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Le Nobel de la paix à l?AIEA et son chef Mohamed ElBaradeï
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Le Nobel de la paix à l?AIEA et son chef Mohamed ElBaradeï
Ce choix du Comité Nobel norvégien, parmi une liste record de 1 999 candidats, était très largement anticipé en ce 60e anniversaire du largage des premières bombes atomiques sur les villes japonaises d?Hiroshima et de Nagasaki, en 1945, et dans un contexte où la prolifération des armes nucléaires - en Iran et en Corée du Nord notamment - préoccupe la communauté internationale.
«A un moment où les efforts de désarmement paraissent dans l?impasse, et alors qu?il y a danger que les armes nucléaires se propagent à la fois à des Etats et à des groupes terroristes, et que la puissance nucléaire semble revêtir de nouveau un rôle croissant, le travail de l?AIEA est d?une importance incalculable», souligne le Comité.
L?Agence partagera à parts égales le prix de 1,3 million de dollars avec son directeur général, un juriste de 63 ans que le Comité présente comme un «avocat intrépide» de nouvelles mesures visant à renforcer la mission fixée à l?agence spécialisée des Nations unies de s?assurer que l?énergie nucléaire n?est pas détournée à des fins militaires.
<B>«UN PIED DE NEZ ENVERS AUCUN PAYS»
«A un moment où la menace des armes nucléaires s?accroît de nouveau, le Comité Nobel norvégien souhaite souligner que cette menace doit être contrée à travers la coopération internationale la plus large possible», ajoute le Comité, qui juge l?AIEA et son directeur les mieux placés pour assumer cette mission.
ElBaradeï s?est illustré tout particulièrement avant l?invasion américaine de l?Irak en contredisant les Etats-Unis à propos de la présence d?armes de destruction massive dans ce pays, et Washington s?était vainement opposé récemment à sa reconduction à la tête de l?AIEA.
Mais le président du Comité Nobel, Ole Danbolt Mjoes, a démenti que l?attribution du prix 2005 soit une forme de critique voilée envers Washington. «Ce n?est un pied de nez envers aucun pays», a-t-il affirmé, lors d?une conférence de presse.
En 1985 et 1995, à l?occasion des 40e et 50e anniversaires de la bombe d?Hiroshima, le Comité avait déjà recompensé des organisations respectivement russe et britannique militant contre la guerre nucléaire, aussi s?attendait-on généralement que ce soit à nouveau le cas en 2005.
Le Comité confirme ce souci en rappelant que, dans son testament, Alfred Nobel, inventeur de la dynamite, avait voulu que le prix de la paix soit, entre autres critères, attribué à quiconque s?est distingué par ses efforts en vue de «l?abolition et la réduction des armées permanentes».
«En appliquant ces critères durant les récentes décennies, le Comité Nobel norvégien s?est concentré sur la lutte pour la diminution de l?importance des armes nucléaires dans la politique internationale, avec pour objectif leur abolition. Que le monde ait peu avancé dans ce domaine rend l?opposition aux armes nucléaires plus importante que jamais aujourd?hui».
«Je suis folle de joie. C?est le plus grand jour de fierté de ma carrière à l?AIEA. Je n?aurais jamais imaginé connaître ce jour. Je suis incroyablement fière et remplie de bonheur», a déclaré Melissa Fleming, porte-parole de l?AIEA, en assurant qu?ElBaradeï avait dû rester «sans voix» en apprenant la nouvelle.
Récompensé par le prix Nobel de la paix 2005 avec l?Agence internationale de l?énergie (AIEA) qu?il dirige, l?Egyptien Mohamed ElBaradeï est un lauréat méritoire, a estimé hier le vice-Premier ministre israélien Shimon Peres.
«C?est un lauréat méritoire, bien que ce ne soit pas le choix parfait. Il y a de nombreuses lacunes dans le dispositif de non prolifération, comme on le voit avec l?Iran, mais l?AIEA a beaucoup contribué à freiner la course aux armements et à empêcher qu?ils tombent dans des mains dangereuses», a déclaré l?ancien Premier ministre, lui-même prix Nobel de la paix.
«Le message envoyé, c?est de prévenir la prolifération des armes de destruction massive car si des irresponsables dans le monde - et il y en a beaucoup - parviennent à acquérir des armes nucléaires, il deviendra très dur de continuer à vivre sur cette Terre», a-t-il confié à la radio nationale israélienne.
<B>Deux Américains et un Allemand se partagent le prix Nobel de physique </B>
L?Académie royale suédoise des sciences a décerné mardi le prix Nobel de Physique de 2005 aux Américain Roy Glauber et John Hall et à l?Allemand Theodor Haensch. Les trois scientifiques ont remporté le prix pour leur travail sur «une recherche optique qui pourrait conduire à une meilleure communication longue-distance et à une navigation plus précise sur terre et dans l?espace». «Depuis que les humains peuplent la Terre, nous sommes fascinés par les phénomènes optiques et nous avons peu à peu dévoilé la nature de la lumière», a déclaré l?académie. «Avec l?aide de la lumière, nous pouvons nous orienter dans nos vies quotidiennes et observer les galaxies les plus lointaines de l?univers». Glauber, professeur de physique de 80 ans à l?université d?Harvard, a remporté la moitié du prix Nobel pour avoir posé les bases de l?optique quantique, expliquant la différence fondamentale entre des sources de lumières comme les ampoules et les lasers, indique l?académie. Hall, 71 ans, professeur à l?Université du Colorado, et Haensch, 63 ans, professeur de l?Université Ludwig-Maximilian à Munich, partagent ce prix «pour leur développement de la spectroscopie basée sur la précision du laser, c?est-à-dire la détermination de la couleur de la lumière des atomes et molécules avec une extrême précision». Il s?agit du second Nobel annoncé cette semaine. Lundi, le prix de Médecine a été attribué aux Australiens Barry J. Marshall et Robin Warren pour avoir prouvé qu?une bactérie, et non le stress, était à l?origine des ulcères de l?estomac et de l?intestin.
<B>Le Français Yves Chauvin couronné par le prix Nobel de chimie </B>
Le scientifique français Yves Chauvin a été récompensé par le prix Nobel de chimie pour ses travaux sur la métathèse, procédé indispensable à une chimie respectueuse de l`environnement. Il partage ce prix avec deux Américains ayant travaillé comme lui dans le domaine de la chimie organique, Robert H. Grubbs et Richard R. Schrok.
Lacadémie royale de Suède, en décernant cette récompense de 10 millions de couronnes (près de 1,3 millions de dollars), a souligné que leurs découvertes pourraient conduire à la mise au point de médicaments traitant des pathologies comme le sida, le cancer, le syndrome de Down ou la maladie dAlzheimer. Yves Chauvin, 74 ans, est le huitième chimiste français à être récompensé par l`Académie royale des sciences de Suède. Le précédent Nobel de chimie français avait été Jean-Marie Lehn en 1987.
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