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Le moral des industriels bénéficie d?un ?effet euro?

29 juin 2005, 00:00

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Le moral des industriels français s?est légèrement redressé en juin, selon l?enquête mensuelle de l?Insee, mais les perspectives générales de production restent sombres et les économistes sceptiques.

Ces derniers voient surtout dans le rebond de juin un effet de la baisse de l?euro par rapport au dollar.

L?indicateur synthétique du climat des affaires est remonté à 99, légèrement en dessous de sa moyenne de long terme, après 97 en mai (initialement annoncé à 96) et en avril.

Il n?avait guère cessé de se détériorer ces derniers mois, passant de 108 en octobre 2004 à 97 en avril dernier, après s?être stabilisé à 105 en novembre, décembre et janvier.

Les économistes interrogés s?attendaient en moyenne à un indicateur synthétique à 96 en juin.

?Les réponses des chefs d?entreprise interrogés en juin 2005 font ressortir une amélioration de la conjoncture industrielle après une phase de dégradation de quatre mois?, souligne l?Insee. ?Les industriels considèrent que l?activité a rebondi.?

<B>La confirmation d?une grande incertitude</B>

De fait le solde d?opinions (écart entre les pourcentages de réponses ?en hausse? et ?en baisse?) pour la production passée se redresse à 8, c?est-à-dire au-dessus de la moyenne de longue période, après 1 en mai, -1 en avril et +11 en mars.

Ce rebond intervient alors que le climat des affaires s?est amélioré en Allemagne en juin, pour la première fois en cinq mois, selon l?enquête publiée par l?institut munichois d?études économiques Ifo : l?indice calculé après une enquête mensuelle auprès de 7 000 entreprises est remonté à 93,3 après 92,9 en mai, qui était son plus bas niveau depuis août 2003.

En revanche, le moral des chefs d?entreprises italiens est tombé en juin à son plus bas niveau depuis novembre 2001, avec un indice de confiance à 84,2 après 84,3 en mai, selon l?institut d?études économiques Isae.

En France, les perspectives personnelles de production des industriels s?améliorent (elles sont passées de 0 en avril à 6 en mai et 10 en juin).

L?indicateur de retournement de la conjoncture est d?autre part repassé au-dessus de zéro pour la première fois depuis six mois et s?approche même de sa valeur maximum (1,0), à 0,7, ce qui démontre une ?activité en accélération?, selon l?Insee.

Ces éléments sont cependant en contradiction avec des perspectives générales de production qui continuent de se détériorer (-26 en juin après -24 en mai et -18 en avril) ? un phénomène qui témoigne ?d?un climat général encore lourd?, souligne l?Institut national de la statistique.

Les soldes d?opinion restent largement négatifs en ce qui concerne les carnets de commandes globaux (-21 en juin après -24 en mai et -21 en avril) et les carnets de commandes étrangers (-21 en juin après -25 en mai et -21 en avril).

Pour une majorité de chefs d?entreprises interrogés, les stocks sont en hausse tandis que les perspectives personnelles en matière de prix restent orientées à la baisse.

Les économistes interrogés voient dans ces résultats contradictoires la confirmation d?une grande incertitude. Pour eux, le léger redressement du moral des industriels français en juin est surtout lié à la baisse de l?euro par rapport au dollar, gage d?une meilleure compétitivité des exportations de la France.

<B>?Situation économique relativement fragile?</B>

?On interprète ça comme un soulagement à court terme, qui dépend uniquement de l?affaiblissement de l?euro?, explique ainsi Luca Silipo, d?Ixis CIB.

?En revanche, tout ce qui concerne les perspectives reste assez incertain, comme les perspectives générales de production qui sont en baisse continue?, ajoute cet économiste pour qui l?incertitude principale réside toujours dans l?évolution du pétrole, qui flirte actuellement avec les 60 dollars le baril.

Pour Alexandre Bourgeois, de Natexis Banques populaires, le rebond de juin ne change pas les prévisions de croissance du PIB français, qu?il situe aux alentours de 1,5 % en 2005.

Quant à Emmanuel Ferry, d?Exane, il estime que la situation économique ?reste relativement fragile?.

?La baisse de l?euro aurait dû avoir un impact plus positif sur les perspectives générales de production?, explique-t-il. ?Les stocks restent très élevés. Les entreprises privilégient donc la liquidation des stocks au détriment de la production. Ce qui signifie que la production industrielle va rester très médiocre, avec une situation de quasi-récession dans l?industrie pour le deuxième trimestre, voire le troisième.?

<B>Cécile Ducourtieux</B>

<B>@ Le Monde.fr</B>

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