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Le Morne au c?ur des célébrations du 1er février

24 janvier 2008, 00:00

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Cette année, les festivités du 1er février, commémorant le 173e anniversaire de l?abolition de l?esclavage, se tiendront dans la perspective de l?inscription du Morne au Patrimoine mondial. De Pointe-Canon, où se trouve le Monument aux esclaves, les festivités se déplaceront vers la plage publique du Morne.

«C?est en signe de reconnaissance de la souffrance des esclaves», a expliqué hier Mahendra Gowressoo, ministre des Arts et de la Culture. Valorisation aussi de «la contribution au développement de Maurice des esclaves et de leurs descendants». L?invité d?honneur est le Béninois Olabiyi Babalola Joseph Yaï, président du conseil exécutif de l?Unesco.

La cérémonie protocolaire qui débutera à 10 h 15 sera suivie d?un «tamtam» avec les incontournables Otentik Street Brothers, Ravanne sans frontières, Serge Lebrasse, Michel Legris, Marclaine Antoine, Jean Claude Gaspard et Nancy Dérougère, entre autres. Dans le cadre du programme d?échange culturel entre le Mozambique et Maurice, la troupe mozambicaine Moticoma fera aussi le déplacement pour l?occasion.

D?un point de vue plus symbolique, le 1er février verra une avancée dans le projet de La route de l?esclave. Ce projet de l?Unesco consiste à ériger des stèles dans les régions concernées par l?esclavage. Pareilles stèles existent déjà à Fort-Dauphin à Madagascar, à Saint-Paul de La Réunion et au Mozambique.

Si la stèle locale marquant les étapes indianocéaniques de la route de l?esclave ne sera pas prête au 1er février, son emplacement sera signalé par une plaque, qui sera dévoilée ce jour-là. La stèle, elle, «pourrait être prête peut-être après l?inscription», a dit le ministre.

Ce projet, dont Sudel Fuma,de l?université de La Réunion, est l?un des ardents défenseurs, avec Jocelyn Chan Low, de l?université de Maurice, est en cours depuis 2004. «Nous sommes satisfaits de voir avancer le projet», a d?ailleurs dit l?historien mauricien, à l?issue des annonces du ministre Gowressoo. Il a confié que la prochaine stèle devrait être érigée à Pondichery en Inde, avant que l?Unesco même ne fasse la demande pour que ces stèles ? toutes situées dans un jardin endémique ? ne fassent l?objet d?une inscription sur la liste du Patrimoine mondial.

Quant au Morne, Mahendra Gowressoo dégage un sentiment d?optimisme quand il évoque le dossier du Morne. Confiant, il insiste sur le fait que la demande d?inscription mauricienne sur la liste du patrimoine mondial de l?Unesco est le seul dossier retenu pour l?Afrique. «Dans le cas de l?Aapravasi Ghat, il y en avait sept ou huit», a-t-il déclaré. Avant de se montrer plus mesuré derrière un grand sourire : «Nou pa bizin fer tamtam depi aster la mem.»

La version finale du plan de gestion du site devrait être remise à l?Unesco d?ici la fin du mois. Et la décision du comité du Patrimoine mondial sera connue au Canada en juillet 2008.

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