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Le palais en fête
Réveillonner au restaurant est un feu d?artifice de saveurs ?à condition d?y mettre le prix. Manger hors de chez soi est avant tout une question de budget. Interrogation essentielle : combien êtes-vous prêts à dépenser pour saluer la nouvelle année ? Si, au départ, le réveillon est assimilé à une réunion des membres de la famille à la maison - soit celle des parents ou de l?aîné -, les consommateurs ont, aujourd?hui, pris l?habitude de se déplacer. La maîtresse de maison trouve la parade pour s?épargner de longues heures aux fourneaux. Et comme elle meurt d?envie d?étrenner sa nouvelle garde robe, pourquoi la priver de l?occasion de se mettre en frais, histoire d?ajouter aux plaisirs du palais, celui des yeux ?
La joie de recevoir est trop souvent tempérée par des impératifs qui virent au cauchemar : s?assurer que sa cuisine fait honneur aux goûts particuliers de ses convives n?est pas de tout repos. Inviter la famille et les amis chez soi, implique forcément le souci du détail ? donc de la déco. Kitsch ou minimalistes, certains convives trouveront toujours à redire. La couleur de la nappe, le sel qui manque, la viande trop cuite ou pas assez tendre, on connaît le refrain. Sans compter la corvée de vaisselle ?véritable Everest ? qui attend les hôtes, alors que les invités profitent du 1er janvier pour faire leur première grasse matinée de l?année.
Une chose est sûre : le but premier du réveillon, qui est à l?origine un repas pris au milieu de la nuit de Noël et du jour de l?An, est d?étoffer l?ordinaire. Dans ce contexte, l?extraordinaire ne s?improvise pas. Pour évacuer le stress de recevoir chez soi le 31 décembre, préparez la sortie une semaine, voire plus, à l?avance. Afin d?éviter que le dernier soir de 2003 ne prenne des allures d?expédition, le maître mot est réservation. Suivez le guide. Humez le fumet des petits plats mitonnés comme à la maison. Lorgnez du côté des montagnes de friandises soigneusement mises à l?abri, en prévision du grand soir. Vérifiez le croquant des légumes de saison. Salivez, rien qu?à l?énoncé des bonnes choses, enrobées dans ce phrasé si particulier aux menus. Et n?oubliez pas que le principal est de faire plaisir à ceux que l?on aime. Champagne !
Sortir le grand jeu
Votre irrépressible envie de faire la fête vous inspire de douces folies. Vous êtes prêt à mettre la main au porte-monnaie pour l?alléger de Rs 950 à Rs 1 500 + TVA par personne, en l?espace d?un soir. Et comme vous avez le goût prononcé du beau, vous ne faites confiance qu?aux grandes enseignes. Voici quelques propositions.
D?abord, à Port-louis : l?hôtel Le Labourdonnais, le Namasté, La Marina et les cinq lieux de rendez-vous du Domaine Les Pailles. Plus excentré : le Don Camillo à Grand-Baie et La Four-à-Chaux à Trou-D?eau Douce. Point commun de ces restaurants : la forte présence sur la carte du poisson et des fruits de mer.
Homard, langouste et filet de «sacréchien» sont parmi les chairs les plus chères. Leur présence sur la carte du réveillon indique à coup sûr que la note de restaurant sera salée.
Autre point saillant : la salade de c?ur de palmier. Qu?elle soit nature ou accompagnée d?avocat aux noix de saint Jacques, de crevettes, dans une vinaigrette caramélisée, comme au Don Camillo, ce met délicat est un signe supplémentaire que ce type de réveillon sous les tropiques coûte un max.
Au Domaine Les Pailles, c?est un «tour des années en musique» qui rythmera le passage à la nouvelle année. Du Clos St.-Louis à La Cannelle en passant par les subtilités de l?Indra, végétariens et amateurs de grillades, estomac aguerris à la vitalité du masala trouveront leur compte.
Autre spécialiste de la question : le Namasté. Basculez dans un univers réglé par les traditions culinaires millénaires des empereurs moghols. De cette défunte dynastie du nord de l?Inde, le restaurant du Caudan Waterfront a conservé un usage immodéré pour des épices spécialement importées. Un «simple» dhal devient une crème onctueuse qu?on délecte à satiété, sur un lit de riz blanc. Minuit vous surprendra agréablement grâce à cette alternance de plats légers et de préparations plus élaborées.
