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Le nouvel homme fort des État-Unis

6 décembre 2003, 20:00

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A ses débuts, dans les années 70, Arnold Schwarzenegger se faisait appeler Arnold Strong. L?ex-Monsieur Univers, ne croyait pas si bien dire. Dans la peau d?une cybermachine ou d?un soldat, Arnold Schwarzenegger a toujours été dans le camp des forts. Aujourd?hui, il écrit une nouvelle page de l?histoire des Etats-Unis en devenant le nouveau gouverneur élu au suffrage universel, de l?état le plus peuplé et le plus riche des Etats-Unis : la Californie. L?acteur, à voir ce soir à 20 heures sur Canal + dans Dommage collatéral, fait l?objet demain à 21h10 d?une enquête de Lundi Investigation.

Derrière les paillettes et le tohu-bohu que son élection a suscités, les interrogations sont nombreuses. Les scandales qui ont éclaboussé le candidat Arnold Schwarzenegger au sujet de son agressivité sexuelle, ainsi que ses relations ambiguës avec le nazisme, laissent envisager que Schwarzenegger aime plus le pouvoir qu?il ne voudrait le montrer.

Son costume de cinéma lui allait si bien. Aussi fort que le mythique Hercule, Arnold Schwarzenegger a concrétisé ses douze travaux de rêves, de puissance et de gloire dans les années 80 et 90. Mais le cinéma a ses limites. La cybermachine s?est essoufflée. Pour quelqu?un qui aime la politique au point d?épouser la nièce de Kennedy, le poste de gouverneur de la Californie, était paré de mille attraits. Schwarzenegger, exterminateur d?ennemis, a été sollicité par plus de la moitié des Californiens.

Méthodique, déterminé, bien conseillé, Arnold Schwarzenegger a toujours suivi sa bonne étoile. « J?ai toujours rêvé des gens très puissants, des dictateurs et des personnes comme cela. J?ai toujours été impressionné par des personnages dont on se souvient pendant des centaines d?années», disait-il dans un documentaire à sa gloire, tourné en 1977 par George Butler. Vingt-six ans plus tard, l?homme est plus subtil, mais le message reste le même.

«J?ai toujours le sentiment que je ne suis pas assez bon, pas assez intelligent, pas assez fort. Que je suis loin d?en avoir suffisamment fait et d?avoir totalement réussi. » Pour être devenu ce qu?il est aujourd?hui, il n?a pas hésité à prendre des anabolisants et l?a reconnu. « Vous devez faire tout ce qui est possible pour gagner, peu importe quoi», expliquait-il dans le même documentaire.

La volonté du héros de Conan le barbare est tout aussi frappante. Outre sa capacité à sculpter son corps et à assumer son destin hors du commun, cet homme, né en Autriche, un matin du 30 juillet 1947, voit sa vie changer lorsqu?en 1986, il épouse Maria Shriver, fille d?Eunice Kennedy-Shriver, s?ur du président assassiné John Fitzgerald Kennedy. Après son mariage, l?acteur, déjà célèbre au cinéma, entre dans le monde des patriciens des Etats-Unis. Il passe ainsi des heures à parfaire son éducation politique auprès de Sargent Shriver, son beau-père.

Il fait ses premiers pas dans la politique en 1990, lorsque George Bush, père, le nomme à la présidence du Conseil pour les activités physiques. Il parcourt le pays à ses propres frais, prêchant les bienfaits des pratiques physiques dans les écoles américaines. C?est à ce moment qu?éclatent les rumeurs sur les activités nazies de Gustav Schwarzenegger, son père. Pour les faire taire, Schwarzenegger fait don d?un million de dollars au Centre Simon Wiesenthal, chargé d?enquêter sur les activités de son père.

Aujourd?hui, Arnold Schwarzenegger réussit une belle métamorphose politique. Devenu, aux yeux de son électorat, un républicain moderne, il se présente en tant que défenseur des homosexuels, de l?avortement et du contrôle des armes à feu. Cette prise de position habile, est celle de la grande majorité des Californiens. Ce qui, dans le concret, le protège des accusations d?hypocrisie.

Pourtant, là où le bât blesse, c?est par rapport à ses positions libérales en matière de sexe. Arnold Schwarzenegger fait l?objet de farouches critiques quant à ses comportements vis-à-vis de la gent féminine. Son passé douteux d?ancien consommateur de drogues n?y aidant pas, la campagne électorale d?Arnold Schwarzenegger est vite éclaboussée par des accusations de harcèlement sexuel portées par six femmes.

Ces six femmes, parmi lesquelles figure Anna Richardson, présentatrice de télévision britannique, affirment avoir été victimes d?attouchements au cours des trois dernières décennies. Aucune d?elle n?a pourtant engagé de poursuites contre Arnold Schwarzenegger.

Ces attouchements allégués, dénoncés dans le Los Angeles Times, ont fait pâlir de honte Sean Walsh, le porte-parole de Schwarzenegger. Walsh a réfuté ces allégations, dénonçant une campagne de démagogie, orchestrée par les détracteurs de Schwarzenegger.

Ce dernier a pourtant présenté des excuses publiques dans le Los Angeles Times, reconnaissant «quelques excès», mais sans entrer dans les détails. « C?est vrai que j?ai été sur des plateaux de cinéma agités et que j?ai fait des choses qui n?étaient pas bien, que je considérais juste comme un jeu, mais je reconnais maintenant que j?ai offensé des personnes. A ces personnes, je souhaite leur dire que je suis profondément désolé et que je m?excuse.»

Le 7 octobre, 55,9 % sur plus de quinze millions d?électeurs du Golden State, ont élu Arnold Schwarzenegger comme successeur de Gary Davis. La campagne qui a passionné l?Amérique a placé sous les feux des projecteurs, l?ancien culturiste et star de films d?action. Arnold Schwarzenegger, dont le passé a été passé à la loupe lors de la campagne électorale, a néanmoins été élu. Comme le dit l?adage : Vox populi, vox dei. La voix du peuple c?est la voix de Dieu.

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