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Le monopole de la MCFI menacé

25 mai 2004, 20:00

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Le règne de la Mauritius Chemical Fertilisers Industry Ltd (MCFI) tire à sa fin. Un concurrent, Island Fertilisers Ltd, se profile à l?horizon. Le nouvel opérateur ambitionne de prendre la moitié du marché grâce à un procédé de fabrication moderne qui lui permet de pratiquer des prix plus abordables.

L?industrie agricole est grande consommatrice d?engrais nitrique, phosphaté et potassique (NPK). La MCFI en est l?unique productrice depuis des décennies. Elle produit des complexes selon un procédé qui implique la dissolution des trois sels pour produire un unique granulé. Un engrais diffère d?un autre selon sa teneur en nitrate, phosphate et potasse.

L?Island Fertilisers Ltd propose les mêmes produits mais sous forme différente. Le nitrate, le phosphate et la potasse garderont chacun leur individualité sous forme de granulé spécifique. Cet engrais sera donc composé de trois types de granulés, importés en tant que tels par l?opérateur. Le rôle de celui-ci se résume à calibrer et à mélanger les trois granulés selon les spécificités des terres auxquelles l?engrais est destiné.

Pas de problème de fret

?C?est la méthode moderne de produire les engrais chimiques. Elle implique des installations légères. Il n?est pas nécessaire non plus d?importer et d?emmagasiner l?azote, processus coûteux et risqué. Et puisqu?il n?y a pas de dissolution, il n?y a pas de pollution d?air. Tout ceci fait du blend un produit nettement moins cher?, explique Arnaud Leclezio, le patron d?Island Fertilisers Ltd. Il a pour partenaire Michel Guy Rivalland, d?ACMS Ltd.

Les prix des engrais sont fixés par le gouvernement. La MCFI vient de solliciter une hausse de 20 % car ?le fret a connu une augmentation conséquente?, justifie-t-elle. Island Fertilisers Ltd déclare pour sa part n?avoir aucun problème avec le prix en cour, qui est d?environ Rs 6 600 la tonne.

?Le transport de l?azote est onéreux et je ne doute pas que la MCFI souffre de l?augmentation du fret. Nous n?avons pas ce problème puisque nous importerons le nitrate sous forme solide?, explique Leclézio.

Island Fertilisers Ltd prévoit d?investir Rs 75 millions. La production tournera autour de 30 000 tonnes, alors que l?agriculture locale consomme quelque 60 000 tonnes d?engrais, un marché qui vaut environ Rs 400 millions. Island Fertilisers Ltd a déjà investi dans un mixer d?une capacité de huit tonnes. L?unité de production se trouvera dans la zone portuaire.

Arnaud Leclézio dit détenir un certificat du Mauritius Sugar Industry Research Institute (Msiri) attestant que le blend est tout aussi efficient que le complexe de la MCFI. ?Je suis moi-même agronome et je pense que le blend sera même plus efficient, et ce pour la simple raison qu?il offre la possibilité de faire du sur mesure, selon le type de sol.?

Difficile fidélisation

Island Fertilisers Ltd est actuellement en négociation avec ses distributeurs potentiels. Elle a déjà conclu avec Robert Lemaire Ltd. Elle est aussi en discussion avec la Fédération coopérative des petits planteurs de canne à sucre, la MCAF. Celle-ci contrôle environ un tiers du marché. Elle distribue également aux revendeurs dans les villages.

La MCAF est divisée sur la perspective de changer de fidélité. L?idée ne lui déplaît pas forcément mais l?initiateur du projet, à savoir Arnaud Leclézio, n?inspirerait pas confiance à certains.

On lui prête une réputation de mauvaise administration qui serait à l?origine de la fermeture d?une unité de production d?engrais similaire pour le compte du groupe IBL, à Cape Town, en Afrique du Sud. Cette réputation serait également à l?origine de son départ de la Société du port, à Maurice.

Le principal concerné s?en défend. Cette usine a fait faillite parce qu?elle s?est débarrassée du partenaire qui avait le contrôle du marché, explique Arnaud Leclézio. Il explique par ailleurs avoir été victime de la compression du personnel à la Société du port en raison d?un manque de business, le gouvernement ayant interdit les foires.

Michel Rivalland, le président de United Docks Ltd et l?ancien président de la Société du port, atteste de la qualité professionnelle d?Arnaud Leclézio et confirme cette version des faits. Qui a dit que briser un monopole est chose facile ?

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