Le 31 décembre 2003 à 18 h 30, La Marina lève les voiles au Port-Louis Waterfront. Destination : une croisière gastronomique orientale et occidentale. Dans votre assiette, la saveur méditerranéenne : suschis de thon d?Albacore mêlés d?un filet d?huile de noisette et d?ananas victoria, une harmonieuse fusion japonaise et tropicale ou encore une poêlée de camarons flambés à l?anis?
Ce voyage gastronomique proposé par Patrick Vitry, chef cuisinier, s?achève par de superbes nems aux fondants de chocolat et ses trois merveilles, un délice chocolaté parfumé aux coolies de fraise, letchis et ananas. De quoi exciter les papilles !
Préservant cette tradition mauricienne des produits de mer pour accueillir la nouvelle année, Patrick Vitry, d?origine française ayant fait ses armes au Domaine Les Pailles, marie la gastronomie à l?esthétique. Effet à déguster avec les Vins La Marina, rouge, rose et blanc à partir de Rs 300, la bouteille.
Sirotez aussi un des divers cocktails enchanteurs tels que le screaming orgasm, un mélange exquis de vodka, kahula et de crème irlandaise et amerato à Rs 130 tout en laissant l?air du front de mer vous transporter dans des régions culinaires inouïes.
Côté ambiance, La Marina et ses quatre compartiments, L?Amiral, le Deck, Le Fahrenheit et La Passerelle proposent une élégance décontractée aux tons pastels bleu et jaune pour dire au revoir à 2003. Charles Li, le responsable du restaurant-bar a aussi prévu des variétés musicales animées par Benoît Carré.
Le menu est à Rs1000+ VAT par personne - excluant toutes boissons). Une réservation est néanmoins nécessaire.
Les délices de fruits de mer se poursuivent également au Four-à-Chaux, sous des airs enivrants des oldies par le Cacou des îles. Une cascade aux effets de lumières dorées par les flambeaux suspendus aux murs, au rez-de-chaussée. Les portes du Four-à-Chaux s?ouvrent pour le réveillon du Nouvel An à partir de 19 heures. Atmosphère coloniale avec l?architecture en bois et de pierres taillées, le restaurant vous a concocté un menu marin à la mauricienne.
Découvrez les vertus aphrodisiaques des goneaux, coquilles à la chair moelleuse, accompagnés d?une pincée d?épices de gingembre et de poivron vert. Laissez-vous par la suite enivrer par des langoustes grillées aux c?urs de palmistes braisés. Tout cela au gré de sélection de vins sud-africains français chilien et alsacien, à partir de Rs 455, la bouteille.
Apres cette flambée gustative, une assiette de fruits frais pour se rafraîchir le palais. Un délice marin au prix de Rs1250 par personne, incluant l?eau minérale, boissons gazeuses et café. Une dégustation d?oursins est aussi offerte par la maison. Cette nouvelle adresse gastronomique accueille environ 70 personnes pour un régal marin bien mauricien devant le tableau vivant des pirogues flottantes de Trou-d?eau-Douce.
Les tables côtières
Dans votre quête d?originalité, vous voulez vous évader, quitter l?atmosphère oppres-sante des villes. Si vous êtes fasciné par la mer, le grand air est le plus sûr allié de votre appétit. Voici quelques tables côtières où le forfait de Rs 950 à Rs 500+TVA inclut le bruit apaisant des vagues qui se brisent à l?horizon. Quelques noms évocateurs sauront faire écho à votre palais d?insulaire. Le Domaine Anna à Flic-en-Flac, le Domaine du Chasseur et sa chasse ouverte sur le Sud sauvage, le Restaurant la Bonne Chute à Tamarin ou encore La Langouste Grisée à Trou-aux-Biches. Les menus flattent les sens, à coups de fruits de mer ou de viandes cuites à point. Souvent abritées par des toits de chaume et des terrasses balayées par les alizés de décembre, ces adresses sont accessibles à des bourses moyennes.
Cuisines à découvrir
Si, par contre, vous avez envie de dépaysement, quatre types de cuisines sont à découvrir ou à redécouvrir : la seychelloise séduisante, la belle réunionnaise, la mystérieuse indienne et la traditionnelle chinoise.
Coco des îles : bienvenue chez les Dallons. Décor et ambiance conviviaux garantis, avec à l?occasion des artistes seychellois en cabaret, mais surtout des plats typiques seselwa qui piquent la curiosité. Le tout à des prix abordables.
A la bonne franquette, Maître Daniel Delord vous accueille aux petits... oignons. Aux fourneaux, c?est le chef-cuisiner, Karl Reddy, dix ans d?expérience, venu tout spécialement des Seychelles, qui mène son bataillon à la... fourchette.
