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Le MMM sauve de justesse un siège municipal, à Vacoas
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Le MMM sauve de justesse un siège municipal, à Vacoas
Dans la guéguerre des slogans et autres recettes d?auto-persuasion, absolument rien, sur le plan légal et constitutionnel, interdit à un parti politique, n?ayant d?ailleurs aucune existence légale, de s?autoproclamer «le parti le plus fort nous pé gagner». Les sondages, on ne le sait que trop, sont bidons quand ils sont défavorables à un parti politique pour redevenir crédibles quand il crédite ce dernier d?une avance sur ses rivaux. Mais il n?y a pas comme une bonne élection, même partielle, même affligée d?un faible taux d?abstention pour témoigner d?une certaine vérité incontestable, même si elle possède un caractère éphémère et qu?on peut à tout moment corriger.
Au moment même où Paul Bérenger proclame ex cathédra dans la presse mauricienne que le temps joue en faveur du MMMSA (MMM sans Anerood Jugnauth) et que sa victoire est inéluctable, il évite de justesse une sévère déculottée à Vacoas, lors d?une élection municipale partielle. La correction est d?autant plus humiliante que l?adversaire du candidat mauve, Moonien Rangaven, n?est pas un homme de Jugnauth, bénéficiant de l?élan irrésistible du meeting inaugural du MSM du 8 avril 1983, aux Vacoas, mais Hans Seebaluck, le candidat d?un Parti travailliste à la dérive, mendiant la possibilité de monter à bord du TGV d?Anerood Jugnauth et de son MSM naissant.
Il est 10h30, en cette matinée du lundi 25 avril 1983, quand le Returning Officer proclame l?élection de Moonien Rangaven. Le Mauve obtient 2 598 voix, soit 50,88% du suffrage, contre 2 508 (49,11%) au candidat rouge. Les journaux soulignent ce mince écart de seulement 90 voix (1,76%) entre le vainqueur et le vaincu. Le Militant préfère préciser, sur 8 colonnes à la une, que Rangaven obtient huit voix de mieux que le conseiller municipal mauve démissionnaire, Malay (2 598 au lieu de 2 590 voix obtenues aux municipales du 12 décembre 1983). On se console comme on peut. A preuve, Le Militant qui triomphe, toujours sur 8 colonnes à la une, mais grâce à un écart de seulement 90%, en titrant : Se trouvant au creux de la vague, après la récente crise et seul contre tous, le MMM remporte l?élection partielle de Vacoas... Victoire contre le communalisme et pour le vrai changement.
Les votants du 24 avril 1983 sont au nombre de 5 178 sur 10 533 inscrits (taux de participation de 49,16%). Ils étaient 5 107 le 12 décembre 1982. Le dernier candidat MMM, Jean Baptiste Moorjee, obtient alors 2 517 voix contre 2 009 voix pour le premier candidat travailliste, K. Gungaram (2 009 voix, soit 40%).
Les Travaillistes se glorifient à juste titre d?une remontée significative dans l?arrondissement No 3 de Vacoas/Phoenix, assez représentatif de toutes nos communautés ethniques et religieuses et à mi-chemin entre les électorats urbain et rural. Le PTr passe, en effet d?une moyenne générale de 37,2% des voix en décembre 1982 contre une de 49,11% en avril 1983. Le MMM se félicite tout autant en faisant ressortir qu?il se maintient tout seul à son niveau de décembre 1982 (mais plus de 60% en juin 1982 avec toutefois le PSM). Le MMM accuse, en outre, le PSM et le PMSD d?avoir soutenu le candidat travailliste.
Bérenger confie, à l?express, le titre du Militant du lendemain (« Vote vainqueur contre le communalisme et pour le vrai changement »). Cette victoire confirme, à ses yeux, le redémarrage du MMM. Il entrevoit déjà une nouvelle victoire à BBRH III où le candidat PMSD, Lysis Assy, a démissionné pour laisser la place à Hervé Duval, malgré les efforts de Gérard Ahnee et du MMM pour entraver l?ascension triomphale du frère de Gaë-Gaë. Il est aussi question d?une démission de Ramduth Jaddoo au No 10 (Montagne Blanche/GRSE). Elle ne se matérialisera toutefois pas.
James Burty Davd se plaint du climat de violence qui prive le PTr d?une consolante victoire. Le président du PTr souligne la remontée extraordinaire de son parti. Saïd Maudarbaccus, maire de Vacoas, n?est pas moins euphorique : Prossains lélections, MMM balié carreau !
Les incidents, dont parle James Burty David, ont lieu au bureau de vote de Quinze-Cantons. La rue étroite qui y mène s?y prête d?ailleurs. A un certain moment, un tapeur notoire s?en prend à cinq véhicules travaillistes. Il menace violemment leurs occupants. Michael Glover et K. Bhorah s?interposent et sont frappés. La Riot Unit s?amène mais sans procéder à aucune arrestation. Pareil incident a dû dissuader plus d?un partisan travailliste de Quinze-Cantons d?aller voter, commente la presse bollelliste.
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