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Le Pakistan à l?heure du choix du successeur de Musharraf

23 août 2008, 00:00

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Le Pakistan à l?heure du choix du successeur de Musharraf

Si le peuple pakistanais a manifesté sa joie après l?annonce, lundi 18 août, de la démission du chef de l?Etat, Pervez Musharraf, et si les marchés financiers ont grimpé de 4 %, le pays doit encore conjurer ses vieux démons : l?instabilité politique.

Pour l?heure, c?est le président du Sénat qui assure l?intérim à la tête du pays. Hier, la commission électorale a annoncé que le prochain président du Pakistan serait élu par le Parlement et les assemblées provinciales le 6 septembre.

<B>Obtenir sa vengeance</B>

Asif Ali Zardari, le veuf de l?ex-Premier ministre Benazir Bhutto, assassinée fin 2007, qui dirige le Parti du peuple pakistanais (PPP), principal mouvement politique du pays, n?a pas fait mystère de son souhait d?accéder aux plus hautes fonctions du pays.

L?autre pilier de la coalition au pouvoir depuis les élections législatives de février est l?ex-Premier ministre Nawaz Sharif, dirigeant de la Ligue musulmane du Pakistan (PML-N), qui a été chassé du pouvoir par Musharraf lors d?un coup d?Etat, en 1999. Il n?avait eu de cesse, depuis mars, d?obtenir sa vengeance en exigeant son départ. Il n?a pas fourni d?éléments sur son avenir, mais son parti juge peu probable que Zardari soit désigné chef de l?Etat.

La coalition évoquait, mardi, comme candidats potentiels à la présidence, Mehmud Khan Achakzaï, de la province du Baloutchistan (sud-ouest), et Aftab Shoban Mirani, de la province méridionale du Sind. Le choix pourrait aussi se porter sur des femmes, comme Fehmida Mirza, présidente de l?Assemblée nationale, ou la soeur de Zardari, Faryal Talpur. Enfin, le nom de Asfandar Wali Khan, leader du Parti libéral, membre de la coalition, est également cité. Le fils de Benazir Bhutto, âgé de 19 ans, nommé coprésident du PPP à la mort de sa mère, a assuré lui que le prochain président serait issu de son parti.

La démission de Musharraf a mis fin à dix-huit mois de crise politique et paraît entériner l?avancée du pouvoir civil dans un pays que l?armée a dirigé plus de la moitié de son histoire.

Au mois de juin, les avocats ont pris la parole et défilé dans la rue pour dénoncer les atteintes du régime aux libertés. Cette profession, traditionnellement muselée et parfois décriée, s?exprimait de façon inédite.

De même, la contestation du régime Musharraf a vu émerger une magistrature en mal d?émancipation par rapport au pouvoir politique. A sa tête figure l?ex-chef de la justice, Iftikhar Chaudry, radié par Musharraf en 2007 pour avoir contesté les conditions de sa réélection.

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