Les plats (entre Rs 90 à Rs 175) proposent une variété de currys et sont accompagnés de riz blanc, de grains et d?un assortiment de chatinis de patol, giraumon, papaye, mangue et... requin.
Les épices proviennent des Seychelles tout comme le poisson et autres produits de la mer. Rien que pour vous mettre l?eau au palais, ouvrez le festival par des beignets de poisson. Du bourgeois fondant ! Faites descendre avec un bouillon de poisson blanc ou un curry de poisson salé au lait de coco. Enchaînez avec un poulet épicé sur un lit de brèdes roussies, titillé de chatinis. Arrosez le tout de grains secs crémeux.
Au dessert, si vous avez encore de la place, goûtez la daube, douce cela s?entend, de patate ou de manioc ou encore l?omelette seychelloise (daube et glace).
Le tout à Rs 350 par personne (minimum six personnes). également disponible en tablées de deux, quatre, huit et dix.
La carte de boissons est aussi exotique avec ses liqueurs parfumées aux fruits d?amour et au lait de coco. Sinon dans les spécialités à goûter absolument : le filet de poisson aux bilimbis, le chicken macadam (poulet grand-mère braisé aux légumes), les brochettes de saucisses, l?ourite sous toutes ses formes, et le poisson vieille rouge grillé entier, uniquement sur réservation.
Coco des îles est ouvert sept jours sur sept, de 11 à 15 heures pour le déjeuner et de 18 h 30 à 23 heures pour le dîner.
Oté La Réunion ! A nou alle La Réunion ! Chez Ah-Niong, vous ne pourrez dire que vous n?étiez pas dans votre assiette avec tous ces plats aux saveurs et aux épices des îles. Car la viande vient de La Réunion et le poulet de Rodrigues.
Le boucané est roi, que ce soit en curry de jacques, en babafigues (coeur de bananier) ou en rougaille qui se conjugue aussi à la morue. Avec du riz, des achards et des haricots. Dans la gamme des currys, vous avez le choix et même l?embarras, avec le massalé de cabri, de jarret de porc sans os ou encore de jacques aux chevrettes sèches. Les spécialités à vraiment découvrir : le canard ou le jarret de boeuf aux épices, le filet de poisson réunionnais et le poulet cuisiné au safran frais rodriguais.
A ne pas rater le zembrocale (bryani réunionnais agrémenté de saucisses, boucané, haricots et petits pois).
Mais le nec plus ultra se consomme sur commande de préférence 24 heures à l?avance : le poisson cru. Rassurez-vous, il s?agit de le consommer en salade acoquinée de carottes, céleri et bétel, rehaussée de wasabi (moutarde), oignons et gingembre confits.
Pour un budget de Rs 200, vous dégusterez en entrée, des bouchons de poulet ou du porc au miel, un plat principal parmi la quinzaine proposée, et un sagou aux fruits frais en dessert.
Sinon à la carte, les mets sont de Rs 50 à 140, prix inchangés depuis trois ans, et le dîner uniquement sur réservation.
A souligner que la cuisine d?Ah-Niong est très légère contrairement à ce que l?on pourrait croire. Une cuisine sans surprise, certes, mais qui recèle encore de l?insolite.
Une nouvelle direction, de nouveaux cuisiniers, une nouvelle carte, c?est ce que propose le Chinatown Deli en plein quartier chinois à Port-Louis. A découvrir, deux plats rares : la salade de portefeuille et le portefeuille aigre-doux, à base de tripes de boeuf. Les amateurs d?abats en apprécieront le fondant et l?onctuosité. Le prix réjouira plus d?un car les plats sont proposés à partir de Rs 100.
En entrée, la soupe d?ailerons de requin, très consistant, est à consommer en petite quantité si vous êtes petit mangeur et que vous désirez vous réserver pour la suite.
Annick, la propriétaire, conseille aussi le poisson farci, à base de filet battu en crème ou encore les champignons farcis de poisson, arrosés d?une sauce aussi mystérieuse que savoureuse. A Rs 10 pièce.
Grande occasion, grand plat, le barbara à la sauce d?huître se vend en portion de Rs 200 et Rs 400. L?abalone, un fruit de mer très prisé, fera aussi la joie des connaisseurs. Restons dans la mer ! Crevettes géantes à croquer tout chaud, calamar fondant ou aux haricots noirs? à déguster avec un riz rouge typiquement chinois.
