Publicité

Le Mozambique nous ouvre de nouvelles possibilités

26 mai 2004, 20:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

C?est sous le signe d?un renforcement de la coopération économique, politique et culturelle que s?est déroulée hier la première journée de la visite officielle du Premier ministre Paul Bérenger au Mozambique.

Si Paul Bérenger a, dans tous ses discours, placé cette visite dans le cadre d?une tournée dans les pays de peuplement de Maurice, les sessions de travail qu?il a eues avec le président mozambicain Joaquim Chissano et avec le gouvernement de ce pays ont été néanmoins axées sur les moyens de poursuivre la coopération économique qui est déjà bien engagée entre nos deux pays. En effet, à travers des joint- ventures, Maurice est déjà présente dans le secteur sucrier, le textile, la banque, les télécommunications, le fret, les services aéroportuaires et le fast-food au Mozambique. Fort de cette base établie, de nouvelles pistes de partenariat ont été évoquées.

Rencontre avec Bérenger

A l?issue de son tête à tête avec Paul Bérenger et de la séance de travail intergouvernementale, le président Chissano a balisé les champs d?actions futures. A Luabo, la deuxième propriété sucrière du consortium mauricien Compania de Sena, l?élevage bovin a déjà commencé. Le président mozambicain souhaite y voir se développer la culture du riz et les cultures vivrières.

Le tourisme est un autre secteur porteur, au même titre que la pêche, dit-il. Le transport, la communication et les technologies de l?information et de la communication sont également des secteurs à promouvoir, a poursuivi Joaquim Chissano lors d?un point de presse conjoint avec Paul Bérenger. La poursuite et l?expansion de la coopération économique concernant de nouveaux champs d?activités seront à l?avenir facilitées par la signature hier d?un accord-cadre général de coopération entre Port-Louis et Maputo. Les deux parties se sont réjouies et félicitées de la signature de cet accord.

?Nous aurons dorénavant une coopération mieux encadrée. La coopération entre nos deux pays a bien marché malgré l?absence d?un tel accord. Maintenant que nous en avons un, cela ne pourrait qu?aller mieux?, déclare Joachim Chissano.

?Cet accord devrait nous permettre de progresser davantage. Ce que nous avons accompli jusqu?a présent est déjà fantastique et le potentiel est encore plus excitant. Marromeu est un exemple de la coopération Sud-Sud. Nous allons vers l?élevage de bétail, le textile, l?élevage de poulet, la pêche, les Tic.? ?The sky is the limit?, renchérit Paul Bérenger, enthousiaste.

Création d?un fonds d?investissement

Face au vaste éventail de possibilités évoquées, la partie mauricienne retient surtout le potentiel de développement dans le domaine de l?agriculture, de l?agro-industrie et de la pêche. Il y a non seulement, un marché domestique de 18 millions d?habitants mais aussi des possibilités d?exportation vers l?Europe et les Etats-Unis. Le ministre de l?Agriculture, Nando Bodha, qui fait partie de la délégation mauricienne, fait ressortir qu?en tant que Pays moins avancé (PMA), le Mozambique bénéficie d?un accès en hors taxes sur le marché européen grâce à l?initiative Everything But Arms.

?L?agriculture est notre point fort de par ce que nous avons déjà réalisé à Marromeu. Il y a maintenant un projet de développement immense dans lavallée du Zambèze qui concerne quelque 280 000 kilomètres carrés. Le Mozambique souhaite y développer la culture du riz, l?horticulture et les fruits. Ils veulent que les entrepreneurs mauriciens viennent aider à développer cette vallée?, déclare Nando Bodha.

Pour le gouvernement et le secteur privé, un des gros problèmes demeure le financement des projets de cette envergure. La création d?un fonds d?investissement avec les bailleurs de fonds tels que la Banque européenne d?investissement (BEI), la Banque africaine de développement (BAD) ou encore le Millennium Challenge Account des Etats-Unis a été evoqué lors des discussions. ?Lorsque l?argent nous manque il devrait y avoir un fonds qui serait disposé à contribuer. Mais pour cela il faut un véhicule d?investissement approprié auquel nous pouvons accéder?, déclare Raj Makoond, directeur du Joint Economic Council.

Néanmoins, face au problème de financement, la création d?une nouvelle entreprise de production de poulet dans la région de Boane est un modèle à suivre. Cette entreprise dont la première pierre a été posée hier par le Premier ministre est un joint-venture triangulaire entre Mauriciens, Mozambicains et Français. Le capital de $ 4 millions a été apporté par Happy World Foods et le groupe Ramphul de Maurice, par une société mozambicaine, la Mulosa Gestao Ltd et par le groupe francais, Bourbon Axa Investement Fund, le bras financier du groupe de Jacques de Chateauvieux.

Par ailleurs, le déplacement du Premier ministre et du président Chissano vers les Comores prévu pour aujourd?hui a été annulé.

Stéphane SAMINADEN du Mozambique

Publicité