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Le Pakistan et l’Inde se tendent la main pour les victimes
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Le Pakistan et l’Inde se tendent la main pour les victimes
L’Inde a favorablement accueilli, le 18 octobre, une offre du président pakistanais Pervez Musharraf d’ouvrir aux Cachemiris la ligne de contrôle (LOC) qui sépare, dans le territoire disputé du Cachemire, l’Inde du Pakistan.
Visitant, mardi, les zones dévastées par le tremblement de terre du 8 octobre, le général Pervez Musharraf avait, dans une conférence de presse à Muzaf-farabad, capitale du Cachemire sous administration pakistanaise, affirmé :
« Nous autoriserons tous les Cachemiris à traverser la LOC et à participer à l’effort de reconstruction. Je sais que de nombreuses personnes ont des parents des deux côtés : ouvrons davantage de routes et autorisons ces personnes à passer. C’est une suggestion que nous faisons à l’Inde », avait-il dit, ajoutant que « les modalités doivent être mises au point ».
<B>Les vœux des Cachemiris</B>
Dans le cadre des mesures de confiance développées entre l’Inde et le Pakistan depuis la mi-2004, un point de passage par bus très contrôlé a été ouvert au Cachemire. Divisé depuis 1948, le Cachemire est administré pour les deux tiers par l’Inde et pour le restant par le Pakistan. La proposition du président Musharraf, qui répond aux vœux des Cachemiris souhaitant pouvoir s’entraider, risque d’être difficile à mettre en œuvre sur le terrain. Derrière leur assaut de bonne volonté, le Pakistan et encore plus l’Inde sont sur leurs gardes, et le drame que vit le Cachemire n’a pas, pour l’instant, changé la donne.
Remerciant, mardi, une nouvelle fois, le premier ministre indien, Manmohan Singh, pour l’aide indienne, le général Musharraf a précisé : « Nous avons accepté l’assistance – indienne –, à l’exception des militaires. » Le président a réaffirmé qu’Islamabad voulait bien des hélicoptères indiens, mais sans leurs équipages, ce que refuse New Delhi. « En raison de la sensibilité [du sujet] ici, nous ne pouvons pas accepter que des militaires indiens viennent de ce côté », a-t-il ajouté.
Le drame qui frappe le Cachemire n’a, d’autre part, pas freiné l’ardeur des séparatistes qui se battent pour l’indépendance ou le rattachement de tout le Cachemire au Pakistan. Mardi, dans un assaut sur sa maison située dans un quartier de haute sécurité de Srinagar, capitale d’été du Cachemire indien, deux activistes ont assassiné le ministre pour l’Éducation de l’État, Ghulam Nabi Lone, 62 ans. Depuis 2000, c’est le troisième officiel de haut rang tué par des insurgés. Accusé par l’Inde de soutenir la guérilla au Cachemire, Islamabad a « condamné » cet assassinat, qui pourrait signifier que les séparatistes veulent montrer que le tremblement de terre ne les a pas détruits.
<B>@ 2 005 Le Monde – Françoise Chipaux – Distribué par The New York Times Syndicate</B>
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