Les férus de diététique, même en période de fêtes, tomberont pour le pak cham, poulet entier cuit à la vapeur, donc 100 % nature à Rs 200, mais aussi disponible en demi-portion. En effet, Chinatown Deli offre des petites et des grandes portions du même plat. Pratique, dépendant des appétits.
Prix très... digestes pour la majorité des mets sans compter les set menus dont celui à Rs 1350 pour dix personnes. Sont offerts une soupe de maïs, un pak cham, un moy choy niouk (à base de viande), un foong mee de crevette, des hakien, des champignons farcis, un poulet shamtung, un poisson aigre-doux, un chop suey de légumes et un bouillon de boulettes de poisson pour faire descendre le tout. Chinatown Deli, ouvert sept jours sur sept, assure un service de take-away, mais il vaut mieux réserver pour les grandes tablées.
Des parfums piquants et des senteurs mystérieuses vous parviennent avant même que vous n?ayez poussé la porte du restaurant Shamiana. L?Inde vous accueille à plats ouverts sur trois niveaux, dont des salles à manger personnelles, dans une ambiance feutrée.
Deux chefs indiens sont aux commandes de 11 à 14 h 30 pour le déjeuner et de 18 h 30 à 22 h 30 pour le dîner.
Les non-initiés à la cuisine indienne peuvent certainement s?en remettre au propriétaire, Idriss Lallmahomed, qui vous fera découvrir mets et merveilles. Par exemple, le dabeegosh, l?agneau à l?arabe, à base de noix de cachou et d?amandes, le poulet tikka au tandoor, au massala et à la sauce tomate. Aussi le mouton bhuna, mijoté aux huit épices, le methi machi, poulet en crème d?oignon et de feuilles de menthe, les crevettes jhinga au curry rouge ou encore le jhinga massala, soit des crevettes au massala grillé et à la menthe, servies sur un tawa brûlant pour Rs 180.
Si vous êtes plutôt mer, laissez-vous prendre au filet d?un panier pêcheur et dégustez du poisson assaisonné au lait de coco, à Rs 150, ou à l?oignon, aux feuilles de methi et servi en sauce, à Rs 160. La plupart des mets s?accompagnent de riz parfumé avec noix et raisins, de rotis tandoor et de naans à Rs 20 et Rs 40 ou des parrathas à Rs 20.
Le traditionnel poulet tandoori à Rs 180 entier et Rs 90.50 en demi est aussi au rendez-vous. Le bryani est proposé à Rs 65 et Rs 80, le pulao à Rs 60 et le mulugtawny à Rs 50.
Comme desserts, fondez sur le kheer, le halwa et le kurfi à Rs 35.
Shamiana, d?une capacité de 150 couverts, offre également une cuisine végétarienne tous les jours et un buffet ouvert tous les samedis sur réservation. Pour Rs 250, vous savourerez, en entrée, du poulet banjara au yaourt marié à l?ail, au gingembre, au piment en pâte et cuit sans huile, l?aloo tikki (catlesse de pomme de terre), le sabzi, soit des rouleaux de printemps à l?indienne ou des légumes grillés.
Suivent deux différents currys de poulet et un d?agneau, plus deux currys de légumes, un dholl, une salade verte mixte, une boisson gazeuse et un dessert. Des boissons délicieuses au melon d?eau ou au lait caillé aident à la digestion. Le tout dans une ambiance de ghazaals, interprétées par le groupe d?Idriss Lallmahomed, himself?
Bourse moyenne, ventre rond
Le plafond des dépenses pour votre réveillon ne dépasse pas Rs 500 ? Citoyen urbain, vous ne souhaitez pas enchaîner les kilomètres. Après le réveillon du 31, vous n?avez qu?une idée en tête, être à la maison à temps pour allumer le rituel des pétards à minuit. Une de ces adresses vous conviendra : King Dragon, Grand Océan ou Black Steers. Cuisine chinoise ou bon gros steak qui réchauffe l?estomac, ces restaurants vous donnent la possibilité de choisir le goût du dernier soir de l?année. Si le menu ne fait pas assaut d?originalité, il aura le mérite d?être différent de celui concocté à la maison.
Plans sympas entre amis
Votre propos n?est pas de focaliser toute votre attention sur le menu. Vous n?avez qu?une hâte, manger sur le pouce et direction boîte de nuit. Le côté populaire et la rapidité de service comptent plus que tout à vos yeux, surtout le soir du réveillon ? Alors le fast-food est pour vous, si cela ne vous dérange pas de vous y arrêter une fois de plus?
par Aline GROËME & héléna REICH
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