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Le MSM ne célèbre pas ses 25 ans

15 avril 2008, 00:00

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On comprend la méfiance de Pravind Jugnauth à l?égard du syndrome tout lé temps mo papa ti dire moi quand to bisoin cash alle guette Enetel, sans lui pardonner ce qui peut sembler un refus du Mouvement socialiste mauricen, de célébrer le 25e anniversaire de sa création, alors que le MMSM de Dulloo tient congrès pour souffler ses 13 bougies. C?est, en effet, le vendredi 8 avril 1983, que le Premier ministre d?alors, Anerood Jugnauth, décide de prendre ses distances avec le parti dont il est toujours officiellement le président, le MMM, pour créer son propre parti, le MSM, en raison de l?hostilité croissante entre les partisans de Paul Bérenger et ses propres partisans. C?est l?inévitable épilogue d?une longue série de regrettables malentendus, prenant sa source dans le plein exercice des pouvoirs et prérogatives constitutionnels du Premier ministre de Maurice.

Jusqu?au 11 juin 1982, Anerood ne s?est jamais caché d?être un président du MMM et même un chef de l?opposition à mi-temps, accordant davantage de temps et d?attention à sa profession juridique qu?à ses responsabilités politiques et se contentant de suivre le rythme imposé par Bérenger. Il ne peut plus en être autrement après la victoire électorale de l?Alliance MMM-PSM. Il ferme son étude d?avocat et devient Premier ministre à part entière. De ce fait, il n?a plus de compte à rendre à son parti mais à la population qui l?a choisi comme Premier ministre. Et pour peu qu?il veuille faire une fleur aux instances de son parti et à ses compagnons de lutte qui l?ont aidé à conquérir ce fauteuil de PM, ce ne sont pas les hauts fonctionnaires ni ses adversaires politiques qui manquent pour lui rappeler qu?un Premier ministre dirige la bonne exécution des décisions du conseil des ministres et n?a pas à recevoir de directives du politburo, du comité central, de l?assemblée des délégués d?un quelconque parti, fût-il le sien.

Pendant neuf mois, Bhai Anerood, comme on le surnomme au MMM, a patiemment expliqué qu?il ne peut plus être le président accommodant d?avant le 11 juin 1982 mais qu?il doit pleinement agir comme Premier ministre, non pas du MMM, mais de toute l?île Maurice. Mais peut-il convaincre ceux qui comprennent que lorsque cela les arrange. Sa décision, qu?il partage toutefois avec son adjoint, Harish Boodhoo, de limoger Gaëtan Essoo, devient la goutte d?eau faisant déborder le vase de mécontentement des politiciens absolument allergiques au Jugnauth nouveau. Ils le somment de redevenir séance tenante le pantin malléable qu?ils espéraient qu?il resterait au gré de leur bon plaisir. Nos réminiscences ont raconté, en long et en large, le crescendo des événements depuis l?inoubliable 22 mars 1983. Le moment est venu pour Jugnauth de rompre les amarres avec ceux refusant la métamorphose opérée en lui. Il choisit la date du 8 avril et Vacoas pour lancer son nouveau parti. L?ancienne gare sert de fonts baptismaux. Une pluie torrentielle tient lieu d?eau de baptême. Les Mauriciens en général et les politiciens en particuliers sont solennellement avertis : Dorénavant, ils devront prendre en considération le MSM d?Anerood Jugnauth.

Ce dernier commence son meeting par un soupir plein de regret : C?est la première fois, explique-t-il, qu?il prend la parole à un meeting auquel Bérenger ne participe pas (du moins depuis son entrée au MMM). «Mo lé c?ur gros !» Il rappelle la lutte menée ensemble au sein du MMM. Mais Bérenger à soif de pouvoir politique suprême. Il rappelle les tentatives d?alliance du MMM avec SSR. Bérenger a soif de pouvoir mais n?a pas la patience pour attendre le temps qu?il faut. Il a eu à hausser la voix pour que le MMM ne fasse pas alliance avec le PTr avant le 11 juin 1982. Bérenger ne croit pas non plus dans nos institutions démocratiques, électorales et constitutionnelles. Mo faire foutre are tout ça ! Or le Mauricien est attaché à ses institutions. Rien ne sert de se presser. La Vérité finit toujours par triompher.

Autre révélation : Jugnauth est hostile au projet d?alliance avec Harish Boodhoo et son PSM. Paul insiste. Il admire Boodhoo. Veut l?avoir comme président du MMM. Jugnauth précise que Bérenger insiste pour que Boodhoo devienne le président du MMM. Toujours le commode paravent hindou sans lequel on se croit tout nu et vulnérable. Bérenger veut se servir de lui comme marchepied. Si tu voulais devenir Premier ministre, lance-t-il, à Bérenger, c?est avant le 11 juin 1982 qu?il fallait le faire savoir et non pas après.

A demain, pour la suite du compte-rendu de ce meeting inaugural, copieusement arrosé par des pluies torrentielles que les Vacoassiens (Météo comprise) connaissent trop bien. Une remarque s?impose toutefois : de toute la presse, Le Militant est le seul, en avril 1983, à ne pas couvrir le meeting créant le MSM. Pravind Jugnauth serait-il un militant mauve sans le savoir ? En tout cas, il respecte à la lettre la consigne de qui vous savez et vieille de 25 ans.

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