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Le Morne en marche
Escalader le Morne. Non seulement un défi physique, mais surtout un travail d?expert. Celui de François Odendaal. Spécialiste indépendant en patrimoine, recommandé à la fois par l?Unesco et le gouvernement sud-africain, il a entamé hier un marathon de deux semaines, visant à préparer le Nomination Dossier du Morne. Document crucial qui, soumis à l?Unesco, contiendra tous les arguments en faveur de l?inscription du Morne sur la liste du Patrimoine mondial.
?Le Morne est un lieu spécial à plusieurs titres?, a déclaré François Odendaal à l?express, à l?issue de réunions successives avec, d?une part, le comité interministériel chargé de la question et, d?autre part, des représentants de la police, du ministère des Terres et du Mahatma Gandhi Institute, entre autres.
?Nous avons tendance à ne penser qu?à l?oppression qui caractérise le système esclavagiste, en oubliant que c?est aussi une période de résistance. Le Morne est justement un symbole de cette résistance. Je ne sais comment les marrons se sont débrouillés pour l?escalader.?
Pour s?en rendre compte, l?expert, accompagné de trois spécialistes de l?escalade, entreprendra l?ascension du Morne demain. Pas d?hélicoptère ?, demandons-nous. ?La piste d?atterrissage n?a pas servi depuis au moins un an, la végétation y a repris ses droits. La police, qui assure la sécurité dans cette entreprise, préfère éviter tout risque.?
François Odendaal attend surtout de voir le gouffre de la façade sud de la montagne. ?La légende veut que les marrons aient jeté un tronc d?arbre des deux côtés du précipice pour le franchir avant de le balancer dans le vide pour que personne ne puisse les suivre.? Objectif de tous ces efforts : faire le plein d?expériences de première main. ?D?ailleurs, si le site est éventuellement inscrit sur la liste du Patrimoine mondial, beaucoup de visiteurs souhaiteront y aller.?
L?agenda de l?expert sud-africain comprend également des rencontres avec les villageois du Morne et les promoteurs hôteliers dont ceux de la Société Morne-Brabant, qui s?est positionnée avec son projet de villas, assorti d?un projet de réhabilitation de la forêt. ?C?est important de parler à tous ceux concernés par le Morne. Ce sera fait dans un réel esprit d?ouverture.?
Rencontres qui font écho à celles qu?avait eues le Dr George Abungu, précédent expert envoyé par l?Unesco. Il avait, lui aussi, visité le site et rencontré les acteurs du dossier en mars et en juillet 2005. ?Disons que je viens ajouter au travail du Dr Abungu. Il n?est pas rare que l?Unesco demande une révision des travaux.? C?est l?occasion pour François Odendaal d?insister sur ?la volonté, la bonne organisation et l?enthousiasme de toutes les personnes qui travaillent sur le dossier?.
Ses réactions sur les spéculations suivant l?inscription de l?Aapravasi Ghat. ?Il n?y a pas de règle qui limite le nombre de sites selon la taille du pays ou qui impose un délai au pays qui vient d?obtenir une inscription, avant de soumettre une nouvelle demande. Tout dépend de la valeur universelle du patrimoine.? Pour exemple, Seychelles et Madagascar ont chacun deux sites inscrits sur la liste.
Justement, François Odendaal, expert de EcoAfrica, a une liste impressionnante de ?clients? qu?il aide dans la préparation de leur dossier. Parmi, la Grande île, l?Afrique du Sud, l?Angola et la Tanzanie. EcoAfrica, fondée en 1988, est forte d?une équipe de consultants pluridisciplinaires au service des Etats, des communautés locales et du secteur privé.
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