Publicité

Le NPC propose une compensation salariale entre Rs 260 et Rs 400

24 mai 2007, 00:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Une compensation salariale située dans la fourchette de Rs 260 à Rs 400 pour les salariés. C?est ce qu?a recommandé, hier, le National Pay Council (NPC) à l?issue du dernier round des négociations tripartites. Elles portaient sur le paiement de la compensation salariale appliquée à partir du 1er juillet 2007.

Cette recommandation du NPC sera présentée au gouvernement aujourd?hui pour être avalisée. Il y a eu consensus entre les représentants de la Maurititius Employers Federation (MEF), du gouvernement et des travailleurs sur le quantum de la compensation salariale au bout de deux heures trente de discussions à Victoria House, à Port-Louis Ainsi, les salariés touchant jusqu?à Rs 3 000 par mois obtiendront Rs 260, soit une compensation salariale de 8, 7 %. Ceux touchant plus Rs 8 000 obtiendront Rs 400 (voir tableau).

La MEF et l?état ont déjà fait leur calcul de l?enveloppe salariale à débourser. Le coût global tourne aux alentours de Rs 2,6 milliards. La MEF évalue son enveloppe dans la fourchette de Rs 1,3 à Rs 1,4 milliard.

Qu?en est-il de la réaction de l?association du patronat qui avait proposé une compensation salariale de 5,5 % à ceux touchant jusqu?à Rs 3 500 ? Le président de la MEF Mukesh Gopal a déclaré que l?association a accepté la recommandation du NPC ?dans un esprit de compromis national?. ?L?année dernière, la MEF avait pris l?engagement de montrer sa bonne volonté lorsque les indicateurs économiques s?amélioreraient. C?est ce que nous avons fait aujourd?hui.? Il déclare également qu?il ne faut pas oublier que la survie d?une entreprise dépend des conjonctures économiques et qu?une mauvaise planification peut aussi mettre le patron sur le paillasson.

?L?année dernière, la classe patronale avait accepté de payer Rs 135 seulement. Cette fois-ci nous faisons un effort exceptionnel en doublant le quantum de la compensation salariale annuelle.? L?an passé, la MEF avait lancé un appel aux entreprises les plus profitables pour qu?elles accordent une compensation salariale au-delà de ce qu?avait recommandé le comité tripartite. 38,7 % des membres de la MEF avaient répondu favorablement à l?appel.

?Nous réitérons la même demande cette année à travers le processus de négociation collective?, dit Mukesh Gopal.

Il en profite pour demander au gouvernement de proposer au plus vite la réforme de la loi du travail pour que la MEF puisse mettre en pratique son Vision Statement. Celui-ci vise à doubler le Produit Intérieur Brut d?ici 2015 et de transformer Maurice en une High Income Economy pour que la population puisse jouir d?une vie meilleure.

De son côté, Yusuf Sooklall, un des représentants des travailleurs qui avait proposé une compensation de 11 % à ceux touchant jusqu?à Rs 8 000, estime que le quantum recommandé par le NPC n?est ?pas suffisant?. Mais dans un ? esprit de compréhension? il a accepté la recommandation du NPC. Car il ne s?agit pas là de ?défendre l?intérêt des membres des syndicats?, mais de ?sécuriser l?intérêt des travailleurs qui ont beaucoup souffert de l?escalade des prix?.

Il ouvre par ailleurs une parenthèse en ce qui concerne les attaques dont il a été l?objet depuis qu?il a accepté de siéger au NPC. ?Zot ti kroir nu finn bwar dilo dir oui. Zordi nu sorti la tête haute. Bann travayer bizin zuje mintnan.? Il qualifie dans la même foulée des politiciens de l?opposition d?irresponsables. Il se demande combien de fois l?ancien ministre des Finances, Vishnu Luchmeenaraidoo, avait accordé une compensation salariale intégrale. ?Lepok met pous fin fini.?

Yusuf Sooklall déclare également qu?il y a eu autour du NPC beaucoup de mensonges notamment venant de ceux qui affirment que cet organisme remplacera le Pay Research Bureau ou le National Remuneration Board.

Dans une déclaration à la presse dans la soirée, le président du NPC, Sen Ramsamy, précise que ce comité a travaillé en toute indépendance, car, le gouvernement étant un partenaire comme un autre, ?n?est plus juge et partie?. Il souligne que la recommandation du NPC est basée sur quatre critères distincts : le taux d?inflation, les taux de l?emploi et de chômage, la productivité et la capacité des entreprises à accorder une augmentation salariale. Sen Ramsamy a constaté au cours des discussions qu?il y a consensus au sein du NPC sur une reprise dans plusieurs secteurs de l?économie. ?Nous recommandons maintenant que le taux d?inflation n?augmente pas et de permettre aux petites et moyennes entreprises de créer plus de richesse. L?idée est d?encourager des nouvelles entreprises à pénétrer le marché, créant ainsi l?emploi.?

