Publicité
Le Morne : le survol d?un symbole
Dix minutes de magie. Pas une de plus. C?est le temps qu?aura duré notre survol de la montagne mythique. C?était, hier, à l?invitation du ministère des Arts et de la Culture. Voler au-dessus du Morne en hélicoptère, une aubaine dont nous avons pu profiter à l?occasion de la visite de Francois Odendaal, expert sud-africain du réseau de consultants EcoAfrica, recommandé par l?Unesco.
Arrivé samedi, il est venu prêter son concours à la rédaction du Nomination Dossier du Morne, document devant contenir toutes les bonnes raisons pouvant convaincre l?Unesco d?inscrire le Morne sur la liste du Patrimoine mondial.
Tellement d?histoires lues et entendues. Un trésor de l?imagination nourrit par les légendes, les sirandanes mais aussi les travaux de recherche d?historiens avides d?établir la réalité historique entourant le Morne.
<B>Regarder avec tous ses sens les flancs du Morne</B>
Et moins de dix minutes pour tout vérifier. Attendre plus d?une heure entre l?arrivée sur le terrain de foot du Morne et le moment de grimper dans l?hélicoptère de la police. Marcher courbée (pas à cause du chik mais du choc des pales). Le temps de boucler la ceinture de sécurité, de mettre le casque et voilà notre sort entre les mains des co-pilotes.
«Ena impe turbulans, helicopter pou vibre impe, pa bizin per.» Le tout dit sur un ton rassurant, comme s?il lisait un bulletin météo. Et si une de nos mains s?agrippe au bord du siège recouvert de velours bleu, le rythme de notre c?ur retrouve vite sa vitesse de croisière. Oublié les inconvénients de la pluie intermittente et du vent glacial qui vous gèle la peau du cou.
Un virage à la corde et d?un coup de manche à balai, nous montons jusqu?à 2 000 pieds. «Vous pouvez voir le signe de croix», indique l?un des pilotes en pointant du doigt la façade bleu basalte. Plus loin, c?est l?helipad, qui ressemble à un minuscule biscuit posé au bord du vide. S?y poser semble relever de la virtuosité.
Regarder avec tous ses sens les creux et les plis des façades escarpées de la montagne (sacrée notamment pour les rastafari). Entendre Stéphanie Anquetil, directrice du Morne Heritage Trust Fund dire tout haut ce que nous pensons tout bas : «C?est magnifique.»
De retour sur la terre ferme elle dira : «Quand nous avons survolé le sommet, je me suis posé une question : nous, nous avons besoin d?un hélico, comment les marrons sont-ils arrivés en haut ? Il est impératif que tous les Mauriciens aient accès à la montagne. C?est une priorité. Nous allons demander à Francois Odendaal comment rendre cela possible.»
<B>Rencontrer habitants et promoteurs </B>
Deux ministres ont également pris la voie des airs hier. Mahendra Gowressoo ministre des Arts et de la Culture a survolé le Morne en compagnie de Madun Dulloo, ministre des Affaires étrangères, membre du comité interministériel institué pour faire le suivi du dossier de demande d?inscription.
La visite terminée, Mahendra Gowressoo devait nous rappeler que c?est la deuxième fois qu?il survole la montagne. Déjà blasé le ministre ? Il a expliqué que la prochaine démarche de l?expert sud-africain sera de rencontrer les habitants du core zone ( la zone protégée), ainsi que les promoteurs positionnés dans la zone avec des projets IRS. «Il y a 99 parcelles de terre et 70 maisons qui existent déjà sur le site.» Selon lui, il ne s?agit pas de déloger les habitants mais bien d?intégrer tous les partenaires du dossier dans la demande d?inscription.
<B>Traitement différencié pour la MBC</B>
Pendant que leurs confrères (en réalité des consoeurs) de la presse écrite n?ont fait que survoler le Morne en hélicoptère,l?équipe de la MBC elle, a eul?occasion de fouler le sol de la montagne. Elle est la seule à avoir pu suivre l?expert Francois Odendaal et Diana Bablee lors de leur ascension de la montagne. Certes, ils se sont levés tôt(il fallait être au Morne à 6 h 30), mais notre plume ne craint pas d?être matinale. Ni de marcher pendant plusieurs heures, surtout quand il s?agit de faire notre métier : informer.
Publicité
Publicité
Les plus récents