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Le Pakistan, un potentiel d?investissement de Rs 3 mds

28 mars 2006, 00:00

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Quel est le pays de fabrication de biscuits sucrés français ? L?Etat voisin de la Chine et de l?Inde : le Pakistan. Il s?affirme comme une puissance dans la croissance économique asiatique. C?est une importante source d?investissement étranger direct sur laquelle Maurice devrait capitaliser, estime le haut-commissaire, Syed Hasan Javed.

?Sous forme de partenariat, le Pakistan pourrait investir quelque 100 millions de dollars (Rs 3 milliards) dans un proche avenir. Déjà, nous avons l?exemple dans la filature. Les secteurs qui sont porteurs sont le tourisme, le seafood hub et la pharmaceutique?, fait ressortir à l?express Syed Hasan Javed dans le cadre de la semaine pakistanaise organisée par le Centre culturel islamique et le haut-commissariat.

Il précise néanmoins que l?injection de ces capitaux pakistanais dans l?économie locale sera tributaire du marketing qu?effectueront les autorités mauriciennes pour tirer bénéfice du boom pakistanais.

Un argument mis en avant est l?intérêt mondial dans ce pays, où les investissements directs étrangers atteindront la barre des cinq milliards de dollars cette année. ?Il est question de transformer la solidarité politique en une relation économique?, commente Syed Hassan Javed.

Les projets que propose le Pakistan vont au-delà du partenariat entre les hommes d?affaires. Car l?objectif à long terme sera de transformer Maurice en une plaque tournante des produits pakistanais dans l?océan Indien (Madagascar, Seychelles et les Comores) de même que les Etats de l?Afrique de l?Est.

Décupler le volume de commerce

A cet effet, le haut-commissaire évoque la notion de ?connectivité? entre le Pakistan et l?Afrique à travers Maurice, sur laquelle il faudrait capitaliser. Le pays, a-t-il souligné, a l?avantage d?entretenir d?étroites relations diplomatiques avec le Pakistan, auxquelles s?ajoutent des affinités culturelles.

Valeur du jour, la balance commerciale penche nettement en faveur du Pakistan, qui exporte pour Rs 1,2 milliard vers Maurice, représentant une hausse de 40 % par rapport à la précédente année. Ce sont 150 des 3 300 produits destinés à l?exportation qui gagnent les rives mauriciennes.

Le haut-commissaire affirme que le potentiel de décupler le volume de commerce existe bel et bien. Dans le contexte de plate forme régionale, le montant des échanges passerait à plus de 400 millions de dollars (Rs 12 milliards).

Procédant à l?ouverture de la semaine pakistanaise, hier matin, au Centre culturel islamique, le vice-Premier ministre et ministre des Infrastructures publiques, Rashid Beebeejaun, insiste sur le fait que les relations commerciales privées ne devraient pas être déterminées par l?identification ethnique. Car tous les hommes d?affaires sont concernés.

Une relation commerciale, dit-il, doit profiter aux deux partenaires, et non être à sens unique, comme c?est le cas actuellement. ?Nous ne voulons pas de privilèges spéciaux. Mais que le traitement qui nous est accordé soit égal à celui d?autres pays?, fait ressortir Rashid Beebeejaun.

Dans le concret, selon le vice-Premier ministre, le tourisme reste un secteur très porteur, dont le développement dépendra de la stratégie de marketing. Afin d?attirer cette clientèle pakistanaise, les hôteliers devront s?adapter à leurs exigences, comme c?est le cas pour d?autres marchés.

PARCOURS ÉCONOMIQUE

Un surprenant succès...

■ Les attentats du 11 septembre 2001 profitent au Pakistan. Cet Etat islamique, sous le coup de sanctions mondiales à la pelle, obtient subitement les faveurs des Etats-Unis et de l?Europe, pour se transformer en un ?surprenant succès économique?, comme le décrit l?hebdomadaire américain Newsweek.

Croulant sous les dettes à la fin des années 90, avec une croissance annuelle frôlant 0 %, le Pakistan était presque un Etat déchu. Sa politique d?armement nucléaire fait de cet Etat de 162,5 millions d?habitants, la nation la plus sanctionnée après la Libye. Les prêts à court terme sont assortis d?un taux d?intérêt exorbitant.

Quand Al-Qaida revendique les attentats, l?Occident et l?Europe changent diamétralement d?attitude face au Pakistan, voisin de l?Afghanistan, séparé par une frontière s?étalant sur des centaines de kilomètres, où s?étaient terrés les commanditaires. Immédiatement, toutes les sanctions sont levées.

Sous l?impulsion de Shaukat Aziz, ancien banquier et Premier ministre nommé par le président Pervez Musharraf, la transformation est rapide. Trop même.

Des entreprises étatiques sont privatisées. Le progrès gagne l?éducation, les sciences et les technologies faisant que 300 multinationales s?y sont implantées. Sa croissance annuelle moyenne s?élève à 6 %. Sa capitalisation boursière se mesure à 55 milliards de dollars. Ses réserves en devises ont crû de 800 %. Et les revenus par tête d?habitant ont doublé pour passer à 800 dollars.

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