Publicité

Le Morne : la mémoire aura sa stèle

24 janvier 2005, 00:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Poser sa marque sur la terre de la souffrance. Délimiter le territoire de la mémoire. Celui de la liberté, du grand saut hors d?un système d?asservissement. Autant d?intentions cristallisées autour de la stèle qui sera installée dans le courant de la semaine au lieu-dit Le Tamarinier, au Morne. Dessinée par Bernard Perrine, président du conseil d?administration du Le Morne Heritage Trust Fund et architecte de profession, cette stèle, ?ni en pierre, ni en métal,? sera dévoilée le 1er février.

Sa portée, avant tout symbolique, étoffe les activités conjointement organisées par le Trust Fund et le centre Nelson Mandela pour la culture africaine, à l?occasion du 170ème anniversaire de l?abolition de l?esclavage. Le même jour, les dépôts de gerbes, ont été décentralisées pour toucher le maximum d?audience. Ce sera également l?occasion pour le Premier ministre de lancer un site web sur l?esclavage.

En sus de la traditionnelle cérémonie de Pointe-Canon, le recueillement sera de mise à Albion Docks, pour saluer la contribution des travailleurs du port au développement économique. Des fleurs seront également déposées au Quai C, au pied de la stèle érigée en mémoire aux Chagossiens, au Trou-aux-Cerfs, où se trouvent des tombes malgaches, à l?ancienne prison des esclaves de Belle-Mare. L?ancre du Saint-Géran ? bateau négrier ? placée à Poudre-d?Or, n?a pas été oubliée, ni le Fort Frederick Hendrik à Vieux-Grand-Port, lieu de débarquement des premiers esclaves, entre autres.

Un mois de février qui promet d?être faste, ?à condition de trouver les financements?, ainsi que le précise Jean-Claude Augustave, directeur du centre culturel Nelson Mandela. Dans la soirée, la cour de la municipalité de Vacoas? Phoenix accueillera un concert populaire où sont attendus Firmin Viry, chantre du maloya, de même que les habitués du genre : Menwar, Natir, Otentik Street Brothers, Ravann Sans Frontières, Tambour Chagos?

Selon Jean-Claude Augustave, le centre Nelson Madela pour la culture africain prévoit aussi de commémorer le Black History Day en collaboration avec l?ambassade américaine, par le biais d?un concert de jazz et de blues. Une série d?expositions sont aussi à l?agenda : à Curepipe, des panneaux représentant le commerce d?hommes; dans la cour du Plaza, des sculptures de Jocelyn Louise; à Vacoas, les arts malgaches; à l?Université de Maurice, une réplique d?une cave du Morne. Un colloque est également en préparation, sur les liens historiques entre Maurice et Madagascar.

NOUVEAUX LOCAUX

<B>Un pied dans la poste pour le centre Nelson Mandela </B>

■ Le cachet de la poste faisant foi, le centre Nelson Mandela pour la culture africaine emménagera dans ses nouveaux locaux en septembre 2005. Le coup d?envoi des travaux de conversion de la Poste centrale en centre culturel sera donné le lundi 31 février par le Premier ministre Paul Bérenger. Le coût des travaux ? échelonnés sur deux phases ? est estimé à Rs 30 millions. Surface d?exposition, audio et médiathèque, salle de conférence, espace de projection sont prévus pour le centre actuellement à l?étroit au Fon Sing Building, à la rue Edith Cavell, à Port-Louis. L?annonce du déménagement avait été annoncée par le Premier ministre, Paul Bérenger, le 17 avril 2001 au Parlement, lors de son discours sur le bien-fondé des centres culturels. Le centre culturel africain, qui porte désormais le nom de centre Nelson Mandela pour la culture africaine, a été officiellement inauguré le 27 octobre 1986, dans le sillage du 150ème anniversaire de l?abolition de l?esclavage, célébré en 1985. C?est en 1989 que le African Cultural Centre Trust Fund a été voté à l?Assemblée nationale. Cette loi a été remplacée par le Nelson Mandela Centre for African Culture Trust Fund, en mai 2000.

Publicité