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Le MMM-PSM enterre l?aéroport du Nord

5 août 2007, 20:00

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De 1971 à 1982, le gouvernement travailliste et ramgoolamien est incapable de choisir entre la rénovation de l?aéroport de Plaisance et la construction d?un nouvel aéroport dans le Nord de l?île. Au départ, celui-ci devait se situer du côté de Saint-Antoine-Goodlands et ne coûter qu?une dizaine de millions. Puis changement de site. Techniciens et décisionnaires prennent la direction de Plaine des Roches. Curieusement le site choisi est connu pour abriter notre plus belle collection de caves, cavernes et autres coulées de lave. Qu?importe le bout du tunnel n?est pas pour demain. La main hésitante du gouvernement ramgoolamien ne parvient toujours pas à défaire le n?ud gordien entremêlant Plaisance et Plaine des Roches.

Qu?à cela ne tienne. Le n?ud gordien fait de la résistance sans empêcher toutefois la construction de l?autoroute du Nord. Le premier tronçon (Albion Dock-Terre-Rouge) est salué par des vivats et autres hosannas. Je ne vous raconte pas la précédente cohue automobile, tous les jours, à 16 heures, à la sortie des bureaux, sur la rue Royale, au Port Louis, pour gagner, d?abord, la Route Nicolay, puis Abercrombie et ensuite Terre Rouge, avant de pouvoir accélérer et gagner les différentes localités du Nord et de l?Est avant le coucher du soleil.

Le tronçon suivant (Terre Rouge-Pamplemousses) ne suscite pas le même enthousiasme. C?est que cela bouchonne pratiquement jusqu?à Terre-Rouge. La suite du parcours est plutôt champ libre. Pour commencer, il y a une entrave légale. De petits planteurs réclament à la Cour suprême l?injonction devant permettre à leurs charrettes de cannes d?utiliser l?autoroute pour se rendre à l?usine sucrière de Beau Plan. Pas question, à l?Hôtel du Gouvernement, de s?opposer à une telle injonction. L?ouverture des tronçons est retardée d?autant en attendant de créer de nouvelles routes pour les charrettes de cannes. Et quand les tronçons s?ouvrent enfin aux voitures, elles ne sont guère nombreuses à vouloir se rendre à Pamplemousses pour ensuite bifurquer vers Grand Baie.

Un journaliste ignare ose même suggérer, au lieu de l?autoroute du Nord alors inutile ou presque, une voie rapide passant à l?ouest de Solitude et de Triolet pour relier directement Grand Baie au Port Louis. L?imbécile n?avait pas compris que ce qui se trame c?est la lente et laborieuse construction d?une autoroute, devant se poursuivre jusqu?à la Rivière du Rempart et de là au fameux aéroport du Nord.

Surviennent alors les législatives du 11 juin 1982, entraînant un impensable changement de locataires à l?Hôtel du Gouvernement. Les nouveaux venus décident, au bout d?un seul mois, d?enterrer définitivement le projet d?un nouvel aéroport dans le nord de l?île et se trouvant pourtant dans la circonscription du nouveau Premier ministre, Anerood Jugnauth. Comme lèse-majesté, on ne peut pas être plus criminel.

Pékin est dûment consulté car la Chine communiste est alors le principal bailleur de fonds. Les successeurs du camarade Mao acceptent que les fonds offerts soient réorientés vers une rénovation en règle de l?aéroport de Plaisance.

Il faut dire à la décharge des ?indécisionnaires? d?avant le 11 juin 1982 que le transport aérien fait quelques progrès de taille entre 1971 et 1982 et dispose désormais d?instruments lumineux et de téléguidage faisant précédemment défaut et permettant, même aux plus gros avions, d?atterrir à Plaisance de nuit ou par épais brouillard avec une sécurité accrue.

C?est donc enfin décidé. Les Rs 220 millions que la Chine destinait à la Plaine des Roches retournent à Plaisance, rendant de ce fait plus au moins inutile le tronçon Terre Rouge-Pamplemousses de l?autoroute du Nord.

Les choses restent ainsi jusqu?à ce qu?un gouvernement Jugnauth décide d?abandonner l?ancienne voie ferrée à partir de Mapou pour se diriger dare-dare vers Grand Baie. Du coup, l?autoroute du Nord retrouve une utilité jusqu?alors invisible. Le seul hic c?est qu?à partir des Pamplemousses nous n?avons qu?une moitié de voie rapide, nos décisionnaires ayant oublié, à ce jour, de construire la moitié manquante. C?est pour cette raison que ladite voie rapide possède toujours un côté roulette russe entre Pamplemousses et Grand-Baie. Que voulez-vous ? Il faut savoir se contenter de ce qu?on nous donne. Peut-être qu?un jour, un gouvernement plus avisé, plus intelligent... En attendant, recommandons-nous à saint Christophe ou croisons-nous les doigts mais sans lâcher le volant ni relâcher l?attention.

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