Publicité

Le ministère de l?Education et les syndicats dans l?impasse

1 septembre 2008, 20:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Rien ne semble plus pouvoir arrêter la journée de «désobéissance civile» des enseignants du secondaire prévue pour demain. Depuis que les syndicalistes ont demandé aux enseignants soit de rester chez eux mercredi soit de se rassembler devant le quartier général de l?Education nationale, à Pont-Fer, Phoenix, la communication semble coupée entre Dharam Gokhool, le ministre de l?Education, et les syndicalistes du secteur.

C?est désormais par presse interposée que les deux parties s?affrontent. Hier, lors d?une conférence de presse à l?IVTB House, le ministre a demandé aux enseignants de ne pas se mettre «dans l?illégalité ».

Prévoit-il d?imposer des sanctions à ceux qui resteront chez eux ou qui se rassembleront à Phoenix ? «Je ne vais pas anticiper. J?espère seulement qu?avec le bon sens, il n?y aura pas de grands problèmes. Je demande aux recteurs de garder la situation sous contrôle.»

Au centre du bras de fer : l?accord conjoint signé lundi dernier. Les deux parties s?accusent mutuellement de ne pas en respecter les termes. En fait, chacun a une interprétation différente des clauses en question.

L?accord prévoit que les profs «travailleront jusqu?à 15 heures les lundis, les mardis, les mercredis et comme ce fut la pratique passée pour les deux jours restants». Les deux parties étaient aussi d?accord pour introduire un staff register «avec effet immédiat». Le but étant de répertorier les allées et venues des enseignants et de leur permettre de quitter l?enceinte de l?école «lorsqu?ils n?enseignent pas», une fois l?approbation du recteur obtenue.

«L?intérêt des enfants»</B>

Au front commun, l?on maintient que cela laissait sous-entendre que les profs pourraient rentrer chez eux s?ils n?enseignent pas lors de la septième et huitième période. Au ministère, on ne l?entend pas de cette oreille. «Un prof peut ne pas avoir de classe après 13 heures à deux ou trois reprises par semaine. Les syndicalistes veulent à tout prix conserver ce privilège. C?est inacceptable qu?ils quittent l?école durant ces deux périodes-là», dit le ministre.

Et tandis que les syndicats prétendent qu?il y a «un accord verbal» qui engage le ministère à ce sujet, ses hauts cadres nient catégoriquement.

En revanche, les instituteurs peuvent, comme le dit Dharam Gokhool, «obtenir une permission du recteur pour quitter l?école pour trente minutes pour faire leur travail personnel. Mais au-delà de ce délai, l?enseignant devra prendre ses responsabilités». Il faut comprendre par là que ce temps peut être déduit de leurs jours de congé. On est loin du «Movement book» qui facilitait «à l?excès», dit-on au ministère, les déplacements des enseignants. «La pratique de ce Movement book ne cadre pas avec les recommandations du Pay Research Bureau (PRB). Dans le cadre de la réforme, nous voulons renforcer le leadership et la gestion or à travers ce registre, l?enseignant échappait souvent au contrôle des recteurs», soutient le ministre de l?Education. Le ministère a donc décidé de le supprimer au début du troisième trimestre.

Au ministère, l?on envisage cependant la possibilité d?accorder la possibilité aux profs de rentrer plus tôt un jour par semaine. Pour les autorités, l?attitude des syndicalistes est «déraisonnable, dangereuse et irresponsable».

Les dirigeants du front commun des syndicats du secondaire leur renvoient la politesse. «Nous dénonçons le double langage du ministre», insiste Krishna Ramana, président de l?Education Officers? Union. Et alors que le ministre accuse les syndicalistes de ne pas avoir à c?ur l?intérêt des enfants, les représentants du personnel maintiennent le contraire.

«Nous avons une conscience professionnelle et avons à c?ur l?intérêt des enfants. Nous allons d?ailleurs rembourser ce jour, mais pour nous il est hors de question d?aller à nouveau nous asseoir autour de la table des négociations. Nous avons un accord. C?est au gouvernement de l?appliquer», fait ressortir Yahya Paraouty, président de l?Union of Private Secondary Education Employees.

En proposant au ministre de repousser l?application du rapport PRB sur l?extension des classes jusqu?à 15 heures à la rentrée de janvier, il laisse une porte ouverte? que le ministre s?empresse de fermer. Celui-ci maintient son intention d?aller de l?avant. Et tout de suite. «Si nous faisons marche arrière, cela aura un effet domino dans d?autres secteurs. En revanche,en 2009, les classes se termineront tous les jours à 15 heures. Et les enseignants et certains élèves, ceux qui ont besoin de remedial education, resteront.»

Le ministre lancera aussi une pique à Suren Dayal, président de syndicat et député travailliste. «On doit connaître ses responsabilités. Il est à la fois député et président de syndicat. Je trouve qu?il y a des incompatibilités sérieuses entre ces deux fonctions. Je préfère ne pas en dire plus.»

Publicité