?Nous recommandons maintenant que le taux d?inflation n?augmente pas et de permettre aux petites et moyennes entreprises de créer plus de richesse.?

Sen Ramsamy insiste sur le fait que le quantum de la compensation salariale qu?il a accordé est ?raisonnable et responsable ?. Il faut maintenant faire de sorte que la compétitivité du pays s?améliore en faisant de la productivité une nouvelle culture de travail.

Il remercie le président de la MEF pour son approche sur la question du paiement de la compensation salariale de même que les cinq représentants des travailleurs qui se sont investis dans le dialogue social et constructif.

Il ajoute que le travail du NPC ne s?arrête pas là. Il continuera à se réunir régulièrement pour analyser la situation économique et étudier le marché du travail.

>Réactions de syndicalistes

> Toolsyraj Benydin : ?Nous ne sommes pas satisfaits de la compensation salariale de Rs 260 à Rs 400 préconisée. La plate-forme syndicale a déjà envoyé un mémoire début avril pour la tenue d?une réunion tripartite et a réclamé une compensation de Rs 800. Elle a fait un travail scientifique en prenant en considération le taux d?inflation pour réclamer ce montant. Nous savons que le National Pay Council est un attrape-nigaud et les syndicalistes de la plate-forme ont refusé d?y siéger. Nous avons exercé et maintenu une pression constante et permanente sur le gouvernement et le NPC.

Notre manifestation de cet après-midi tient bon et nous allons maintenir la pression. Nous constatons que ceux au bas de l?échelle n?ont pas bénéficié d?une pleine compensation. Nous attendons la décision du Conseil des ministres pour décider de la marche à suivre. Le gouvernement veut discréditer les syndicalistes représentatifs. Nous sommes unis et solidaires de la classe ouvrière.?

> Haniff Peerun : ?La compensation salariale proposée par le NPC est dérisoire. Il sera très difficile pour la classe ouvrière de joindre les deux bouts surtout avec les augmentations des prix de plusieurs articles de base. Les syndicalistes qui siègent au sein du NPC doivent démissionner car ils ne représentent pas les intérêts des travailleurs. Le gouvernement doit accorder une compensation adéquate à ceux se trouvant au bas de l?échelle. Le ministre du Travail a failli dans sa tâche. Il doit démissionner. Le gouvernement n?a pu tenir ses promesses car il a berné le peuple.?

> Reeaz Chuttoo : ?Le barème de compensation salariale de Rs 260 à Rs 400 proposée par le National Pay Council est inacceptable pour la classe ouvrière. La plateforme syndicale le rejette. Nous avons réclamé une compensation salariale de Rs 800. Le front travailleur du secteur privé a fait une étude de cinq mois pour arriver à ce chiffre. Aujourd?hui, le NPC propose un barème gradué. Ceux au bas de l?échelle continueront à souffrir, surtout à cause de la cascade d?augmentations de prix des produits de base. Nous demandons au gouvernement de faire preuve de responsabilité afin d?éviter une crise sociale dans le pays. Nous lui demandons aussi de reconsidérer le chiffre de Rs 800 proposé par la plateforme syndicale.?

Main-d'?uvre

Vasant Bunwaree invite les non-syndiqués à un débat

Le ministre du Travail et des Relations industrielles, Vasant Bunwaree, rencontre aujourd?hui les travailleurs non-syndiqués. Il les a invités à un forum-débat à l?auditorium Octave Wiéhé à Réduit.

Lors d?une conférence de presse tenue hier à son ministère, il a estimé que ces travailleurs représentent 90 % de la main-d??uvre du pays et qu?ils doivent être écoutés. Cette rencontre, a-t-il dit, suit celles organisées avec les syndicats, la classe patronale et les forces vives du pays la semaine dernière. Le but final est de mettre sur pied un National Tripartite Forum.

Le ministre a assuré que l?installation mise du National Pay Council (NPC) est une initiative à la fois de l?ancien régime et du gouvernement actuel. Il a dit que l?idée a germé en 1997, lorsque le Bureau international du travail (BIT) entreprenait une étude sur le mécanisme de détermination des salaires à Maurice.

Le rapport sur l?étude, publié en 1998, compare le mécanisme utilisé en France, en Italie, au Brésil, aux états-Unis, au Canada, en Norvège, au Kenya, au Japon et à Singapour. Puis, une délégation tripartite est partie étudier le modèle singapourien. ?Le gouvernement MSM-MMM a continué ensuite mon travail en commanditant le rapport du professeur Lim?, a-t-il assuré.

Ainsi, a déclaré le ministre, l?institution du NPC trouverait son origine dans ce mémoire technique du BIT sur la détermination des salaires (Pay Determination in Mauritius). L?article 11 d?un autre rapport du BIT (Wage-fixing machinerie), datant de 1992, préconise que le salaire minimum soit ajusté en fonction de divers facteurs économiques, comme le coût de la vie, la productivité, le taux de l?emploi et celui du chômage, la capacité du pays à accorder une hausse salariale généralisée.

Publicité