de mesure d’accompagnement, la Commission européenne avance une enveloppe de Rs 1, 4 milliard (40 millions d’euros).
Le rapporteur de la commission du développement du Parlement européen, Bernard Lehideux est d’avis contraire. “Le montant (…) est nettement insuffisant pour permettre aux pays ACP, touchés par la réforme du régime sucre de l’Union européenne (UE), de mettre en œuvre les programmes d’ajustement lourds nécessaires pour une adaptation réussie aux nouvelles conditions du marché”, fait-il ressortir dans un projet de rapport qui était à l’agenda de la commission du développement, à sa réunion de lundi après-midi.
De fait, Bernard Lehideux propose un amendement au règlement sur les mesures d’accompagnement pour que le montant passe à Rs 2,8 milliards.
Le projet de rapport contient des amendements axés où l’accent est mis sur l’impact de la réforme sur les ACP, le rôle multifonctionnel du secteur du sucre, l’urgence et la nécessité d’une aide qui tient compte des réajustements consentis par le bloc. “Les pays ACP qui ont déjà pris des initiatives pour adapter leur industrie sucrière dans la perspective de la réforme de l’UE de l’Organisation commune du marché du sucre ne doivent pas se trouver pénalisés”, fait ressortir le rapporteur.
Bernard Lehideux rappelle que la proposition de la Commission européenne entraînera une perte annuelle de Rs 28 milliards (400 millions d’euros) aux Etats ACP. Citant l’exemple de Maurice, il estime que le pays est beaucoup plus dépendant du marché européen que les pays africains.
Au cours de la même réunion, la commission a pris connaissance d’un projet d’avis, dont l’auteur est la député britannique Glendys Kinnock, qui milite déjà en faveur des ACP.
Pour atténuer l’incidence des propositions de baisse, elle avance que “le mécanisme de réduction du prix pour les producteurs des pays ACP soit mis en place progressivement sur une période de huit ans, dans la ligne des recommandations formulées par le récent conseil ACP”. Du coup, la baisse serait totale à compter de l’année financière 2013-2014.
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