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Le monde des affaires retrouve le moral

30 janvier 2004, 20:00

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Les entrepreneurs retrouvent le sourire. Même s?il est imide. Les perspectives sont globalement positives pour les affaires cette année. Cette tendance qui avait commencé à se dessiner en 2003, se maintient.

Sur les fronts macroéconomiques, les indicateurs montrent une lente reprise de l?économie. La Mauritius Employers Federation (MEF) prévoit une croissance économique de l?ordre de 5,1% cette année, contre 4,4 % en 2003 et 2,5% en 2002.

Tous les secteurs, à l?exception de la zone franche, ont enregistré une croissance positive. L?investissement a augmenté de «façon significative », soit de 9,1 %. Toutefois, le patronat souligne qu?il reste encore beaucoup à faire pour accroître le business confidence. C?est ce que révèle l?Annual Business Trends Survey, rendu public par l?organisme patronal, hier, à la veille de la rencontre entre le secteur privé et le gouvernement.

« The survey reveals that the revival in business mood which sparked off last year seems to be continuing this year as well », lit-on. Réalisé en décembre 2003, le document couvre 109 entreprises des divers secteurs économiques: agriculture, zone franche, industrie manufacturière, commerce et services financiers.

L?analyse indique que davantage d?entreprises s?attendent que les niveaux de la production, des prix, des dépenses pour la formation, de l?investissement et du profit en 2004 soient plus élevés ou équivalents à ceux de 2003.

Les contraintes demeurent

Les perspectives pour la création d?emplois existent, même si elles ne sont pas suffisamment significatives pour compenser les pertes d?emplois ou pour offrir des opportunités à ceux qui arrivent sur le marché du travail. En effet, de nombreuses entreprises s?attendent à une contraction du nombre d?emplois dans leur secteur. Seules 25 % des entreprises sondées expriment une opinion contraire et que le nombre d?emplois créés ira en augmentant.

La MEF estime quant à elle que le niveau d?investissement dans le capital humain, les machines et équipement ? les piliers de la croissance économique ? connaîtra une hausse.

Même si la MEF se réjouit de ces perspectives globalement positives, elle estime qu?il reste encore beaucoup à faire pour accroître le «business confidence». Le motif : toutes les conditions essentielles à la bonne marche des affaires ne sont pas réunies. Les sondagesde la MEF ont mis en exergue, une décennie durant, les contraintes majeures à la compétitivité, dont le manque de main-d??uvre qualifié, l?absentéisme, une culture industrielle pauvre et la lourdeur des procédures dans le secteur public.

Ces procédures ont toujours été décriées en raison des obstacles qu?elles représentent pour le développement des entreprises. Il faut ainsi réunir près de 14 permis et licences pour créer une petite entreprise.

Les entrepreneurs les plus optimistes représentent 43,1% des sondés contre 42,4 % en 2002. Les businessmen les moins optimistes se retrouvent dans les secteurs agricole et manufacturier en raison notamment de la libéralisation rapide de l?environnement international. La concurrence féroce des économies émergentes a un impact considérable sur ces secteurs hautement vulnérables.

Il est surprenant cependant que, malgré cette concurrence internationale, le degré de confiance dans les marchés étrangers est plus élevé en 2003 qu?en 2002.

Cet optimisme s?explique en partie par la reprise des économies en 2003.

Concernant le degré d?optimisme exprimé par les entrepreneurs sur la situation économique du pays en 2003, la MEF trouve «réconfortant» que 51,4 % des sondés aient jugé cette situation «équivalente» à celle de 2002, malgré les investissements massifs en termes d?infrastructures. Et malgré les réformes majeures engagées dans certains secteurs (éducation), les craintes demeurent dans la zone franche où le sentiment prédominant est que la reprise n?est pas aussi rapide qu?on l?aurait souhaité.

Alors que la concurrence mondiale se fait féroce, l?économie locale semble en perte de vitesse. Notre base compétitive, souligne la MEF, doit être renforcée et des actions courageuses prises en ce sens. Les efforts doivent venir tant du gouvernement que du secteur privé.

73 % ont confiance dans le marché local

Quel est le degré de confiance dans le marché local ? Le sentiment est globalement positif : 73,4% des sondés ont le même sentiment d?optimisme, comparé à 69 % en 2002.

Quant à la politique salariale du gouvernement, elle est jugée adéquate par 48,6% des entreprises. Une opinion favorable que l?on partage tant dans le secteur manufacturier que dans la zone franche. Toutefois, les secteurs agricole et financier considèrent cette politique insuffisante ou décourageante. La politique de formation, elle, est jugée adaptée.

Même sentiment de satisfaction partagé par les entreprises sondées concernant la politique de taux de change (exchange rate policy) du gouvernement. Une appréciation positive découlant de l?appréciation de l?euro et de la dépréciation du dollar. Une situation qui a sensiblement bénéficié aux secteurs tournés vers l?exportation.

35,8 % des sondés jugent la politique des taux d?intérêts inadéquats : le différentiel élevé entre les taux d?intérêts à l?épargne et ceux du crédit est jugé peu encourageant pour les investisseurs. Même si le taux d?intérêt réel est favorable aux épargnants.

Sur la politique fiscale, les entreprises sont divisées : 49,6 % estiment l?«income tax policy» positive et 48,7 % d?entre elles la perçoivent négativement. La taxe sur la valeur ajoutée de 15 % et les autres taxes indirectes ne sont pas bien vues en raison de leurs effets négatifs directs sur la consommation et la production.

Le rapport indique enfin que les scandales qui ont secoué certaines institutions du pays ont terni l?image de corporate ethics et corporate governance. 52,3% des sondés pensent que les conditions ne sont pas réunies pour un développement adéquat du gouvernement d?entreprise, alors que 33,9 % pensent le contraire. Il est inquiétant, note la MEF, que 72% des sondés estiment que les mesures prises pour réduire et éliminer la corruption sont insuffisantes.

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